Nice Jazz Festival 2011 : un 1er jour très jazz

Me voici de retour au Nice Jazz Festival après une pause d’un an. Cette année, le Festival descend des hauteurs de Cimiez pour se tenir en plein centre, à deux pas de la mer, là où, paraît-il il avait été créé. Le challenge était difficile mais j’ai trouvé ce nouveau site très réussi : bien aéré, très accessible, implanté dans un très beau décor et assez clos pour que l’on ne remarque pas que l’on est entouré de deux routes. Seul un bruit de fond sur les morceaux les plus doux peuvent le trahir. Surtout, j’ai parfaitement retrouvé l’esprit du festival à Cimiez et sans que les sons des deux scènes ne se chevauchent. Mais passons à la musique de ce 8 juillet.

Au théâtre de Verdure, l’une des deux scènes, le Nice Jazz Orchestra était présent toute la soirée. Seul tout d’abord, avec notamment des relectures de standards comme Caravane. Il a ensuite accompagné la chanteuse italienne Roberta Gambarini. Totalement charmante, elle possède une voix magnifique à la fois puissante et claire, à l’aise dans les graves comme dans les plus aigus. Elle excelle dans les ballades (Round midnight) mais je l’ai trouvée moins convaincante dans le scat. Néanmoins une très belle découverte.

Enfin, Michel Legrand, presque 80 ans, était très attendu. Dirigeant le NJO depuis son piano, il a montré une virtuosité et un sens musical toujours intacts. La voix malheureusement  n’est plus vraiment là. Il en joue, comme par dérision, alors qu’une belle mélancolie aurait pu naître de plus de sobriété. Créateur de standards internationaux, il a fini par une longue version des Moulins de mon cœur, où la partie chantée au piano, presque expédiée, a cédé la place à une version orchestrale parfaite. Et le public lui a fait un triomphe.

Sur la grande scène, la scène Masséna, le fil conducteur de la soirée était Miles Davis, par ailleurs évoqué aussi par Michel Legrand. Cinquante ans après la sortie de son album Kind of blue, un collectif de jeunes musiciens français avait pour objectif de le revisiter en intégralité. La qualité des interprètes était au rendez-vous mais l’horaire (19h30) et le lieu (une scène face aux jardins où le public arrivait encore) n’ont pas créé la meilleure ambiance pour l’écoute.

Suivait Mike Stern, guitariste américain virtuose de jazz fusion qui a joué avec Miles Davis. Il venait présenter son répertoire, notamment son nouvel album, en compagnie de Didier Lockwood, le fameux violoniste français. Alors que je connaissais surtout sa carrière swing, j’ai trouvé qu’il se fondait parfaitement dans l’univers de Stern, grâce à ses sons de violon électrique et la variété de son jeu. D’ailleurs, il  se déclarait plus tard au service du guitariste, vantant la rigueur des musiciens américains. Quant à Stern, il rayonnait sur scène, ravi des interventions des musiciens, à l’écoute du public, avec une énergie et un sourire qui faisaient plaisir à voir.

Enfin, un autre guitariste de Miles Davis concluait la soirée. L’anglais John McLaughlin est venu parrainer le festival depuis Monaco où il habite. Il était accompagné de son groupe The 4th dimension : clavier, batteur et l’excellent bassiste aux gants noirs Etienne Mbapé. Belle osmose du groupe et grande créativité mais, comme chez Mike Stern, un répertoire assez pointu voire difficile sur la longueur. Mais le concert a culminé lorsqu’à la fin, il a invité Stern, Lockwood et leur batteur pour un bœuf d’un quart d’heure très réussi d’où le public est ressorti comme Stern, avec un grand sourire.

Au final, la programmation de cette soirée m’a laissé une double impression : d’un côté une grande qualité musicale, de l’autre comme une frustration. Pour commencer, j’apprécie plus le jazz vocal qu’instrumental, je n’étais donc pas gâté. Ensuite, le programme le plus grand public était celui de la scène la plus petite, le théâtre de Verdure (2200 places tout de même). C’était nécessaire car c’était la seule avec des places assises mais elle a rapidement été bondée. Surtout, il m’a semblé que les programmateurs avaient vu trop grand (trois concerts sur chacune des deux scènes) pour si peu de temps (19h30 – minuit). Lors du festival 2009, sur deux scènes aussi, le choix avait été fait de seulement deux grands concerts sur la grande scène. Cela laissait le temps d’aller assister à ceux de l’autre scène. Hier, j’ai eu l’impression de passer mon temps à picorer. D’ailleurs je n’ai pas assisté à un seul rappel et je me demande s’il y en a eu, vu le timing si serré. Pour les prochains soirs, je vais devoir faire comme pour le Bac : des impasses!

Liens
Nice Jazz Festival : tout tout tout, vous trouverez tout sur le site officiel, des noms des musiciens que je n’ai pas cités aux reportages vidéos de chaque soirée en passant par toutes les animations entourant le festival In. Le festival a été repris en main par la mairie cette année et elle en est très fière!
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