Marianic prépare un album en socio-financement

Marianic prépare un album en socio-financement

Le projet Marianic, disponible en streaming sur Spotify, existe depuis 2009 où un premier album 10 titres a vu le jour. S’en est suivi un deuxième album 8 titres “Cure de désintox” sorti en 2014. Jusqu’à présent, à dominance francophone, la grenobloise a décidé de changer de langue pour son art! La sortie récente du nouveau titre de l’artiste s’intitule “Alice’s room”, chanté en anglais dans un style rock tout en voulant dévier légèrement vers le punk? C’est par là que Marianic souhaite nous entrainer avec le premier titre d’un futur album anglophone qui sera proposé dans quelques semaines au travers d’une campagne de financement participatif. Si cela vous plait, surveillez le projet pour pouvoir lui donner un coup de pouce!

Pour en apprendre davanage, j’ai posé quelques questions à Marianic mais tout d’abord, pour savoir de quoi on parle ici, voici le clip :

Tout un univers dans ton clip et de beaux visuels sur les réseaux sociaux. Peux-tu m’en parler un peu?

Merci pour les « beaux visuels » ! Pour moi l’esthétique est importante… Avant d’être musicienne je voulais être peintre, et j’ai même fais 2 expos, il y a très très longtemps. J’ai ensuite été happée par la musique et n’ai plus eu de temps pour cet art. J’ai repris mes pinceaux pour peindre « The invisible Cat » qui est dans le clip.

Le thème d’Alice et l’époque Victorienne étaient parfaits pour délirer sur les couleurs, les costumes et créer un côté décalé/sophistiqué/rock/punk.

Donc on a mis le paquet là dessus. C’est moi qui ai réalisé le clip et je dois dire que ça m’a passionnée. Le prochain clip sera beaucoup plus sobre et dans une esthétique très différente.

Si tu avais un titre d’un(e) autre artiste qui se rapprocherait le plus de ce que tu proposes selon toi, ce serait quelle musique de quel(le) artiste?

Très difficile à dire car j’aime pas mal d’artistes très différent-e-s (toujours rock). Ce serait peut-être un gros mix de Garbage, Nina Hagen, Patti Smith, Pascale Picard, Courtney Barnett, PJ Harvey, Mademoiselle K, même s’il y a un monde entre ces chanteuses…

Chez les garçons, j’aime beaucoup lggy Pop, Les Red hot Chillie Peper, Franz Ferdinand, les Stones, Rage Against the Machine, Blur, The Clash. Quant à un titre, je ne pense pas à une chanson en particulier.

Quand je compose je pars souvent du texte : j’ai envie de parler de quelque chose.

Là, j’avais envie de délirer sur cette salle de classe nommée « Alice’s room », ensuite je me suis mise à ma guitare et m’est venue la rythmique et la mélodie de chant.

Le résultat final, on y arrive en travaillant tous ensemble, et on ne sait pas où ça nous mène… c’est la surprise à chaque fois!

Peux-tu m’expliquer ce que tu as voulu faire transparaître à travers le texte dans ce titre?

J’ai commencé à écrire ce titre en 2019, alors que j’étais à Londres pour faire une remise à niveau en anglais, dans le but de créer mon prochain album rock, exclusivement en anglais. Car, après avoir écrit en français mes deniers opus (2 albums « Dans ma love song » & « Cure de désintox » + le single : « Icare Song »), j’avais vraiment envie de revenir à mes premières amours, le rock (voire le punk) et l’anglais.

Dans cette école, toutes les salles de classe avaient un nom, qui faisait référence à la culture British.

Ma classe s’appelait “Alice’s room” en référence à “Alice in Wonderland” de Lewis Carroll.

Elle était magnifiquement décorée, avec des gravures de John Tenniel (1er illustrateur de “Alice aux pays des merveilles” à l’époque de la sortie du livre, en 1865), des cookies, du thé, une théière etc… je l’ai photographiée et j’ai vraiment aimé étudier dans cette pièce, avec mes 2 super “teachers” Tom et Nikki, qui sont cités dans la chanson. Écrire une chanson sur cette salle de cours, était une évidence, car j’aime l’univers décalé et fou de Lewis Caroll : le “No sens”. Et faire un clip, c’était l’occasion de délirer sur le décor et les tenues, avec mes musiciens. On s’est bien amusé ! Même si c’est un travail de dingue. J’ai tout réalisé de A à Z ! Et je suis également toute seule à la com’…

Toute une histoire derrière “Alice’s room” donc… c’est du vécu!

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Au départ, je pensais retourner à Londres pour faire le clip (ou au moins quelques bons plans), dans la salle de classe avec mes 2 professeurs, être filmée dans les rues de Londres, et peut-être même y aller avec mes musiciens (suivant mon budget !). Mais la Crise covid est arrivée. Après avoir reporté à 4 reprises mon départ, je me suis résignée à le tourner ici en France, vers Grenoble… avec masques et gel hydroalcoolique… Et c’est là que cette chanson prend tout son sens. Car “Alice’s room” n’est plus ! Évidemment, avec la crise internationale, toutes les écoles de langues on souffert. Beaucoup ont dû rendre les clés de leurs locations. C’est ce qu’il c’est produit avec cette école. Tom et Nikki ont dû retourner chercher leur petites affaires, cahier, stylos, livres etc, la larme à l’œil, et ont tant bien que mal essayé de survivre, comme beaucoup
d’entre-nous, en faisant des leçons via Zoom ou Skype. C’est triste, mais cela donne un sens encore plus fort à ce titre.

Alice’s room n’est plus… Vive Alice’s room !
Alice’s room is no longer… Long live Alice’s room!
ou
Quand le “No Sens” prend tout son sens….

Quant au single, nous l’avons enregistré à Grenoble (Home studio), fait mixer chez Alchemized Music Production, un ami de Manchester (qui a travaillé avec Peter Hook) et fait masteriser par Pete Maher de Londres, ainsi que 3 autres titres. Je voulais un son “anglais”. Je suis seule au texte et nous sommes tous à la musique. Je l’ai composé avec ma guitare acoustique, avec 4 accords et ensuite les musiciens ont apporté leur précieuse patte.

Mixé et masterisé en Angleterre, as-tu un lien particulier avec l’Angleterre?

J’ai un lien de cœur avec l’Angleterre. Pour moi c’est le pays et la langue du rock. Quand j’étais jeune, j’ai un peu appris l’anglais grâce aux Beatles. J’ai commencé à y retourner en 2019, pour une remise à niveau en anglais, dans le but d’écrire mon prochain album.

J’ai rencontré des musiciens que j’ai eu envie de faire participer à mon album.

J’envisage d’y retourner pour faire connaître mes autres chansons au public anglais, en jouant dans les rues de Londres ou dans des “Open Mic” (scènes ouvertes), c’est mon « Troubadour Tour » mais je ne sais si cela est vraiment réalisable… Avec la crise COVID, c’est très compliqué…

Pour le mastering, j’ai choisi Pete Maher car il a une éthique : même s’il masterise les plus grands de ce monde, il fait un tarif spécialement bas pour les indés, qui n’ont aucun label, ni producteur, ni éditeur.

Avec l’arrivée des plateformes de streaming, le concept de l’album se perd un peu. Que penses-tu de cette nouvelle forme d’écoute?

Je pense que le streaming révolutionne complètement le monde de la musique. D’un côté c’est bien car un artiste indé, comme moi peut gérer lui même ses sorties et sa communication et toucher un maximum de monde. Mais d’un autre côté, quand on est seul aux manettes, c’est vraiment très chronophage et il reste peu de temps pour faire de la musique ! D’autre part, la rémunération est très (trop) maigre. Mais c’est le moyen de notre époque, il faut faire avec. Sans faire une carrière énorme on peut quand même espérer attirer un maximum d’auditeurs (et grâce à des gens comme toi aussi !! MERCI ! ) et peut-être intéresser des labels, booker etc… il faut être patient et y croire !!

Sinon pourquoi un album? Et bien au départ on voulait faire un EP 4 titres. Puis avec la crise COVID, on faisait « un pas en avant, deux pas en arrière ». Donc on a eu le temps de créer d’autres titres, et finalement ça fera un album. Nous avons encore des titres à terminer et à créer.

Les 4 premiers titres étant terminés, on les sort déjà sous forme de single, ce qui nous permet d’avoir de l’actualité, et de la matière pour lancer le futur crowdfunding. Mais ça n’est pas pour me déplaire, car la notion d’album donne un sens plus artistique à la création, c’est une œuvre, à un moment d’une vie. Quelque-chose de plus pérenne, comme « la période bleue et la période rose » de Picasso (en toute humilité!).

Le streaming à tout va, a quelque chose de plus éphémère, de plus fragile, et de complètement virtuel.

Avant, on avait un album dans les mains, c’était un objet qui avait de la valeur. Je suis un peu de la vielle école !
Quand notre album sera pressé, il n’y aura peut-être plus beaucoup de lecteur CD en circulation, mais suffisamment pour en vendre quelques-un en concerts…

Sur quelle plateforme et quel montant vas-tu essayer d’aller chercher via le financement participatif?

Je ne sais pas encore, je suis en train de me renseigner. Je cherche une plateforme de financement participatif internationale, mais je, ne sais pas si cela existe. Peut-être que je me contenterai de Ulule (Français et Européen). De toute façon nous ne lancerons ce crowdfunding qu’en février-mars, quand notre deuxième single sera sorti (et son clip), car cela donnera plus l’idée de ce que sera l’album. Le montant sera peut être de 5000€, mais cela n’est pas non plus fixé. Nous devons encore en discuter entre nous!

À suivre…

Sincever

Fondatrice de Zik'n'Blog.com et de musiQCnumeriQC.ca à la fois discrète, passionnée et rassembleuse, cette baladeuse numérique adore découvrir de nouvelles musiques et applications musicales. Par contre elle manque cruellement de temps et attend que la musique et les applis lui soient présentées, alors n'hésite pas à lui envoyer un petit message! Plus d'info sur elle via son twitter.com/sincever et son blogue perso : Sincever.com

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