Dossier spécial En vedette

CodaMusic : quand le streaming retrouve son humanité

CodaMusic a été fondé par Randy Fusee, PDG de la plateforme et Jeff Teles, directeur technique. Le service semble propulsé par MassiveMusic, un acteur mondial spécialisé dans la licence, la technologie et la distribution musicale. L’entreprise associée au service de streaming, Coda Music Inc, est basée à Los Angeles, aux États-Unis.

Bien que CodaMusic ne soit apparu dans le paysage public qu’en 2025, la plateforme n’est pas un projet improvisé. Elle a été fondée en 2019, portée par une vision qui mûrit depuis plusieurs années : créer un espace musical où la découverte repose sur les communautés plutôt que sur les algorithmes, où la transparence prime sur l’opacité, et où les artistes ne sont plus relégués au bas de la chaîne de valeur.

Ces six années de développement dans l’ombre s’expliquent certainement par la complexité des négociations menées avec les labels majeurs et indépendants, les éditeurs et les sociétés de gestion des droits, nécessaires pour sécuriser un catalogue de streaming légal avant tout lancement public. Vous en apprendrez davantage dans l’entrevue publié plus bas!


« CodaMusic offre aux auditeurs toute la musique qu’ils attendent d’un grand service de streaming, tout en rendant la découverte plus humaine et en permettant aux abonnés de diriger une partie de leur abonnement vers un artiste qu’ils aiment. »

Service de presse de CodaMusic pour Zik’n’Blog

Ce projet arrive avec une promesse rare : remettre les fans, les communautés et les artistes au centre du jeu. Pas de course au skip, pas de playlists automatisées ici, la découverte se fait de personne à personne, comme avant que les plateformes ne transforment la musique en flux optimisé.

Un portail pensé comme un réseau social musical

Le service CodaMusic n’est pas un simple tableau de bord : c’est la porte d’entrée vers un écosystème où streaming et social cohabitent dans la même interface. On y retrouve :

  • 150 millions de titres disponibles en streaming, ad‑free, comparable à Spotify, Apple Music ou Deezer (les catalogues des grands distributeurs DistroKid, CD Baby, Tunecore, etc… sont présents, les artistes peuvent aussi uploader du contenu exclusif directement tels des posts, podcast, extraits, backstage)
  • Une communauté de fans qui partage playlists, coups de cœur, extraits, photos et même des radios personnalisées
  • Un fil d’actualité façon Instagram/X, mais dédié uniquement à la musique
  • Des communautés thématiques (77 au total) où les fans construisent ensemble des playlists vivantes et évolutives

CodaMusic ne cherche pas à prédire ce que tu vas aimer : il te montre ce que d’autres humains aiment déjà.

Découverte : la fin du piège algorithmique

CodaMusic assume une critique frontale du modèle dominant : ces plateformes qui prétendent nous connaître finissent surtout par nous répéter. Elles apprennent nos goûts, les enferment dans des calculs opaques, puis nous renvoient sans cesse vers les mêmes artistes, les mêmes ambiances, les mêmes certitudes. Coda prend le contrepied : ici, la découverte n’est plus un produit algorithmique, mais un mouvement collectif, nourri par des communautés vivantes.

Elle repose sur trois piliers, simples mais profondément différents :

  • Le mix quotidien (Daily Mix) : une sélection quotidienne qui ne cherche pas à prédire ton humeur, mais à refléter les scènes auxquelles tu appartiens. Pas de calcul invisible : juste la musique que les gens de ta communauté aiment vraiment.
  • Le fil social (Social Feed) : un fil où les fans que tu suis partagent leurs découvertes, leurs extraits, leurs coups de cœur. Une circulation organique, humaine, où la musique retrouve son rôle premier : passer de main en main.
  • Les communautés (Communities) : des groupes ancrés dans des scènes, des esthétiques, des cultures musicales. Ici, on ne consomme pas la musique : on l’habite, on la discute, on la construit ensemble.

« J’ai découvert plus de musique en une semaine sur CodaMusic que ces deux dernières années sur mon ancien service. »

Témoignage utilisateur

CodaMusic ne te dit pas ce que tu devrais aimer. Elle te montre ce que les autres aiment déjà, et te laisse décider si tu veux entrer dans la conversation.

Position forte sur l’IA : transparence et contrôle

Dans un moment où l’IA générative déborde sur les plateformes et brouille les frontières entre création humaine et production automatisée, CodaMusic choisit une ligne claire, presque militante. Ici, chaque nouvel artiste est vérifié pour déterminer s’il est généré par IA, et les profils concernés sont explicitement étiquetés. Cette transparence n’est pas un gadget : elle permet aux utilisateurs de savoir ce qu’ils écoutent, de comprendre d’où vient la musique, et de décider en connaissance de cause.

La plateforme va même plus loin en offrant la possibilité de masquer entièrement les artistes générés par IA. C’est un geste rare dans l’industrie, un choix assumé qui redonne aux auditeurs un contrôle réel sur leur expérience. Et lorsque des doutes subsistent, les utilisateurs peuvent signaler un artiste suspect, participant ainsi à une forme de vigilance collective. Dans un paysage où les catalogues se remplissent de millions de titres artificiels, CodaMusic défend l’idée que la musique n’est pas seulement un fichier : c’est un travail, une intention, une présence humaine qui mérite d’être reconnue.

Une approche qui rejoint la philosophie de ZiknBlog : redonner de la valeur au travail humain.

Un modèle plus juste pour les artistes

CodaMusic revendique le plus haut taux de rémunération par stream de l’industrie, et ce n’est pas un slogan marketing : c’est le cœur de son projet. Là où les plateformes traditionnelles diluent les revenus dans des modèles opaques, Coda cherche à rétablir une logique simple et compréhensible, où chaque écoute a une valeur réelle et où l’artiste n’est plus noyé dans des calculs impossibles à suivre.

Mais la plateforme ne s’arrête pas à la rémunération par stream. Elle introduit un geste direct, presque symbolique, mais qui change tout : chaque abonné peut donner 1 $ par mois à un artiste indépendant de son choix. Ce dollar n’est pas un pourboire, ni un “tip” ponctuel, c’est un engagement régulier, une manière de dire : « je veux que tu continues ». Dans un marché où les artistes indépendants peinent à exister dans les chiffres, ce lien direct entre fan et créateur redonne une dimension humaine à la relation.

CodaMusic met aussi en avant les exclusivités artistes : contenus backstage, posts réservés aux fans, radios personnalisées, extraits inédits. Ce sont des espaces où l’artiste peut montrer ce que les plateformes classiques ne valorisent pas : le processus, l’intimité, les coulisses, la personnalité. Autrement dit, Coda ne rémunère pas seulement la musique, elle rémunère la présence de l’artiste, son univers, sa communauté.

Selon Digital Music News, CodaMusic affirme que son modèle peut générer des revenus « jusqu’à 100 fois plus élevés » que les plateformes traditionnelles, grâce à son système direct de fan à artiste. Sachant que le taux de rémunération est une moyenne puisqu’il dépend du pays d’écoute de l’auditeur, du nombre d’abonnés, du type d’abonnement premium ou gratuit de l’abonné et du distributeur de l’artiste (TuneCore, DistroKid, etc…), l’ordre de grandeur que reverse les plateformes se présente ainsi :

  • Amazon Music : 0,004 $ à 0,008 $
  • Apple Music : 0,006 $ à 0,010 $
  • Deezer : 0,005 $ à 0,007 $
  • Spotify : 0,003 $ à 0,005 $
  • Tidal : 0,011 $ à 0,015 $
  • YouTube Music : 0,0002 $ à 0,008 $
  • CodaMusic : 0,017 $ (moyenne basée sur le mois de juillet 2026)

Dans un écosystème où les créateurs sont souvent relégués au second plan, CodaMusic propose un modèle qui ne cherche pas à “réinventer” la rémunération, mais à la réhumaniser!

Une plateforme soutenue par des artistes engagés

Dans l’écosystème musical, les artistes indépendants sont souvent les premiers à reconnaître les plateformes qui respectent réellement les artistes. À l’automne 2024, CodaMusic a été marqué par un soutien fort : le groupe Xiu Xiu, qui avait retiré son catalogue de Spotify pour protester contre les investissements liés à l’IA militaire, a officiellement rejoint CodaMusic.

Leur déclaration résume bien l’esprit du projet :

« La musique est sacrée.
CodaMusic travaille à lui redonner le respect qu’elle mérite. »

Témoignage artiste

Xiu Xiu n’est pas un cas isolé : plusieurs artistes reconnus dans les scènes indépendantes, expérimentales et alternatives ont commencé à soutenir CodaMusic, attirés par sa position claire sur l’IA, sa rémunération plus juste et son modèle centré sur les communautés. Le mouvement reste discret mais réel, une transition culturelle qui s’amorce chez ceux qui perçoivent le plus tôt les dérives du streaming.

Cette dynamique s’est amplifiée en 2025, lorsque CodaMusic a gagné la confiance d’un vaste réseau de labels indépendants grâce à son partenariat avec Merlin, l’organisation qui représente des milliers de labels indés à travers le monde. Pour beaucoup, cette alliance dépasse le simple accord commercial : elle incarne une vision commune, celle d’une découverte musicale portée par les communautés plutôt que par les algorithmes. Ce soutien donne à la plateforme une colonne vertébrale solide, presque militante, rappelant que l’innovation dans la musique vient rarement des géants… mais plutôt des indés.

Une expérience complète : mobile, social, streaming

L’inscription au portail web CodaMusic est réservée aux artistes, mais les fans peuvent créer un compte directement dans l’application mobile CodaMusic pour accéder au streaming et aux communautés.

Disponible sur iOS et Android, CodaMusic propose :

  • streaming illimité, offline inclus
  • profils utilisateurs complets
  • création de listes de lectures/radios personnalisées
  • partage direct dans le feed
  • abonnements simples : 10,99 $/mois (individuel) ou 16,99 $/mois (famille) en 2026

Une version web est en développement, ce qui renforcera encore l’écosystème. À suivre…

Pourquoi CodaMusic compte pour l’évolution du modèle du streaming

CodaMusic arrive dans un paysage où tout semble figé : les plateformes se ressemblent, les interfaces se copient, et la découverte musicale s’est transformée en une mécanique algorithmique qui tourne en rond. Dans ce contexte, Coda ne propose pas seulement une alternative, elle propose un changement de direction.

D’abord parce qu’elle remet les communautés au centre. Là où les géants du streaming ont réduit la musique à des flux optimisés, Coda redonne du poids aux scènes, aux esthétiques, aux groupes de fans qui font vivre la culture. On ne découvre plus “ce que l’algorithme pense que tu vas aimer”, mais ce que d’autres humains aiment déjà, et ça change tout.

Ensuite, parce qu’elle assume une position claire sur l’IA, sans ambiguïté. À l’heure où les catalogues se remplissent de contenus générés automatiquement, Coda choisit la transparence, le contrôle, et même la possibilité de masquer totalement les artistes IA. Une posture rare, presque militante, qui rejoint une idée simple : la musique a besoin d’être protégée pour rester humaine.

Coda redonne aussi une place aux artistes indépendants, non pas en les noyant dans un océan de titres, mais en leur offrant des outils concrets : un dollar mensuel que chaque abonné peut leur verser, des espaces d’exclusivités, des interactions directes avec leurs fans. Dans un marché où les artistes sont souvent invisibles dans les chiffres, ce geste redessine la relation.

Enfin, Coda rappelle que la musique n’est pas un produit optimisé. C’est une culture vivante, une conversation permanente, un lien entre des personnes. Et c’est précisément ce que la plateforme remet au centre.

CodaMusic : une équipe réactive qui éclaire les coulisses de sa plateforme

Nous leur avons envoyé une rafale de questions pour mieux comprendre le projet et ses fondateurs, et leur réponse rapide, claire et ultra complète nous offre un éclairage précieux sur l’univers CodaMusic.

CodaMusic est‑il à l’origine un projet d’équipe ou une initiative solo ? Pourriez‑vous nous présenter l’équipe ?

CodaMusic a été fondé par une équipe dont l’expérience couvre la technologie, les affaires, les droits musicaux et l’industrie du divertissement — réunie par la volonté commune de transformer de manière significative le modèle du streaming musical. Randy Fusee (CEO) et Jeff Teles (CTO) dirigent respectivement les volets commercial et technique de l’entreprise. Avant CodaMusic, ils ont créé Gameplan, une plateforme qui a révolutionné la manière dont les équipes sportives professionnelles et universitaires communiquent, enseignent et se préparent. Gameplan est devenue largement utilisée dans des ligues comme la NFL, la MLB, la NBA et la NHL, avant que l’entreprise ne soit acquise en 2018.

Russell Gaskins (CCO) apporte plus de 30 ans d’expérience dans l’industrie musicale, travaillant avec des ayants droit, des éditeurs, des artistes majeurs et des successions d’artistes. Ted Andre (COO) apporte une perspective créative différente mais tout aussi essentielle, forte d’une longue carrière à la fois comme artiste interprète et comme producteur primé de films et de télévision. Ensemble, les fondateurs réunissent l’expertise technique, commerciale, juridique et créative nécessaire pour construire une plateforme musicale complète.

Que s’est‑il passé entre la création de CodaMusic en 2019 et son apparition publique en 2025 ? L’intention initiale a‑t‑elle changé ?

CodaMusic n’a jamais été pensé comme une simple expérimentation logicielle rapide. Construire un service capable de réellement rivaliser avec Spotify ou Apple Music exige des années de négociations de licences, d’acquisition de catalogues, de gestion des droits, d’intégration de données, d’infrastructures de paiement et de développement produit.

Une grande partie de cette période a été consacrée à sécuriser et intégrer les accords nécessaires pour proposer un catalogue véritablement complet, entièrement licencié et accessible à la demande. Ce processus est extrêmement complexe et ne peut être mené du jour au lendemain.

Notre conviction initiale est restée la même : la musique doit être plus humaine, plus connectée, et les artistes qui la créent doivent être rémunérés plus équitablement. Ce qui a évolué, c’est l’ampleur du produit et la manière d’exprimer cette mission à travers la découverte humaine, les communautés, le soutien direct aux artistes et des expériences d’écoute partagées.

Comment définiriez‑vous votre mission aujourd’hui : plateforme de streaming, réseau social musical ou outil de soutien aux artistes ?

CodaMusic poursuit deux missions étroitement liées.

La première consiste à construire un service de streaming musical complet, que les utilisateurs aient réellement envie d’utiliser et soient prêts à payer. Coda propose plus de 150 millions de morceaux de tous les grands artistes, une écoute à la demande, la gestion de playlists, une découverte personnalisée, un filtrage musical par IA, ainsi que toutes les fonctionnalités que les auditeurs attendent d’une plateforme de streaming de premier plan.

La seconde mission, véritable boussole de l’entreprise, est de soutenir les artistes. Nous pensons que le streaming doit créer une relation plus juste et plus directe entre ceux qui font la musique et ceux qui l’apprécient.

Ces deux missions dépendent l’une de l’autre. Nous ne pouvons pas améliorer de manière significative la rémunération des artistes sans d’abord créer un service attractif pour le public. L’expérience d’écoute doit être excellente, car un soutien durable aux artistes n’est possible que si les utilisateurs choisissent Coda comme plateforme d’écoute au quotidien.

Quelle place souhaitez‑vous occuper aux côtés de Spotify, Bandcamp ou SoundCloud ?

Sur le plan fonctionnel, CodaMusic se situe aux côtés de Spotify et Apple Music : nous sommes un service de streaming entièrement licencié, à la demande, avec le catalogue complet que les auditeurs attendent. Nous ne sommes pas une plateforme d’upload libre ni principalement une vitrine commerciale pour artistes.

Mais le monde n’a pas besoin d’un autre Spotify simplement pour avoir un autre Spotify. Plusieurs services de streaming très compétents existent déjà.

Coda existe parce que nous pensons que deux aspects essentiels du streaming doivent changer. Pour les auditeurs, la découverte devrait être plus humaine — portée par les personnes, les goûts partagés, les communautés et la culture, plutôt que uniquement par des recommandations automatisées. Pour les artistes, FanDirect crée une relation financière directe entre eux et les fans qui choisissent de les soutenir via leur abonnement existant.

Notre raison d’être n’est pas de reproduire le modèle actuel du streaming. Elle est de construire une alternative complète qui crée davantage de valeur à la fois pour les auditeurs et pour les artistes.

Que se passe‑t‑il lorsqu’un auditeur demande un artiste qui n’est pas encore éligible comme Home Artist ?

Le processus est similaire, dans l’esprit, à la demande d’ajout d’un commerce sur des services comme Instacart ou DoorDash.

Lorsque les auditeurs demandent un artiste, Coda enregistre cette demande et l’utilise lorsqu’elle contacte l’artiste. Nous pouvons ainsi lui indiquer que des fans souhaitent déjà le soutenir financièrement sur Coda.

Les artistes peuvent rejoindre le programme FanDirect sans aucun coût. Lorsqu’un artiste devient éligible, nous informons les auditeurs qui l’ont demandé afin qu’ils puissent le sélectionner comme leur Home Artist.

Les retours concernant le manque de visibilité des demandes sont tout à fait justifiés. Nous sommes d’accord sur le fait qu’afficher aux utilisateurs l’historique de leurs demandes et leur statut actuel rendrait l’expérience plus transparente, et c’est une amélioration que nous envisageons dans notre feuille de route produit.

Comment le dollar mensuel est‑il calculé ? Coda prélève‑t‑il des frais ?

Chaque fois qu’un paiement d’abonnement est traité, Coda vérifie si le membre a sélectionné un Home Artist. Si c’est le cas, 1 $ provenant de cet abonnement existant est envoyé directement à l’artiste vérifié choisi par l’utilisateur. L’artiste reçoit l’intégralité du dollar. Coda n’en conserve aucun pourcentage.

Nous avons une relation bancaire directe avec les artistes vérifiés qui participent au programme, ce qui signifie que FanDirect n’est pas un pourboire ajouté par‑dessus l’abonnement. Il fait partie intégrante du paiement de l’abonnement lui‑même.

Nous pensons que les fans paient déjà suffisamment pour le streaming musical et ne devraient pas avoir à dépenser davantage via un service de pourboires tiers simplement pour soutenir un artiste qu’ils aiment. À notre connaissance, aucun autre service de streaming à catalogue complet n’a intégré ce type de paiement direct aux artistes dans son modèle d’abonnement standard.

En mettant de côté le modèle fan-à-artiste pendant un instant, pourriez-vous préciser la valeur monétaire d’une diffusion sur CodaMusic ? Comment votre rémunération par stream se compare-t-elle à celle des autres plateformes de l’industrie ?

Le tarif par flux est variable en fonction de l’utilisation et du nombre d’abonnés. Nos accords avec les principaux fournisseurs sont identiques à ceux d’Apple, Amazon, Tidal, etc. Le mois dernier, notre tarif par stream était de 0,017 $.

Les artistes peuvent‑ils suivre leurs paiements et leurs soutiens ? À quelle fréquence sont‑ils rémunérés ?

Les artistes participants ont accès à Coda for Artists, un portail web dédié qui propose un tableau de bord permettant de suivre leur activité FanDirect ainsi que leurs paiements.

Le paiement de 1 $ est effectué chaque mois, dès que l’abonné renouvelle son abonnement et garde cet artiste comme Home Artist. Les artistes sont rémunérés tous les 30 jours.

Coda for Artists est également une plateforme promotionnelle gratuite. Les artistes peuvent y promouvoir leur musique directement au sein de l’expérience sociale intégrée de Coda, sans avoir à acheter de la publicité pour atteindre les auditeurs.

Ils peuvent aussi offrir des avantages aux fans qui les ont sélectionnés comme Home Artist : sorties musicales exclusives, publications sociales, réductions sur le merchandising ou les billets, et autres bénéfices.

Nous protégeons la vie privée des auditeurs, de sorte que les informations précises concernant les soutiens visibles par les artistes sont régies par nos politiques de confidentialité et les permissions accordées par les utilisateurs.

Prévoyez‑vous de prendre en charge les pourboires, dons, produits dérivés ou d’autres formes de soutien ?

Certaines de ces possibilités existent déjà.

Les artistes peuvent créer un Link Center qui permet aux auditeurs d’accéder à leur merchandising, à la billetterie, à leurs réseaux sociaux, à Cash App ou à d’autres moyens de soutien direct. Coda ne prélève aucun pourcentage sur le merchandising ni sur les transactions externes générées via ces liens.

FanDirect reste le pilier central, car il permet à un auditeur de soutenir un artiste sans dépenser plus que le coût de son abonnement actuel. Mais nous souhaitons également offrir aux artistes des outils flexibles pour connecter, en un seul endroit, leur musique, leur commerce, leurs événements et leurs relations avec leurs fans.

Comment gérez‑vous la modération et la qualité des interactions ?

Nous voulons que CodaMusic ressemble à une communauté musicale accueillante, et non à un réseau social non modéré. Notre approche combine des standards communautaires, des outils de signalement, des contrôles de compte et, lorsque nécessaire, une revue active des contenus. À mesure que la plateforme grandit, nos capacités de modération et de sécurité continueront de se développer.

L’objectif est de favoriser des interactions enthousiastes et authentiques, tout en protégeant les artistes et les auditeurs contre le harcèlement, les abus, le spam et autres comportements nuisibles.

Quelles fonctionnalités favorisent la découverte d’artistes indépendants ?

Les artistes indépendants peuvent être découverts à travers plusieurs espaces de CodaMusic : les fils d’actualité des auditeurs, les communautés musicales, les publications et recommandations d’autres utilisateurs, le taste matching, les profils artistes, les playlists et les expériences menées par les artistes eux‑mêmes.

La découverte ne dépend pas d’un seul « gardien éditorial ». Un artiste peut émerger parce qu’une personne au goût reconnu partage sa musique, parce qu’il s’intègre naturellement dans une communauté, ou parce que des auditeurs aux goûts similaires réagissent à son travail.

Les artistes indépendants bénéficient aussi d’un accès gratuit à Coda for Artists, où ils peuvent promouvoir leur musique directement dans la plateforme, communiquer avec leurs fans et développer leur présence sans acheter de publicité. Les artistes ne sont pas pénalisés simplement parce qu’ils ne paient pas pour de la promotion.

C’est une différence importante par rapport aux plateformes où les outils promotionnels payants jouent un rôle central dans la visibilité. Spotify, par exemple, propose des produits promotionnels payants comme Marquee et Showcase.

Avez‑vous observé des tendances en matière de genres, de régions ou de types d’interactions ?

Nous en sommes encore aux débuts, donc nous restons prudents avant de présenter des comportements émergents comme de véritables tendances établies.

Ce que nous constatons, c’est que les interactions les plus fortes sont souvent simples et directement centrées sur la musique : partager un morceau, réagir à une recommandation, laisser un court commentaire, ou découvrir quelque chose grâce à un autre auditeur.

Les gens n’ont pas forcément besoin de longues conversations pour se sentir membres d’une communauté musicale. Le partage répété, la reconnaissance mutuelle et la découverte suffisent souvent à créer ce lien.

Nous observons également que les auditeurs n’organisent pas toujours leurs goûts de manière nette autour des genres traditionnels. Les communautés construites autour d’un son, d’une ambiance, d’une culture, d’une scène ou d’une identité commune reflètent souvent plus fidèlement la manière dont les gens vivent réellement la musique.

Quels outils ou technologies distinguent CodaMusic ?

La technologie n’a de valeur que lorsqu’elle crée une expérience réellement différente pour l’auditeur. CodaMusic intègre le taste matching entre utilisateurs, des communautés organisées autour du son et de la culture, un fil combinant les publications des personnes suivies avec des recommandations pertinentes, le soutien FanDirect et Home Artist, l’importation gratuite de playlists depuis d’autres services, ainsi que les expériences CodaLive! animées par les artistes (CodaLive! sera disponible dans notre prochaine mise à jour).

Ensemble, ces outils donnent à un service de streaming complet une dimension plus personnelle, participative et connectée.

Comment garantissez‑vous la sécurité et la propriété des contenus exclusifs ?

La propriété reste toujours entre les mains de l’artiste, du label ou du détenteur des droits concerné. CodaMusic distribue le contenu sous licence et utilise une diffusion contrôlée, une gestion des accès et des mesures de sécurité conçues pour protéger les œuvres sous licence ou exclusives.

Nous ne divulguons pas publiquement les détails de notre architecture de sécurité, mais la protection des ayants droit, le contrôle des accès et la prévention de la distribution non autorisée sont des exigences techniques et contractuelles fondamentales du service.

L’IA joue‑t‑elle un rôle dans les recommandations ou la visibilité des artistes ?

La technologie peut aider à organiser et personnaliser un catalogue de plus de 150 millions de titres, mais CodaMusic ne pense pas que la découverte doit donner l’impression de venir d’une machine qui parle avec autorité. Notre priorité est de proposer des recommandations fondées sur les personnes, les goûts partagés, les communautés et le contexte d’écoute.

Sur quels marchés géographiques êtes‑vous actifs ? L’application peut‑elle être téléchargée en France ?

CodaMusic est actuellement disponible en Amérique du Nord. La France n’est pas encore un marché actif, mais l’expansion internationale fait partie de notre plan à long terme. Comme tout service de streaming entièrement licencié, chaque nouveau marché nécessite des droits, des opérations et des accords de distribution spécifiques, ce qui implique une ouverture progressive au cours des prochains mois et années.

Nous sommes très encouragés par l’intérêt déjà manifesté en France, au Québec, en Belgique et dans d’autres communautés francophones.

Avez‑vous des partenariats avec des labels, des collectifs ou des organismes culturels ?

Lancer un service de streaming entièrement licencié, comparable à Spotify, nécessite des accords directs et des relations opérationnelles à travers toute l’industrie musicale.

CodaMusic a passé plusieurs années à construire le cadre de licences et de distribution nécessaire pour proposer un catalogue complet, incluant des relations avec les principaux ayants droit, labels, distributeurs et autres partenaires du secteur.

Ce sont ces relations qui nous permettent d’offrir plus de 150 millions de titres de tous les grands artistes, plutôt que de fonctionner comme une plateforme d’upload libre ou à catalogue limité.

Nous annonçons publiquement nos partenariats commerciaux ou culturels individuels lorsqu’ils sont prêts à être dévoilés.

Pourquoi n’existe‑t‑il pas encore de version web ?

La version web destinée au grand public est terminée et se trouve actuellement en phase de tests finaux.

C’est l’une des fonctionnalités les plus demandées par nos utilisateurs, notamment par ceux qui souhaitent écouter de la musique en travaillant ou depuis un ordinateur de bureau. Nous prévoyons de la déployer largement dans les prochaines semaines.

CodaMusic vient également de lancer son expérience sur iPad et Mac, offrant ainsi davantage de flexibilité quant à l’endroit et à la manière dont les auditeurs écoutent leur musique.

Quelle technologie utilisez‑vous pour préserver la qualité audio ? Proposez‑vous de l’audio haute résolution ?

Actuellement, Coda diffuse la musique en trois formats :

  • AAC 320 kbps (haute qualité)
  • AAC 160 kbps (qualité moyenne)
  • AAC 64 kbps (basse qualité)

L’écoute en lossless arrive bientôt. Nous développons et testons activement cette fonctionnalité et prévoyons de la rendre disponible dans les 30 à 60 prochains jours.

Avez‑vous envisagé des intégrations similaires à Spotify Connect ou Sonos ?

Oui. Un service de streaming complet doit fonctionner naturellement sur les appareils et dans les environnements où les gens écoutent.

CodaMusic prend déjà en charge Siri, Apple CarPlay, Android Auto, les appareils Bluetooth et AirPlay. Nous avons également des intégrations initiales avec Google Home et Alexa, et nous travaillons activement à renforcer ces capacités.

Sonos est l’une des prochaines grandes intégrations prévues dans notre feuille de route.

Quels sont vos prochains objectifs de développement ?

Notre initiative la plus importante à venir est CodaLive!, un nouveau format qui réunit artistes et fans pour des expériences d’écoute en direct et partagées. L’intégration des paroles est également prévue à court terme.

Le 2 octobre 2026, Jack Grisham and The Life Undone sortiront un nouvel album exclusivement sur CodaMusic. L’album sera disponible uniquement sur Coda pendant 30 jours, et une session d’écoute CodaLive! sera animée par Jack lui‑même le jour de la sortie. Les fans pourront écouter l’album avec l’artiste, découvrir les histoires et le contexte derrière la création, et participer en temps réel avec les autres auditeurs.

Nous pensons que CodaLive! peut offrir aux artistes une nouvelle manière de transformer une sortie d’album en véritable événement, plutôt que de simplement ajouter une collection de titres à un catalogue immense. Cela combine streaming musical, accès à l’artiste, communauté et participation culturelle en une seule expérience.

L’activation avec Jack Grisham est notre première démonstration majeure de ce modèle et le début d’un programme plus large de sorties et d’événements d’écoute animés par les artistes. Des dizaines d’autres sont déjà en préparation, avec des artistes de toutes tailles et de tous styles.

En une phrase, qu’est‑ce que CodaMusic change ?

CodaMusic offre aux auditeurs toute la musique qu’ils attendent d’un grand service de streaming, tout en rendant la découverte plus humaine et en permettant aux abonnés de diriger une partie de leur abonnement vers un artiste qu’ils aiment.

Verdict ZiknBlog : ce qu’on en pense

Ce qui m’a frappée après avoir contacté CodaMusic et exploré l’application, c’est le sérieux du projet et la cohérence du concept. La possibilité d’orienter 1 $ de mon abonnement mensuel vers l’artiste éligible de mon choix donne enfin un sens concret au soutien des créateurs. J’apprécie le concept de pouvoir partager mes découvertes et échanger avec la communauté, ainsi que d’entretenir une relation publique et saine avec les artistes, sans tomber dans les dérives des réseaux sociaux classiques. Les recommandations musicales reçues jusqu’ici sont redoutablement efficaces et m’ont déjà ouvert la porte à de nouveaux artistes.

Mais tout n’est pas parfait. Les artistes que je souhaitais soutenir n’étaient pas encore éligibles, et la demande d’ajout reste opaque : aucune indication sur les critères, ni sur les chances qu’un artiste devienne un jour disponible. J’aurais également aimé que CodaMusic propose une intégration en “direct control”, pour une écoute fluide sur des systèmes comme Sonos — un manque qui se fait sentir lorsqu’on écoute beaucoup de musique à la maison. Même si les artistes français font partie du catalogue, l’application mobile n’est malheureusement pas encore disponible en France à ce stade du déploiement. L’expansion n’est pas encore pour tout de suite et on croise les doigts pour que la France soit en tête de liste quand ils ouvriront de nouveaux marchés. La plateforme reste jeune, en pleine construction, et ces limites s’inscrivent dans un contexte d’évolution rapide. Le projet CodaMusic débute, avance, et l’on sent que beaucoup de choses sont encore à venir car ils semblent être à l’écoute des remarques.

CodaMusic rappelle une évidence que l’industrie a trop longtemps oubliée : la musique n’avance que lorsqu’on lui redonne un visage, une communauté, une histoire. Et c’est précisément dans ces espaces-là : humains, vivants, indisciplinés que ZiknBlog continuera de se glisser pour amplifier celles et ceux qui réinventent le paysage, un projet à la fois.

Sincever
Fondatrice de Zik'n'Blog.com et de musiQCnumeriQC.ca à la fois discrète, passionnée et rassembleuse, cette baladeuse numérique adore découvrir de nouvelles musiques et applications musicales. Par contre elle manque cruellement de temps et attend que la musique et les applis lui soient présentées, alors n'hésite pas à lui envoyer un petit message! Plus d'info sur elle via son twitter.com/sincever et son blogue perso : Sincever.com
http://www.sincever.com

Laisser un commentaire