Popa Chubby laisse brûler le feu de la guitare en lui

Popa ChubbyA la sortie de son concert du Nice Jazz Festival 2006, le guitariste Popa Chubby n’avait pas le blues. Mais, après 17 albums en 10 ans, il nous a confié son envie de changer de rythme.

A peine descendu d’un concert enflammé aux Arènes de Cimiez, Popa Chubby récupère encore. Plus rock que jamais, il avoue avoir volé la guitare du diable Chuck Berry pour son dernier album, Stealing the Devil’s Guitar. Mais sur scène, il prouve aussi qu’il a volé le secret du feu au dieu Jimmy Hendrix. Plus que ses guitares, c’est le public que Popa Chubby plonge dans les flammes de l’enfer pour un coin de paradis. Il nous donne ses impressions du concert et nous parle de ses projets.

Bonsoir et bravo pour votre concert! Combien de fois avez-vous joué à Nice?
C’est la troisième fois aujourd’hui et je crois que c’était la meilleure. J’étais très nerveux avant le concert car pour moi, c’est l’un des plus importants festivals en Europe à cause du calibre des musiciens qui ont joué ici. Certains des plus grands musiciens du monde, dans tous les styles, viennent ici. Pour moi qui suis juste un guitariste de rock, je me demandais ce que je faisais là. Mais au moment où je suis monté sur scène, le public était si bon, si ouvert, tout le stress a disparu. J’avais tout prévu avant de commencer et en arrivant, j’ai tout changé!

Est-ce que la scène des Arènes change beaucoup des autres scènes?
J’ai joué sur les deux autres auparavant mais c’est cette scène que j’ai préférée: c’est comme un amphithéâtre et le son est excellent. C’était un honneur pour moi d’être là.

Sur scène, vous êtes en trio. Comment avez-vous rencontré les 2 autres?
Vous savez, j’adore le son du trio. Avec un trio, vous avez un orchestre. Le bassiste A.J. Pappas est de New York et ça fait six mois qu’il joue avec moi. Le batteur Chris Reddan est avec moi depuis 3 ans. Il avait 17 ans quand je l’ai rencontré: j’ai joué dans son lycée et il est venu me parler. Je connaissais son frère qui jouait de la guitare pour quelqu’un que j’ai produit. Je lui ai dit que si j’avais besoin d’un batteur je l’appellerais et c’est ce qui s’est passé!

Demain, vous rentrez à New York, je crois. Est-ce la fin de la tournée?
Non, en fait je suis au milieu. On a fait des clubs au printemps, en Europe et en Amérique. En ce moment, c’est la saison des festivals donc on joue surtout le week-end. Demain, je rentre à la maison pour faire un break de deux semaines mais ensuite on revient en Europe et ça continue jusqu’à Noël! C’est fou!

Avant-hier, de grands noms étaient à Nice : Jean-Jacques Milteau, avec qui vous avez joué et Bettye Lavette.
Jean-Jacques est un garçon très gentil et très talentueux. Bettye, c’est une amie. Pour moi, c’est l’une des meilleures chanteuses de soul sur la planète, un peu comme une Ottis Redding au féminin, avec la même énergie. Elle donne tout, elle est incroyable.

Et George Clinton était là aussi. D’ailleurs, vous tirez votre nom de son clavier.
George Clinton, c’est le parrain de la funk. Doctor Dre lui a tout piqué!

« J’ai envie de prendre un autre chemin, de rencontrer d’autres gens, d’autres cultures. »

Vous préparez un nouveau disque?
C’est plus qu’un album, c’est un projet complet: un coffret de 3 CD, deux disques live et un album studio, uniquement avec des titres d’Hendrix. C’est beaucoup de plaisir, Hendrix est toujours le meilleur. On va reprendre quelques tubes parce qu’ils sont bons et que les gens veulent les entendre mais aussi beaucoup d’autres titres comme I don’t live today, Changes, des extraits de Band of Gypsies ou des titres plus blues comme sa version de Catfish Blues. Je regrette le temps où la musique était libre et où les bons groupes évitaient même de faire un single. Sur les disques de cette époque, vous aviez deux chansons par face, 17 minutes par chanson. Ca me manque! J’ai envie d’expérimenter le processus d’improvisation et c’est ce qu’on fait dans le jazz ou même le rock. Pour une fois, je ne vais pas chercher à faire la chanson pop parfaite de 3 minutes.

Vous enregistrez dans votre propre studio. C’est pour préserver votre indépendance?
Oui, je veux rester indépendant et de plus en plus avec l’âge. La seule raison pour laquelle j’aie besoin de traiter avec les maisons de disque, c’est que sans elles, je ne pourrais pas être là! C’est un mal nécessaire. Certains artistes sont vraiment à fond dans le business mais moi non, je déteste ça. Je préférerais n’avoir à traiter avec personne et qu’on me laisse juste jouer de ma guitare.

Vous avez déjà produits d’autres groupes. Allez-vous continuer?
Pas pour l’instant. Quand j’aurai terminé mon truc sur Hendrix, je vais prendre un peu de temps pour revenir à ce qui est pour moi le cœur de la musique. Je veux créer. Et parfois je n’ai pas le temps de le faire parce que je suis toujours en train de faire un disque.

Vous avez enregistré tellement de disques en si peu de temps!
J’aime ça, je suis fier de tous mes disques et de toutes mes chansons. Mais maintenant, je vais essayer de prendre un autre chemin. J’ai envie de rencontrer d’autres gens, de jouer avec d’autres musiciens, de connaître des cultures différentes.

Et qu’écoutez-vous à la maison?
Tellement de choses, tellement différentes! Je n’arrive pas à choisir un seul disque. Si, il y a un nouveau groupe qui s’appelle Wolfmother. Ils sont australiens. Ce sont des gamins qui sonnent comme Black Sabbath!

Et vous chantez avec votre femme Galea?
Oui, on joue toujours ensemble. Mais quand on joue tous les deux, on joue du blues, du rockabilly et surtout de la country qui est vraiment son truc à elle. Popa Chubby c’est autre chose!

Merci Popa Chubby!

Propos recueillis et traduits par Eric_M

Popa Chubby, site officiel

About Eric_M 73 Articles
En amateur de musique, Eric Maïolino est auteur-compositeur-interprète, joue de la guitare, pratique le théâtre et assiste à des concerts! (toutes ses chroniques ici)

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