Osheaga jour 2: the sunset

Montréal, Parc Jean-Drapeau, Osheaga
Dimanche, 31 juillet 2011 (voir samedi 30).

Les matins qui succèdent aux soirées bien arrosées sous le thème du karaoké ne laissent jamais la complaisance s’installer comme succédané instantané à toute cette pathétique apathie des lendemains de veille. Les yeux ouverts sur un plafond qui veut vraisemblablement nous tomber dessus laisse présager le pire pour cette deuxième journée de concerts, mais heureusement le pire n’est pas arrivé. Courage en main, tylenols en poche, la fredaine dans l’âme et l’envie soudaine de se délecter de bonne musique encore et encore, nous voilà donc sur le chemin d’Osheaga pour une deuxième journée (pour moi).

MALAJUBE

Groupe rock montréalais assez prisé de par le passé suite à la sortie de l’album émérite Trompe-l’Oeil, ayant récidivé dans l’univers de la pop-underground avec la sortie de l’album La Caverne, paru ce printemps, il y avait longtemps qu’ils ne s’étaient pas produits devant mes yeux. En commençant en force avec Synesthésie, le plus récent extrait du dernier album, on sent dès lors le rock sucré couler dans nos veines sans ne s’y accoutumer le moins du monde. L’accès à leur propos restant difficile surtout pour ceux qui s’y frottent pour la toute première fois, les pièces Montréal -40, la Caverne, Sangsues, le Crabe et la Monogamie continuent de frapper fort et font lever l’ambiance d’emblée. Il fait beau, il fait chaud, les gars sont contents d’être là et la chimie opère jusque dans la foule. Bravo Malajube, vous vous êtes assurément gagné de nouveaux adeptes! (je confirme: au moins un)

(Je ne parlerai pas du flop de Filles à plumes, parce que cela ne me tente pas. Ceux qui étaient là et qui les connaissent le savent déjà.)

CITY AND COLOUR

Le groupe qui les précède (Beirut) ayant largement dépassé le temps qui leur était alloué, City and colour a décidé d’écourter sa prestation afin de laisser plus de temps aux têtes d’affiche. Gentil, certes, mais décevant dans la mesure où nous étions là précisément pour s’envelopper les pensées de la douceur de leur univers de rock indie parfois suave et mélancolique, quoique tout le temps sympathique et rayonnant, avec ses rythmes empreints de légèreté et ses lignes de guitares sublimes qui se collent aux accords de façon carrément symbiotique. Dallas Green, le chanteur du groupe (issu de la célèbre formation Alexisonfire qui vient d’ailleurs de se séparer), se tient à l’extrémité gauche de la scène, laissant toute la lattitude à ses musiciens de briller autant que lui. Les pièces Sleeping Sickness, Waiting, Sometimes (I wish), Fragile Bird, Weightless et We found each other in the dark s’inscrivent à merveille dans ce qui joue dans mes oreilles et fait vibrer mon âme dernièrement, alors je suis conquise d’avance….quoique j’irais davantage les voir dans un petit show intime, là où toute leur profondeur serait alors tangible et prendrait davantage forme dans le coeur de chacun qui y serait. Belle découverte pour moi toutefois, malgré cette fugitive prestation écourtée de force par le poids des autres.

THE TRAGICALLY HIP

Groupe canadien ayant près de 14 Juno Awards à leur actif et ce, depuis 1990, je ne connaissais rien du son ni des chansons de cette formation assez populaire (bon, j’ai arrêté de n’écouter exclusivement que de la musique francophone alors je découvre une foule de nouveaux groupes anglophones alors ne soyez pas trop durs avec moi). La première pièce, excellente introduction sur le rock, sert de pied d’assise à cette performance qui sera électrique. Le guitariste solo Rob Baker, est tellement en feu sur scène que c’en est aberrant: il explose dans le rock comme une vraie bombe musicale. OHHHHHH YEAH! Les autres musiciens s’amusent ferme sur la scène et semblent en plein contrôle de leurs moyens, trippant dans leur propre musique autant que dans toute cette folie d’été qui nous consume depuis le début de la journée. J’aime l’idée. Seul bémol: Gordon Downie, le célèbre chanteur de la formation, semble  »clasher » carrément par rapport au reste du band. Il semble vouloir faire des petites blagues…qui ne fonctionnent pas tellement. Toute sa théâtralité aurait pu être mise de côté pour aujourd’hui, histoire de se concentrer sur sa voix, qui tremblait un peu trop et n’était pas très juste par moments. Bref…globalement, belle découverte pour moi, que j’apprécierai largement plus sur album (avec la voix filtrée et sans le visuel un peu dérangeant).

DEATH CAB FOR CUTIE

Groupe indie-rock issu de Washington, tout le monde les attendait grandement à Montréal. À travers toute cette marée de musique anglophone qui traverse mes tympans ces temps-ci, je ne suis qu’apprentie dans l’analyse de ses rythmes. Planant et mélodique, plus linéal qu’explosif mais toujours constant poétiquement, flirtant entre le rock et l’émotion juste assez pour y bercer nos pensées, j’y découvre une profondeur qui m’étonne et qui détonne par rapport à ce qui joue généralement dans mes oreilles. J’aime beaucoup. La prestation se débute sur I will possess your heart en version intégrale, laissant toute la latitude au groupe de s’installer confortablement dans l’air du temps. Pour We look like giants, le chanteur a pris place face à son batteur et un duo combatif de rythmes s’est enchaîné pour enfin atteindre l’apothéose du spectacle. Moment intense. Malgré quelques problèmes techniques, excellente prestation de Death Cab for Cutie devant un parc Jean Drapeau définitivement déjà conquis. Belle découverte.

GALAXIE

Anciennement connus comme Galaxie 500…avec à la tête du groupe Olivier Langevin, lui ou l’enfant prodige du Lac Saint-Jean. L’album Tigre et Diesel, sorti au mois février de cette année, sonne tellement comme une tonne de brique que je vous incite fortement à l’acheter, à monter le son au maximum et à écouter la guitare distorsionner ses accords sur un fond de basse un peu rebelle, juste pour vous enivrer de rock au maximum. Galaxie? Je m’en injecte dans les veines pour me botter les fesses à donner le meilleur de moi-même constamment, le temps n’étant rien à l’échelle de l’humanité qu’elle prodigue. Rien de moins. Galaxie a su mettre en musique exactement tout ce qui me fait vibrer en général: des lignes de guitares  »catchy » mais rebelles à souhait. Des paroles assez simples mais qui viennent des tripes. De la distorsion à n’en plus finir. Un rythme rapide qui s’amalgame aux battements de mon coeur. Et la vie. La vie qui t’explose en pleine face.

Ceci étant dit…J’étais fébrile. Non. Le mot est faible. J’était surexcitée. Je sautais partout. J’anticipais depuis longtemps le moment durant lequel je pourrais voir Olivier Langevin  »live » sur une scène. Pour clore cette fabuleuse édition du festival Osheaga, par-dessus un Mstrkrft en feu et surtout très imposant, le groupe Galaxie débarque sur la scène de la forêt…et le feu prend dans la place. POW! Depuis la sortie de leur dernier album, JE NE ME PEUX PLUS. Depuis ce temps, celui-là, ce temps-là, je me meurs littéralement d’aller tripper dans un vrai show de rock, de me faire tatouer une guitare sur le coeur et de danser ma vie devant du vrai talent. Parce qu’Olivier Langevin, lui, il en respire à la tonne, de son talent…

Le band débarque sur la scène et l’énergie monte d’un cran. Olivier Langevin tient sa guitare comme une arme de destruction massive. À sa gauche, ses choristes, belles et sexy, chantent le rock tellement langoureusement qu’on y prend presque goût. Yeah, you rock girls! À sa droite, son claviériste talentueux (N.B. Tous les groupes de rock devraient se doter d’un pianiste/claviériste), et….Fred Fortin? Ohhhhhh que oui! (Ohhhh que je l’aime, Freddy! Ohhhhh que j’aime La loi du chocolat, autant que ses Grandes Jambes, autant que Plastrer la lune….yeah! J’t’aime Fred!) Alors….le band est en feu. Piste 01 retentit et j’y danse ma vie. Mon coeur bat au même rythme que le drum et la distorsion me fais perdre la tête. Ça groove. C’est bon. C’est physique. C’est inexplicable.

Les pièces s’enchaînent et la nuit s’allonge mais le rock ne s’y perd pas….Avec beaucoup de morceaux du nouvel album et de brèves interludes du premier, en rappel à leurs racines plus bestiales, ils viennent illuminer mes yeux plus que le soleil lui-même ne peut le faire. La fièvre exhale le rock avec sa distorsion dans le tapis, cette voix qui crie et tout cet amalgame de rythmes déconcertants… HOLY YEAH! POW POW! Bateau, plus instrumentale, nous laisse toute la largesse d’examiner l’échelle du talent de ce guitariste vedette qui nous lance tout son soul en pleine gueule. Et….il performe. Yesss sir. L’interaction avec fred fortin est sublime: de vieux  »chummys » sur une même scène, c’est délectable. I cheers to that, les boys. (N.B. Il semblait y avoir un concours de calage sur la scène…mais on aime ça de même! Tu rocks ou tu rocks pas, choisis ton camp!)

Le show se termine sur Camouflar, la meilleure pièce du groupe selon moi, et ce, interprétée….version  »gros blues sale ». Mets-en du  »feeling », Oli, c’est excellent. C’est senti, quasiment physique, langoureux même, MAIS ÇA ROCK TOUJOURS AUTANT….J’adore cela! Yeah! Les musiciens sont de vrais bons performers, et cette fenêtre de 40 minutes au travers d’un festival international ne fait que me donner envie d’en avoir encore plus, oui oui plus, toujours plus de Galaxie dans mes veines…..YEAHHHHHH!

PHOTOS PAR CAROLINE CLOUTIER






CONCLUSION

J’ai aimé. J’ai dansé. J’ai trippé. J’ai respiré. J’ai découvert. J’ai aimé encore plus…et l’amour guide mes jours depuis ce temps. L’amour? L’amour du rock, bien sûr…

ENJOY, BANDE DE FOUS!

Source

Ce billet est un texte original du journal d’une groupie

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