iTunes sans DRM : iTunes Plus devient la norme

Lors de l’événement Keynote inaugurale de Macworld à San Francisco, Apple a annoncé plusieurs choses mais ce qui nous intéresse particulièrement ici, c’est la fin des DRM sur iTunes dès la fin du premier trimestre 2009 (faut croire que les discussions commencées en novembre ont porté fruit). Les DRM posés sur les fichiers musicaux que l’on achetaient sur l’iTunesStore empêchaient l’écoute sur plus de 4 lecteurs/ordinateurs, si je ne me trompe pas.

Si on revient un peu en arrière, c’est le 30 mai 2007 qu’Apple a ouvert l’espace sans DRM batisé « iTunes Plus » de sa populaire plate-forme de téléchargement légal avec le premier accord de la maison de disque EMI. Sous le prétexte que la qualité d’encodage était meilleure (format AAC 256 kbits/s au lieu de AAC 128 kbit/s), les fichiers non protégés coûtaient 30 cents deplus. À l’époque, les internautes qui avaient déjà acheté des morceaux protégés par DRM pouvaient les faire convertir en fichiers non protégés pour 30 cents. Or, quelques temps après, on trouvait tout de même des titres iTunes Plus à 99 cents. En mars 2008, on entendait parler d’accès illimité au téléchargement (je ne sais pas ce qu’est devenue l’idée d’ailleurs). Aujourd’hui, sur un catalogue de 10 millions de titres, la plate-forme Itunes, à présent accessible via un réseau 3G sur iPhone, en a vendu 6 milliards à 75 millions de clients (soit une moyenne de 80 titres achetés par client depuis 2004).

Dans le même esprit qu’avec EMI en 2007, Universal, Sony et Warner Music ont fait changer les tarifs unitaires des titres sur iTunes qui varient à présent entre : 69 cents, 99 cents et 1,29 dollars. Il sera, et est déjà possible d’ailleurs, de convertir ses titres avec DRM en iTunes Plus pour 30 cents par titre. En conclusion, les consommateurs qui ont téléchargé légalement leur musique sur iTunes et qui ont donc déjà payé leurs titres sont pénalisés par rapport à ceux qui vont télécharger le titre aujourd’hui sans DRM (sauf si tous les titres en question sont passés à 1,29 dollars – ce qui m’étonnerait – et s’il s’agit de titre à 69 cents, c’est encore plus abérant…). Moi qui pensait qu’un client fidèle devait être chouchouté…

Il existe de véritables casse-têtes juridiques dans le domaine du fichier audio sur internet. Ce n’est pas nouveau… Savez-vous par exemple que l’on peut revendre nos MP3 dits « usagés », c’est à dire que l’on ne veut plus ? C’est le site américain Bopaboo, qui a eu l’idée saugrenue de lancer l’acte d’achat du MP3 usagé au prix de 25 cents. Les internautes téléversent (upload) les MP3 qu’ils veulent revendre et reçoivent 20 cents par chanson vendue.

Quand on sait que l’on pouvait télécharger gratuitement et légalement (l’intégrale) des Beatles grâce à l’émission « Our Daily Beatles« , disponible en podcasts racontant l’histoire (en norvégien) des Beatles de façon chronologique avec une chanson en version intégrale dans chaque épisode (212 au total mais seulement 14 avec les chansons parce que NRK avait mal lu son accord). Cela demande des efforts pour obtenir de la musique mais que penser lorsque l’on voit tout ça ?

De plus, on s’aperçoit que le P2P n’est plus le seul moyen pour trouver de la musique à télécharger facilement. Le puissant moteur de recherche Google qui sait tout faire, indexe aussi de nombreux fichiers musicaux et G2P vous aide a entrer le bon code pour trouver des MP3 ou autres fichiers sonores. Est-ce légal ? Si on trouve un CD par terre dans la rue, est-ce du vol de le ramasser et de l’emporter avec soi ?

About Sincever 246 Articles
À la fois discrète, passionnée et rassembleuse, c'est la fondatrice de ce blogue et de musiQCnumeriQC. Plus d'info sur elle via son site perso ou son Twitter.

Be the first to comment

Laisser un commentaire