Ella Rabeson

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Voilà bien longtemps que j’avais envie de vous parler de la chanteuse Ella Rabeson que j’ai découvert au sein du groupe Banshi Project. Actuellement en pleine composition, et suite à la création de son Myspace, Ella Rabeson a bien voulu répondre à mon interview afin de vous faire partager sa passion pour la musique, mais aussi vous faire découvrir une grande famille d’artistes. Pour Ella Rabeson, qui dégage aussi une belle sincérité, son ambition artistique consiste avant tout à prendre chaque instant artistique et le savourer pleinement. Nous pouvons aussi la retrouver actuellement sur la compilation Zikpot avec le titre « Wheat and cookies » du groupe Banshi Project. Fin novembre, Ella sera présente sur la compilation ADECCO avec une composition personnelle, « la Chanteuse de jazz a le blues« , arrangé par Manu Lanvin.  

On trouve, sur cette page du net, qui parle de la famille ou plutôt de la saga Rabeson, comme étant une très grande famille dans la musique et très connu à Madagascar… Ta mère Lalao Rabeson est d’ailleurs très célèbre à Madagascar et ce que l’on ressent, quand on te voit et même lorsque l’on t’entend chanter, c’est une très grande humilité dont pas mal devraient d’ailleurs s’inspirer… Tu peux nous parler un peu de cette saga ? Mais aussi comment tu vis cette notoriété là ?

Comme tu le sais déjà, je suis originaire de Madagascar et je suis issue d’une famille d’artistes imposantes, notamment les « RABESON ». La plupart des membres de ma famille paternelle sont des Artistes picturaux et musicaux depuis plusieurs générations. Il faudrait tout un livre pour pouvoir te conter la belle histoire de mes ancêtres et je préfère laisser le soin à un vrai écrivain. Mon histoire pourrait démarrer par : Il était une fois un jeune homme malgache d’une trentaine d’année, musicien de jazz, pianiste talentueux, ambitieux, qui s’envole vers les contrées où la musique qu’il aime l’appel. De retour d’une de ses tournées, il tombe éperdument amoureux d’une icône malgache, à l’époque Miss Tourisme de Madagascar, qui inonde tous les écrans de cinéma locaux et toutes les ondes de radio. Cette femme n’est autre que LALAO, jeune artiste malgache de renom et qui fera la fierté de toute une nation. Sa maison de disque était à la recherche d’un pianiste arrangeur et le destin à voulu que ce soit mon père. Je suis le fruit de cet amour et de cette passion commune. Ils m’ont prénommé Ella en l’honneur de la chanteuse de jazz à qui ils vouaient une réelle admiration. Pourquoi « saga » ? N’oublions surtout pas qu’en dehors de mon père, mon grand frère Tony RABESON véhicule avec brio notre nom grâce à son talent qui lui a valu cette belle qualification « Le Créatif ». Et puis, il y a le reste de la famille : tous musiciens.

Tu peux nous faire un historique bref ou pas, enfin comme tu le souhaites, de ton parcours musical ?

Tombée dedans comme Obélix (rires). Donc en ce qui concerne la notoriété, je me suis jamais posée la question. D’ailleurs, je ne la vois même pas cette notoriété. Tu sais, nous sommes comme tous les communs des mortels, pratiquement avec les mêmes habitudes. Ce sont en général, les autres qui posent ce regard sur nous. Tout est relatif. L’extraordinaire c’est toujours ce qui est différent de ce que nous connaissons ou possédons déjà.

Tu as enregistré ton premier single, à l’âge de 6 ans. qui à l’époque s’appelait 45 tours, ça nous rajeunit pas !!! Si tu t’en rappelles, tu peux nous en dire deux mots ?

Tu ne me rajeunis pas non plus en me posant cette question. Et oui, c’était encore les 45 tours. Nous étions installés à l’Ile de la Réunion, ile où je suis née. Mes parents travaillaient avec la famille Décomarmon (me souviens pas de l’orthographe exact) producteur et éditeur, je crois, local (info à vérifier). Mes parents étaient les principaux artistes de l’île à l’époque et se produisaient quasiment toutes les semaines (concerts, bals, mariages, tous types d’événement). Quelquefois, je faisais partie de la troupe et à chaque soir, j’avais droit à mon temps de passage, debout sur une chaise ou parfois au milieu d’une table… la proposition de me faire enregistrer un disque était la continuité évidente pour eux.Tu as fait parti d’un groupe de Jazz Fusion Rock.

Comment s’appelai t’il ? On peut encore entendre des titres aujourd’hui de ce groupe ?

C’était mon premier vrai groupe : « Menasanga ». Hery Chauvin était à l’origine de ce projet. Compositeur et arrangeur avant-gardiste, il était assez en avance sur les tendances musicales alliant toute une culture jazz moderne, funk et bluesy. Ça a été une expérience musicale très enrichissante pour moi. Malheureusement, les titres n’ont jamais été enregistrés en studio. Les seuls que tu pourrais écouter, sont bien conservés au chaud chez moi. Il m’arrive très souvent de les réécouter.

Comment vois tu l’évolution de la musique ?

La musique est intemporelle. Elle n’a pas d’âge, pas de barrière culturelle ni de frontière. Elle est la plus belle expression que je connaisse et en plus universelle. C’est une langue unique. Elle peut être entendue et comprise par tous quel que soit l’endroit d’où tu viens. Donc, elle ne peut qu’évoluer positivement. Il suffit juste de l’accepter telle qu’elle est : rock, pop, jazz, classique, rythme’n blues, rap, lyric, …..

Tu as aussi monté en 1996 le Ella Rabeson Quartet, c’est encore avec cette formation que tu as pu te produire sur une croisière récemment ?

En fait, je suis ce qu’on appelle une interprète freelance, ce qui est le cas de la plupart des musiciens dans le jazz. On a un large répertoire commun à tous et lorsqu’il y a une proposition de faire un concert ou un événement comme pour la croisière entre autre, la personne qui a le contact avec l’organisateur propose une formation qui peut aller du duo à une formation plus grande. En général, c’est l’artiste qui est libre le jour dit qui fait la prestation. En ce qui concerne le Quartet, c’est particulier car il y a la notion de groupe. En général, je tourne avec les mêmes musiciens, tant que c’est possible. Avec cette formation, nous avions fait des tournées, des festivals, des concerts. Il y a eu une vraie promotion. Le cd est un autoproduit, produit par Guillaume Dahan, et a été distribué dans les fnacs de France.

Ça doit être plutôt sympa de jouer comme ça sur les croisières….La croisière s’amuse t’elle ?

La croisière s’amuse et nous, nous nous amusons encore plus !

Tu viens de créer ton Myspace ….qu’est ce qui t’as poussé à le faire et pourquoi avoir attendu si longtemps ?

J’ai toujours été très réticente à le faire parce que je ne suis pas très douée pour le concevoir. Avoir des idées c’est une chose, l’appliquer en est une autre. D’ailleurs, tu remarqueras qu’il est très épuré pour l’instant. Je l’ai fait parce que les gens souhaitaient entendre ce que je faisais. C’est aussi l’occasion de faire découvrir toutes mes facettes musicales. La plupart des gens me connaissent via le jazz.

On retrouve d’ailleurs des titres très Jazz et des titres comme, « Summerime » plus électro. Est ce que c’est ta présence au sein du groupe Banshi Project qui t’as influencé ?

Pas du tout. Tu sais, Banshi project, ma rencontre avec Patrick Guilfoyle ne date que de 2005. J’ai travaillé avec KURSER il y a fort longtemps et il en est ressortit des titres comme la version de « Summertime » et « Des gens qui nous ressemblent ». Il y en a d’ailleurs bien d’autres. Et j’ai travaillé avec des artistes différents, dans des projets très variés. Je reste une interprète avec sa liberté de chanter.

Tu est auteur compositeur aussi ?

Habituellement, je compose les mélodies et j’écris la plupart de mes textes en français. Je ne travaille jamais seule. Une fois la matrice de ma chanson terminée, je la soumets aux musiciens qui travaillent sur les arrangements. Sinon, c’est l’inverse qui se produit. On peut me proposer l’instrumental et je compose la mélodie par-dessus. Il n’y a pas de règles. J’aime travailler de manières différentes. Et puis, je n’aime pas trop ce qui est planifié donc, c’est souvent au feeling. Tout dépend de la personne avec qui je partage ce moment musical.

Quel est ton projet, ton ambition, alors, un album solo ?

Vivre et de la musique.

Si oui ce sera ton deuxième album je crois après un album éponyme sorti il y a déjà quelques années ?

 Il y a eu un single, des featuring, des compilations. Je ne suis pas devin. Je ne sais pas de quoi sera fait mon avenir et je préfère la découvrir au fil du temps. Si un deuxième album se fait, je serai heureuse.

Pourquoi autant de temps entre les deux  ? Est ce un manque de temps…ou est ce parce que tu étais dans d’autres choses et que là tu as vraiment envie de faire ton truc comme on dit ?

Question pertinente, réponse franche. Pour faire un album, il faut de l’argent. Une production, une distribution, de la com, et tu connais ce qui suit. Je n’ai pas les épaules assez larges pour revêtir toutes les casquettes. Les majors sont frileux et les indés essayent de s’en sortir. Moi, je suis artiste et j’essaye de m’appliquer à bien faire ce que je sais faire.

As tu aussi des projets de concerts à venir ?

Quelques événements mais souvent en soirée privée.Tu dégages vraiment un truc…tu as une voix superbe..

Pourquoi on entend pas Ella Rabeson sur toutes les radios ?

Réponse idem à celle de pourquoi autant de temps. C’est le même circuit. S’il n’y a pas une personne qui s’occupe de l’artiste avec tout ce que cela comporte, il ne se passe rien. L’artiste peut toujours se démener, faire son buzz, parler de lui, se faire connaître (comme pour cet interview) mais cela n’est pas suffisant pour une diffusion nationale voire internationale et être sur la playlist des radios. Je suis très lucide. Merci pour le compliment mais tu sais, il existe des milliers d’artistes talentueux dont on ne connait même pas l’existence.

Toi qui est une vraie chanteuse, et d’une famille d’artistes, que penses tu des émissions comme la nouvelle star ?

Je n’aime pas le fait que ce soit un prétexte au système de profiter du talent des gens. Le but de ces émissions c’est de mâcher le travail des DA qui ne sont plus des chercheurs de talents. Ils laissent venir à eux la mine d’or qu’ils vont pouvoir exploiter. A contrario, je suis contente pour ceux qui s’en sorte et qui vivent enfin de leur passion.

Si tu sors un album, sera t’il autoproduit ? Est ce encore important aujourd’hui d’avoir une maison de disques ?

Si l’ambition est grande, oui, je pense qu’avoir une major ça aide. L’inconvénient d’un autoproduit, c’est toujours la même chose : le financement. Il faut quand même avoir les reins solides et ce n’est pas à la portée de tout le monde. Après, un autoproduit peut très bien fonctionner…Tu as fait parti on l’a dit plus haut d’un groupe de jazz fusion rock.

Tu aimes mélanger les styles ? C’est important pour toi de ne pas s’enfermer dans un style, même si tes influences sont très marquées par le Jazz ?

Je vais surement me répéter….pour moi il n’y a pas un style mieux qu’un autre. La musique est universelle, pourquoi donc l’étiqueter comme un vulgaire produit. La musique c’est de LA MUSIQUE. Il n’existe que 7 notes avec ses variantes toutes les musiques les utilisent.Les titres en écoute sur ton Myspace et notamment Alfie, dégage une profonde intimité…donc beaucoup d’émotions….

Est ce que ces sont les mêmes musiciens qui jouent avec toi sur scène, et qui ont joué aussi sur la croisière ?

Ce sont les musiciens du Quartet, Jeanot Rabeson au piano, Guillaume Dahan à la basse et Lionel Béché à la batterie.

Sur ces croisières y’a beaucoup de monde…Je suppose que c’est difficile de s’y retrouver ? ça fait longtemps que tu fais cela ?

Je fais souvent des soirées privées ou événementielles. La croisière faisait partie d’une proposition de Gérard Godblum, pianiste.

En même temps ça doit avoir des retombées intéressantes au niveau du public et peut être aussi des médias ?

Pas temps que ça. Les gens sont souvent émerveillés mais cela ne reste qu’une rencontre à un moment de ta vie.

Et un petit mot de la fin à partager ?

………..LA VIE CONTINUE !

 

Myspace : http://www.myspace.com/ellarabeson

One thought on “Ella Rabeson

  1. Pour tous ceux qui souhaiteraient écouter la fabuleuse voix d’Ella Rabeson, elle se produira le 16 mars 2012 à La Trattoria, à Mandres-les-Roses. Une soirée à ne pas manquer (renseignements : 01 45 98 06 85).

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