Smoking Pistols – du sex-pistols-like sous testostérone

Smoking Pistols – du sex-pistols-like sous testostérone

Du sex-pistols – like sous testostérone en moins brouillon et se servant des guitares pour tisser des chansons à trois accords qui tournent de façon hypnotiques… Ça vous tente de découvrir ça? Par contre attention, lorsqu’on commence, on n’a pas envie que ça s’arrête… même si on se doute qu’au bout d’un moment, il va y avoir surdose (ah…. on va redécouvrir le silence).

Fredel

Le dernier EP sorti en septembre 2021 que nous propose Smoking Pistols est bien produit, avec un son plutôt propre, bien défini, crunchy et agréable à l’oreille!

Hugz et Fredel

Je vous propose de le découvrir par vous même en musique puis d’en apprendre davantage sur le groupe à travers les réponses pertinentes auxquelles un membre du groupe (El Tat) a pris la peine de réfléchir suite aux questions que je leur ai posées.

Le groupe a été formé en 2020. Peux-tu me présenter les membres et m’expliquer comment vous vous êtes rencontrés et pourquoi vous avez décidé de former un groupe en pleine pandémie?

Smoking Pistols c’est 4 musiciens qui viennent de différents horizons :

  • Zack le guitariste,compositeur et fondateur du groupe, qui suite au Single Tracks a décidé de remonter un groupe puissant et punk’n roll en choisissant méticuleusement les musiciens après une carrière de rockeur bien remplie. Il savait ce qu’il voulait, qu’importe le covid, le rock tu l’as dans les veines jusqu’à ce que tu crèves, du covid ou d’overdose.
  • El Tat, le chanteur guitariste et compositeur du groupe, fils de Zack, qui a rejoint son père à travers ce projet alors que son projet solo El Tat. El Tat c’est de la pop indie anglaise inspirée de Tame Impala, Unknown Mortal Orchestra. Avec le projet de Smoking Pistols, il revient aux sources même de son éducation : du punk et du rock. Il peut maintenant beugler à la mort, s’inspirer des groupes anglais qu’il a découvert en vivant au Royaume-Uni et écrire ses textes sans aucune bienséance, bienveillance ou politesse.
  • Call, c’était à l’époque un DJ sur Grenoble qui vient vraiment du milieu électro où il a monté son projet en DIY, pour finalement se retirer de la musique pendant des années. Des années plus tard, il tombe sur annonce, il a envie de refaire de la zic, à la basse cette fois, et il cherche « du lourd ». Quand il entend les maquettes du groupe, il fonce.
  • Elias à la batterie. Lorsque nous nous sommes séparés de notre premier batteur, il nous a rejoint pour la première partie de Peter Kernel et à partir de là, il avait passé le baptême du feu pour entrer dans le gang. Batteur des Paranoid Cats également.

Pourquoi pendant le covid? Parce que le processus de création du projet était long. L’année où le projet s’est lancé autour d’une bière, le covid n’existait pas. Pas de chance le covid arrive quelques mois plus tard. Cependant l’envie de le mener à bien était tellement forte que ça ne nous a pas arrêter, on savait ce qu’on voulait. S’il fallait enregistrer, travailler et s’affiner en attendant les dates pendant un an ou deux on était prêt à le faire.

Vous avez signé avec le label Doux Mantra. Pourquoi avoir choisi de travailler avec un label et celui-ci particulièrement. Que fait-il pour vous?

Doux Mantra Records c’est un collectif d’artistes indépendants et un label co-créé par El tat avec Malïao (artiste pékinois). Ce collectif nous a permis d’intégrer un réseau d’ingénieurs son, de studios, de designers, de tourneurs, d’artistes. Ils nous ont permis de passer au Salon Doux Mantra. C’est un concept audiovisuel où les artistes font une performance sur un set qui est filmée par 3 caméras-man dans une scénographie pro. Ce label nous permet de faire toutes ces choses et d’avoir un réel impact sur le net quand on sort nos créations. 

Avez-vous déjà fait des concerts virtuels à la SessionsLive par exemple?

Nous avons déjà fait des concerts virtuels par le biais de Doux Mantra Records au Salon Doux Mantra mais nous n’avons jamais fait de concerts à la SessionLive en l’occurrence.

Peux-tu me dire quels outils, autre que les blogues et fanzines, vous utilisez sur internet pour vous faire connaître? En trouves-tu quelques un dans cette liste par exemple?

Nous nous servons énormément d’Instagram, de Facebook, de Bandcamp, de notre site web, de YouTube et des contacts de Doux Mantra Records et de chacun des artistes des Smoking ainsi que des capacités de chacun pour nous faire connaître.

De toute manière dans Smoking Pistols on est tous en DIY sauf qu’on arrive avec notre bagage professionnel qui nous permet de faire évoluer le projet dans le bon sens.

Zack est un designer et webdesigner pro qui crée tous les visuels de Smokings, qui monte les vidéos et les clips de Smoking Pistols. Il a créé le site web des Smoking, et se charge des mailings.

Call se charge de contacter les fanzines, les tourneurs et de maintenir un réel lien avec notre fanbase.

El Tat s’occupe de toutes les productions Smoking Pistols, il se charge des mixages et des masterings pour nos créations et profite de sa position à Doux Mantra Records pour nous trouver des concerts.

Elias est arrivé récemment mais va s’impliquer dans les compositions, la recherche de dates et la communication avec nous. Tout cela nous permet d’utiliser les plateformes et Réseaux Sociaux afin d’élargir notre fanbase.

À l’air du numérique, le concept ep/album se perd dans la mesure où les musiques peuvent sortir “à la pièce” sur les plateformes de streaming. Que pensez-vous de cette évolution d’écoute?

Le concept d’EP ou Album avait énormément de sens à l’époque où l’objet était l’unique lien entre un artiste et son audience (45 tours et 33 tours en vinyles, puis les cassettes, puis les Cds). Maintenant le mode de consommation de la musique fonctionne plus par ‘singles’ car les gens vont consommer la musique comme s’il mangeait des chips. C’est top quand on veut découvrir plein d’artistes, mais ce n’est pas assez pour s’imprégner d’un univers, comprendre et aller au bout de ce que l’artiste a voulu faire passer. De la même manière que le vinyle revient à la mode, l’écoute des albums entier est encore au goût du jour pour certains : ceux qui préfèrent les bons plats “consistants” au lieu de chips à l’apéro. En l’honneur de ces auditeurs, ces passionnés de la musique, et pour répondre à notre besoin de construire des projets ‘développés’, des albums avec une thématique et des morceaux qui ont du sens (artistique, politique ou social), nous mettons un point d’honneur à maintenir ce format de création. Ceux qui mangent des chips pourront toujours ajouter ‘un’ de nos morceaux à leurs playlists et ce n’est pas dérangeant.

Selon toi, Spotify, Deezer et compagnies sont-elles vraiment bénéfiques pour les artistes indépendants? Est-ce que tous les membres de ton groupe ont le même avis que toi à ce sujet?

Les plateformes de streamings c’est un système qui s’est instauré suite à la chute du disque, suite à l’arrivée du téléchargement pour retrouver une sorte d’équilibre économique dans l’industrie de la musique en vendant des abonnements donnant accès à des bases de données payantes pour les artistes qui souhaitent y apparaître. Sauf que maintenant ce qu’il se passe c’est que ces ‘lobbies’ de l’industrie de la musique ont réparti les revenus des abonnements à 99% pour eux et 1% pour les artistes / les labels. Déjà qu’à l’époque, quand on lit le bouquin de David Byrne « How Music Works », on sait que les Majors (Boîte de Disque) prenaient une grande partie des revenus des disques pour en laisser que des miettes aux artistes, aujourd’hui les plateformes de streaming laissent des miettes aux Majors, qui laissent les miettes des miettes aux artistes. Il vaut donc mieux être indépendants, économiquement parlant.

Pour donner un ordre d’idée sur 1000 streams (toutes plateformes confondues) Smoking pistols génère 5 dollars. Soit 0,005 $ le stream, c’est risible. Mieux vaut passer par Bandcamp qui valorise encore les artistes et permet la vente digitale des albums (la redistribution est bien plus valorisante pour les artistes).

Que penses-tu de la musique Lo-Fi?

La Lofi c’est autant un parti pris sonore et artistique qu’un mouvement qui nous a amené à l’auto-production aujourd’hui grâce à la MAO (Musique Assistée par Ordinateur). La MAO permet aux musiciens indépendants de s’enregistrer sans passer par un studio (processus qui peut être onéreux). Cela permet aussi d’avoir une réelle approche sonore de son projet artistique en apprenant le mixage, le mastering et d’incorporer le travail du son à la composition et au processus artistique.

Déjà à l’époque, beaucoup d’ingénieurs son travaillaient en collaboration avec les artistes (Jimmy Iovene avec Bruce Springsteen, Dr.Dre avec Snoop Dogg) et certains artistes mixait eux-même des albums (David Bowie sur Search & Destroy d’Iggy & The Stooges), ou même dans les plus récents Josh Homme avec les albums de Queens of the Stone Age.

Pour moi la Lo-Fi c’est aussi un terme qui vient ‘officialiser’ les artistes qui cherchent réellement un son ‘crade’ comme Suicide à l’époque ou maintenant Death Grips. Smoking Pistols composent tous leurs morceaux en auto-production sur le logiciel Ableton, s’auto-enregistre sur toutes les répétitions pour réécouter les erreurs et retravailler certains passages de morceaux. Cela permet d’être beaucoup plus incisif.

On fait seulement appel à des studios ‘itinérants’, des ingénieurs de confiance qui viennent dans notre garage nous enregistrer avec un bon matériel pour ensuite travailler le mixage et le mastering en détail avec nous : Corrosive Records sur « Sip It For Free » ou Mystery Train Studio sur notre premier EP « Smoking Pistols ». C’est un phénomène et une approche intéressante pour les artistes indépendants punk-rock actuels.

Il y a longtemps que je souhaite aborder le sujet sur ce blogue mais j’ai la flemme alors, si je te dis NFT, que me réponds-tu?

Les NFT peuvent être intéressants dans la mesure où il pourrait restaurer la valeur des projets artistiques qui sont digitalisés dans un souci d’accessibilité. Ces projets digitalisés sont dénués de valeur puisqu’ils sont dématérialisés, intégrés à une base de données et rendus accessibles à tous sans parfois donner aucun crédit ou revenu à leurs créateurs. Mettre un album en ligne après des mois de travail pour finalement le voir faire sa vie sur les réseaux, parfois se noyer dans le feed constant de la surinformation c’est assez dur à vivre. En cela, les systèmes de streaming de la crypto monnaie qui ont été élaborés et le système des NFT pourraient être une solution viable pour les artistes afin de redonner de la valeur aux œuvres (indirectement).

Quelque chose à rajouter avant de se quitter?

Allez écouter notre nouvel EP « Sip It For Free » tout est dans le nom ! Inspiré de toute notre rage contre cette foutue situation sanitaire, de toutes nos influences musicales ! Après un premier EP on a décidé de tout donné sur celui-là et ce sera pareil sur le 3ème et l’album et tout ce qu’on fera à l’avenir car on ne fait rien à moitié. Votre soutien n’a pas de prix, honnêtement, c’est ce qui nous permet d’avancer aussi, chaque concert, chaque écoute, chaque encouragements, c’est ça de pris pour continuer à avancer et évoluer. Quand on ne dégage aucun revenu de ce projet, c’est que de la passion, de l’espoir et de l’acharnement ! À bientôt

Crédits de la photo (sans le logo flouté) : Pauline Poulet
Crédit du Logo : Patrick Galdéano 
Crédits de l’interview : El Tat

Sincever

Fondatrice de Zik'n'Blog.com et de musiQCnumeriQC.ca à la fois discrète, passionnée et rassembleuse, cette baladeuse numérique adore découvrir de nouvelles musiques et applications musicales. Par contre elle manque cruellement de temps et attend que la musique et les applis lui soient présentées, alors n'hésite pas à lui envoyer un petit message! Plus d'info sur elle via son twitter.com/sincever et son blogue perso : Sincever.com

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