OSHEAGA 2011 jour 1: l’aube

Montréal, Parc Jean Drapeau, Osheaga
Samedi 30 juillet 2011 (voir dimanche 31)

Ce week-end-là, je l’attendais depuis longtemps. Quoique  »longtemps » soit un euphémisme allégorique… J’anticipais les évènements dans une telle outrance que même les avant-gardistes ne pouvaient en mesurer l’état sur l’échelle du temps, celle qui les consume d’ailleurs à leur insu. Ne soyez pas dupes: je sais d’avance ce que l’avant-garde me réserve et je ne m’y inscris pas tellement, alors j’en profile l’emblème sans vergogne pour y soustraire tout ceux qui vont se taire… Ceci étant dit… Je l’attendais depuis longtemps, ce week-end de musique et d’anévrisme-là, mais je ne me doutais pas de la tournure des évènements.

JOHN BUTLER TRIO

Nous arrivâmes (ohhh que non, je ne commencerai pas à parler au passé simple ici, je reprends…) Nous sommes arrivés vers la fin de la prestation du groupe John Butler Trio mais ce que j’en ai perçu m’a plus que plu… En fait, cela suit d’emblée tout ce que je semble écouter depuis quelques temps. Depuis… 1 mois, exactement. Je m’intéresse davantage à la musique anglophone et au rock indie (shame on me, mais cela me plaît pour toutes sortes de raisons) et ce groupe s’y inscrit tellement bien que j’en suis ravie jusqu’encore aujourd’hui. Sympathique et accessible, rock mais très relaxe aussi, simple mais efficace, j’aimerais beaucoup les entendre à la radio… parce que c’est dans cette catégorie que je les classe:  »groupe qui passe à la radio ». Encore plus pop que rock mais dans une tangente assez anglophone, avec des  »riffs » très accrocheuses et un  »lead » assez  »catchy », ça me plaît assez pour que je veuille les écouter encore et encore. Surtout pour leur pièce Revolution. Ce qui m’accroche encore plus? C’est qu’ils collaborent avec Indica, une étiquette de disque fondée par… un de mes coups de coeur assurément, qui se fait un devoir de promouvoir la musique D’ICI (ou du Québec) face à toute cette façade artificielle incommensurable qu’est la musique américaine… donc juste pour cela, j’aime beaucoup. Merci John Butler Trio, vous m’avez servi une excellente introduction!

SAM ROBERTS BAND

Je connaissais Sam Roberts… seulement pour sa pièce  »Where have all the good people gone ». Je l’aimais beaucoup… dans le temps (le temps de quoi? À vous de savoir…). Sachant d’emblée que j’allais  »tripper », je ne me doutais nullement de ce qui allait se passer. D’emblée conquise sans trop savoir comment, ses lignes de funk lancées dès le départ ont tôt fait de m’achever… OMG, C’EST EXCELLENT! Je redécouvre un artiste qui, sans faire de bruit ni lancer de poudre aux yeux, peut impressionner ses auditeurs d’emblée, sans justice ni artifice. Sam Roberts s’amuse ferme sur la scène, interagit avec ses musiciens comme avec de vrais chums rencontrés vingt ans auparavant, semble passionné et donne tout ce qu’il a. J’aime beaucoup trop cela. Dans la même mesure que son vieux répertoire réveille de vieux souvenirs émotifs en moi (MMmmm, j’écoutais cela en 2003, dernière année de mon secondaire complètement farfelu, alors c’est peu dire…), j’écoute actuellement son nouvel album et j’adore cela. Un mélange de funk (bon, OKAY, j’entends du funk partout) avec du rock indie tellement efficace que cela coule dans mes veines sans trop que je le sache… Sam Roberts? Un artiste montréalais à consommer à volonté.

KARKWA

Alors que j’étais déjà dans un  »high » , Karkwa s’empare de la scène connexe et je n’y comprends plus rien. Karkwa? Je les ai vus à Cowansville il y a de cela quelques… semaines (shame on me, je ne vous en ai pas parlé, mais c’est que….) Avec une intro carrément planante  »Échapper au sort’‘, issue de l’album  »Le Volume du vent », je ne pouvais demander mieux… Louis-Jean Cormier, ce génie musical, se tient là juste devant moi et j’ai envie de vibrer avec lui jusqu’à la fin des temps… Il est délicieusement talentueux avec sa petite voix suave et mélodique, et les accords de guitare sont progressifs, logiques mais surprenants tout à la fois. Son rock différent fait vibrer toutes les cellules de mon corps et j’adore la prestation du pianiste. Il s’envole et s’affole, redescend sur terre pour ne mieux que repartir, ce qui crée un univers très particulier autour du band. Certains les comparent à Radiohead version québécoise, d’autres s’en offusquent, et moi je me situe entre les deux. On valse entre tellement d’influences multiples que de les étiqueter sous un seul ascendant serait offensant, mais une chose est certaine: l’univers de Karkwa vient briser les barrières d’un rock redondant qui résonne dans mes oreilles un peu trop fréquemment. Prestation exquise quoique trop courte (assurément), musique qui la transcende, bonne compagnie… J’ai pu apprécier le Volume du vent à volonté, les Chemins de verres sans limites, et… j’y ai aimé l’équilibre abstrait… La poésie de Karkwa me laisse des images fortes dans la tête et me martèle autant de souvenirs émotifs qu’il y a de notes dans leurs chansons. Je vois le film de la vie dont je rêve défiler sous mes yeux fermés, et j’oscille entre tremblements d’allégresse ou soubresauts de tristesse. Merci Karkwa de m’avoir fait léviter pour un instant. Pour cette dernière pièce, Oublie pas mon coeur, qui est un délice, mais aussi pour toutes les autres… je vous aime pour toujours. Point.

PS I love you

Groupe originaire d’Ontario, composé de Paul Saulnier à la voix et à la guitare, et de Benjamin Nelson à la batterie, ce duo assez inaccoutumé semble être efficace d’emblée, et ce, dès qu’on y arrive. Accessible sans être exporté à outrance, l’amalgame des talents se jauge vraiment dans ce qui lie ces musiciens autrement, par ailleurs de ce qui concerne les sons… Comme… deux vieux amis qui décident de faire du rock et de se  »crisser » de tout ce qui vient ensuite, ce qui est tout de même assez surprenant… Est-ce que j’ai aimé PS I love you? Ohhhh que oui… mais seulement parce que leur rock inoffensif transpirait le blues… et c’est tout.

RATATAT

Groupe de New York, duo d’électro assez reconnu sur la scène underground autant que celle qui est reconnue médiatiquement, les voilà sur la Scène verte sans qu’on ne s’y attende le moins du monde, sachant toutefois qu’ils sont là. Je les aime depuis longtemps, assurément (pour une fois que je vais le dire…merci Tristan), mais n’ai jamais trouvé quelqu’un pour m’y accompagner. Ce soir? J’en profite, c’est clair (ohhh yeah, big win for me)… En prenant place à l’arrière de la place, tout juste dans le fond, juchés sur les bancs d’estrades parfaitement pensés pour la conspiration, nous attendions les rythmes… qui sont venus se fracasser sur nos tympans sans crier gare ni autre chose. On aimait cela, certes, mais on aimait surtout toute cette profondeur qu’un artiste d »électronique peut proliférer à sa musique. C’est quoi Ratatat? C’est dense mais  »catchy », avec des sons actualisés autant pour ceux qui trippent  »jeux vidéos » que pour ceux qui trippent  »en stéréo », manifeste d’une jeunesse assez éclectique et sans borne, c’est clair. Toute cette myriades de tons s’intensifiait au fur et à mesure que le show avançait, et on ne pouvait y rester amer devant toute cette foule qui y dansait sans lendemain. Si j’ai aimé Ratatat? Ohhhhh que ouiiiii… mais ma plus grande victoire réside dans la le fait de faire découvrir un band à une personne tierce. Celle qui ne connaissait pas cela du tout, mais comprend très bien la musique et la cerne merveilleusement. Yeah yeah yeah! Vous savez quoi? C’est le meilleur feeling AU MONDE.

Conclusion

Cette première journée à Osheaga fut haute en émotions de toutes sortes…mais ce n’était que le prélude à cette apothéose musicale imminente qui vrombissait dans mes tripes depuis des lustres.

So… Hey…enjoy bande de fous!

(Le deuxième jour, celui de l’apocalypse, s’en vient incessamment, mais d’autres illusions accaparent mon attention en ce moment. Illusions? Nah, je ne pense pas… d’autres… bah vous savez quoi…)

ANECDOTE DE GROUPIE: Ce soir-là, je fus groupie de mes propres amis. Ceux qui me paient de la bière à outrance et vont chanter le meilleur de Gerry Boulet dans un bar Karaoké. Vous savez quoi? Je n’ai jamais autant ri de ma vie. Rien de moins. Merci Steve.

ANECDOTE DE GROUPIE 2: Est-ce vraiment nécessaire? Je crois que oui, ultimement… Merci à Patrick, Nick, Nathalie, Gérald, Michel et tous les autres… pour tout cela. Merci… pour tout, vraiment tout… Ahh… et… fais attention. JUST SAYING!

ANECDOTE DE GROUPIE 3: Vous n’aurez pas de potins ici, désolée.

Source

Ce billet est un texte original du journal d’une groupie

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One thought on “OSHEAGA 2011 jour 1: l’aube

  1. Merci Firefly pour ce retour d’Osheaga… C’est marrant, je ne pensais pas que les groupes que tu présentes ici joueraient à Osheaga. J’avais l’impression que c’était un événement d’un genre plus… hip hop, alors c’est une belle surprise!

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