Beezik dans les yeux d’un artiste en développement …

Depuis quelques jours le petit monde de la musique en ligne ne parle plus que de ça. Beezik ouvrira ses portes mi juin. Au programme, du téléchargement gratuit et rémunérateur pour l’internaute, le tout financé par la publicité. Et pendant que les observateurs dissertent sur la viabilité du modèle, la revalorisation multi niveau de l’espace publicitaire et autres envolées marketo-lyrique, les DRM des uns et l’interopérabilité des autres… j’ai décidé d’exposer ici ma vision d’un tel service. Beezik dans les yeux d’un artiste en développement…

« Beezik fantastik ? » comme le titre mon ami Frédéric Neff dans son excellent blog Viva musica (pardon pour cette intrusion publicitaire ou cet odieux acte de copinage). Loin de moi l’idée de spéculer sur l’avenir de ce nouvel acteur. Mais comme à chaque fois qu’on annonce une révolution dans le petit monde de la musique en ligne « en assurant la rémunération des ayant-droits, surtout des jeunes artistes. » (JC De Launay), bon nombre des indés/autoproduits et autres SMDDF (Sans Maison De Disque Fixe) se demandent ce qu’ont est en train de leur proposer.

Beezik est il un modèle révolutionnaire pour les artistes ? Définitivement non puisqu’il ressemble comme deux gouttes d’eau à celui d’airtist.com. L’évolution notable apportée par Beezik se concentre donc du côté utilisateur/annonceur. D’ailleurs, même si des bruits de couloirs annoncent que les indépendants et autoproduits pourront signer en direct avec la plate forme, aucune confirmation, infirmation ou informations sur les conditions n’ont jusqu’ici été apportées.

Là où nous savons qu’un téléchargement gratuit chez Airtist rapporte environ 0.12€ aux ayant droits (0.7 pour les droits d’auteur, 0.5 pour les droits producteurs), chez Beezik, c’est la grande inconnue. On peut au passage se demander si la revalorisation des annonces publicitaires entraîneront une revalorisation de la rémunération des artistes. Si cela n’était pas le cas , et si l’annonce d’une rémunération de l’internaute à hauteur de 0.30€ par titres venait à être confirmer, nous vivrions un moment historique. Pour la 1ere fois : produire de la musique rapporterait deux fois moins que de la télécharger. Nous arriverions sans doute au bout d’un long et douloureux processus de dévalorisation de la musique enregistrée. Un véritable non sens.

Sur Airtist, la participation au programme « téléchargement gratuit » se fait au cas par cas, au titre par titre. Libre donc aux artistes de permettre aux internautes de télécharger quelques titres par la vision d’un film publicitaire tout en espérant en retour une transformation vers un acte d’achat plus classique (l’album au complet ou autres). Qu’en sera t il sur Beezik ? Comment les artistes indépendants pourront stratégiser sur leur participation à ce service ?

Nous verrons dans quelques jours, les réponses qu’apportera Beezik à ces inquiétudes fort légitimes…

Edit du 19 novembre 2009 :

Edit du 8 avril 2013 : Fermeture de Beezik

Le service de téléchargement gratuit de musique Beezik financé par la publicité a annoncé la fermeture de son site. Afin de ne pas pénaliser tous ceux qui ont téléchargé des titres en échange de visionnage de spots publicitaires, Beezik s’est associé à Deezer. Désormais les utilisateurs Beezik pourront retrouver l’intégralité de leurs titres téléchargés précédemment sur Beezik dans une playlist, nommée “playlist Beezik”, sur Deezer.

2 Comments on Beezik dans les yeux d’un artiste en développement …

  1. Merci Bidibule de t’être joint à nous pour nous parler de Beezik. Je voulais profiter du beta test actuel pour en apprendre d’avantage ce week end mais je n’ai pas pu parce que je suis sur mac et au Québec. j’ai lu dans les Condition Générale d’Utilisation du site que Beezik n’est accessible que depuis la France, Andorre et Monaco et qu’il ne fonctionne pas sur les systèmes d’exploitation autres que Microsoft Windows 2000 ou ultérieurs. Que pour des raisons de droit d’auteurs, le site ne soit que pour la France ok mais les utilisateurs mac dans tout ça sont oubliés ? Ils devront passer par VirtualBox ? pfff…

    Il y a deux semaines, je twittais : Quelle idée… Nouveau site de téléchargement gratuit en juin : Beezik à choisi le format wma avec DRM. Certains parlaient de ce format et d’autres blogues parlaient aussi de format mp3… Ce n’était pas clair pour tout le monde jusqu’à ce qu’ait lieu la présentation officielle. Il y aura un peu de tout puisque « Une partie de notre catalogue est en MP3 et l’autre en WMA protégé »Mais alors, les DRM ne sont pas mort ? Beezik veut repartir ça ? Mais il n’arriverait pas un peu en retard, là ? Même iTunes les a retiré…

    Un système de fidélisation est mis en place pour l’utilisateur via un programme de points sans valeur marchande mais qui pourront être échangés contre des réductions chez leurs partenaires. L’utilisateur peut gagner des points notamment en téléchargeant des titres musicaux. cela suffira-t-il à Beezik pour prendre la place de leader comme site francophone de téléchargement de musique ? En tout cas, en rayant certains internautes de leur clientèle suite à leur choix technique, ils n’ont pas mis tout de leur côté pour y arriver !

  2. Même si les créateurs de Beezik m’ont dit pleins d’imprécisions lors de notre rencontre, sur les DRM, ils ont été assez précis. Les majors refuse la suppression du DRM pour du download gratuit. de là a livrer le catalogue The Orchard en WMA free, on n’y est pas encore…
    La suppression du DRM n’est pas (plus) dans le projet de loi Hadopi. La bonne conduite des site (comme iTunes) à permis la suppression de cette obligation à lever les verrous ce qui arrange autant iTunes qui reste avec un AAC pas toujours compatible avec les players et les labels qui garde un outil de suivis..

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