Coup de coeur AutoProd#5 pour Eric Maïolino

Coup de coeur AutoProduction.Net pour Eric Maïolino

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Une question me taraude : Peut-on évoquer la personnalité de l’artiste lorsqu’on écrit une chronique ? Ou doit-on en rester à des considérations strictement musicales ? Comme dans le cas de Dutrey ou de Yann Mareschal, j’avoue qu’il m’est difficile de faire abstraction de l’homme derrière l’artiste. Après tout, la musique n’est-elle pas l’image de l’âme ? Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup de sympathie pour Eric. Humour, gentillesse, courage et sensibilité, voici ce qui ressort du personnage et qui,inévitablement, se retrouve dans ses chansons. Mais que certains se rassurent (;-) ces quelques lignes ne seront pas pour autant un dithyrambe sans nuances. Eric connait déjà mon avis sur sa production puisque j’avais laissé mes impressions sur la boutique Virtualabel où je m’étais procuré son dernier album. Je reprendrai donc ce que j’avais déjà écrit à cette occasion.

Première constatation à l’écoute du cd : Eric possède une technique vocale irréprochable au service d’un très beau timbre. La voix est aisément reconnaissable avec ce trémolo "à la Véronique Sanson" qui, comme dans lecas de cette dernière me semble malgré tout quelque fois un peu trop omniprésent. Il ne fait aucun doute qu’Eric a les capacités techniques pour le laisser parfois de côté, mais c’est aussi son style, donc…

Deuxième constatation : Un talent certain pour l’écriture des ballades acoustiques qui nous entrainent dans un univers éminemment romantique, dénotant une extrême sensibilité. On se laisse aisément bercer par ces jolisarpèges de guitare où viennent se greffer les superbes interventions de son compère Louis Bariohay. J’avais déjà beaucoup aimé "Où est mon âme" ou "Des clichés", j’ai adoré le duo "Les aimants" dont le superbe texte est mis envaleur par la mélodie et les voix d’Eric et de sa soeur Sonia qui se répondent à merveille.

En revanche, j’ai moins été séduit par les compositions plus "rythmées" (Ange Heureux, Ma vertu) qui, à mon avis, "cassent" un peu l’homogénéité de l’album et nous éloignent de cet univers de douceur et de poésie dans lequel nous avaient plongés les autres titres. Eric m’en a expliqué les raisons : Un désir de se renouveler après son premier opus acoustique. Après tout, on se cherche tous toujours un peu, mais lorsqu’on écrit d’aussi belles chansons que "Les aimants", pourquoi chercher midi à quatorze heures ?

Chronique par Malin Plaisir

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Dans la mouvance des jeunes artistes français, Eric MAIOLINO tire indéniablement son épingle du jeu :à la première visite sur son site internet, devant les photos style "future star", on se demande quelle est encore cette graine de nouvelle star qui va nous infliger ses mièvreries.

Et puis on écoute, et là, même si on n’était pas attentif, on le devient.

Eric MAIOLINO, c’est un son de guitare agréable, une voix, des mélodies et des mots qui appellent, qui parlent avec beaucoup de tact et de délicatesse, qui touchent et qui font mouche.

C’est généreux, c’est sincère, c’est sensible, en un mot : imparable.

Encore plus fort, Eric MAIOLINO n’imite personne, il est lui, il le dit haut et fort, et la non-agressivité de ses messages sans tabou ni hypocrisie incitent à l’accepter et à l’apprécier tout naturellement. En cela, il est un exemple… et nul doute qu’il peut être une référence pour beaucoup.

Alors bien sûr, pas besoin de réécouter 107 ans pour comprendre que ce garçon là, avec un son un peu plus arrangé, une voix un peu plus mûrie, plus affirmée, sera capable de nous sortir un de ces titres dont personne ne sait au préalable pourquoi ils restera, mais on le devine tellement que peut-être il l’écrit déjà…

Chronique par Didier Romilis

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Caro, Responable d’AutoProduction.net) et MiKa (Rédacteur Sincever et artiste) ont choisi de débattre ensemble sur Eric Maïolino et sa musique :

Caro : Eric nous fait entrer dans un univers accoustique avec un romantisme bien a lui. Ayant eu personnellement une longue période à n’écouter que du Daniel Balavoine, je ne peux que tomber sous le charme de cette magnifique voix et la façon dont il s’en sert, Eric Maiolino me fait craquer, on y peut rien, c’est comme ca.

MiKa : Pour sur, nous avons à faire ici à un artiste doté d’une belle voix, accompagné par une musique et une production clean, (mais, ce qui n’est pas non plus un désavantage), destinée essentiellement à un public féminin, car nous avons à faire ici à un gentleman seducteur…Sincère ou pas, la suite nous le dira…

Caro : Sa voix incontestablement dans les aigus donne une personalité certaine à son travail et l’émotion qui en ressort avec l’aide de ses textes parlants des sentiments, renforce le tout. Mais parce que l’on est un homme physiquement très attirant et que l’on chante dans les aigus, ne plait-on réellement qu’aux femmes ?

MiKa : c’est évident, la musique d’Eric M. fait ressortir une certaine nostalgie, langoureuse, parfois plaintive et pouvant en faire frissonner plus d’un(e) car bien sur cette musique n’est pas destinée qu’au public féminin, simplement aux âmes sensibles en général… et il en faut bien pour tous les goûts, le mauvais côté c’est que ce genre de variété peut aussi très vite en agacer d’autres qui verront, en cette musique, le reflet à celle de par exemple de F. Lallane, parfois à la limite du supportable, tellement celle ci peut finir par caricaturer une certaine forme de romantisme ! Fleur bleue…

Caro : Bon, il est vrai, j’ai tendu la perche en dirigeant volontairement la conversation sur les gout Hommes/Femmes ! Ce que j’ai a répondre à celà c’est qu’on ne peut pas plaire à tout le monde et que si on aime pas ce style, on passe son chemin et on surfe un peu sur AutoProdution.net car il y a tous les styles et de grands talents.

MiKa : On retrouve sur un titre comme "c’est vers toi que je vais", des ambiances légères, une orchestration clavier impeccable, et toujours cette voix cristaline… Si la star Academy avait selectionnée ce genre d’artiste, ce genre de variété, ça aurait au moins donné un coup de pouce à des chanteurs qui en valent la peine et qui ont un vrai talent, une vraie personnalité !

Caro : C’est vrai mais je pense que les titres que proposent Eric ne sont pas assez "commerciaux" pour ce genre d’événement. On parle ici de musique qui parle d’amour où l’émotion est l’élément important, Eric fait la musique qu’il aime et pas la musique qui rapporte de l’argent à tout prix !

MiKa : Le but d’un débat étant bien sur d’opposer au minimum un pour et un contre, je me pose bien sur dans le second cas étant pour ma part plus attiré vers des artistes Rock. Mais heureusement la musique est faite pour tou(te)s et il y en a pour tous les goûts. Je souhaite bien evidemment à Eric toute la reconnaissance qu’il mérite !

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Une voix originale pour une composition toute en douceur, tout en velours. C’est avec la première compilation de musiciens.biz que j’ai entendu pour la première fois le bonhomme. Alors évidemment, l’envie d’en savoir plus se fait jour.

Direction donc le site web du bonhomme EricMaiolino.com : 2 albums déjà disponibles, c’est toujours une surprise de s’apercevoir grâce au web qu’un petit nouveau est en fait quelqu’un qui bosse déjà son art depuis un bail.

L’univers d’Eric est à l’image de ce 1er titre, très pop/variété au sens non péjoratif du terme, flirtant assez souvent avec le romantisme (l’amour toujours l’amour comme theme principal), mais, avec les derniers titres, sans dédaigner des pointes d’humour ou d’observation sociale.C’est clairement son timbre de voix qui est une grosse part de la séduction qu’opère aisément Eric. Il n’est jamais aussi bon que lorsqu’il joue au crooner, sort les violons et place une ballade qui nous coupe les pattes.

Même si sur son dernier album en date il s’essaie a différent style, il prend toute sa mesure, sa plénitude lorsqu’il joue la carte velours.

Chronique par SucrePop

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Malin Plaisir a aussi interviewé Eric Maïolino !

Malin : Après "Te tenir la main", tu as mis en ligne ta chanson "Je ne suis pas un homme" dont les textes traitent, dans des registres différents (romantique dans le premier, drôle dans le deuxième), de l’homosexualité. Serais-tu devenu un "chanteur engagé"?

Eric : Merci de ta question lol Non, je ne me considère pas comme un chanteur engagé. Je n’engage que mes sentiments. Il y a probablement un acte militant à parler à la première personne de l’homosexualité dans une chanson et d’autant plus quand on est soi-même homo. Les exemples les plus célèbres sont en effet jusqu’ici l’œuvre d’hétéros (Aznavour par exemple). Mais dans ma vie de tous les jours, je n’ai pas d’action militante sinon, petit à petit, de parler de mon couple autour de moi. En fait, si mes chansons portent un message, elles ne portent pas de revendication. Je décris, au mieux j’émeus ou j’amuse. Si je fais réfléchir, c’est tant mieux mais je ne cherche ni à convaincre ni à donner des leçons.

Malin : "Si je fais réfléchir, c’est tant mieux"… Il y aurait donc dans ton écriture une démarche un peu pédagogique, même si tu ne veux pas "donner de leçon" ? (déformation professionnelle ?)

Eric : Sinon dans l’écriture, dans la démarche oui. Les clichés ont la vie dure quand on parle des homos. Alors qu’ils commencent à peine à sortir d’une clandestinité teintée de scandale, on les bombarde experts en je-ne-sais-quoi sur TF1 ou on appuie sur la Pédale Douce (ou dure?) en se la jouant folle hystérique, talons hauts et sexualité débridée. Beaucoup ne comprennent pas qu’au lieu de réclamer un droit à la différence, on puisse réclamer un droit à la banalité. Mais c’est justement parce que je ne suis pas comme tout le monde que j’ai envie qu’on me traite comme tout le monde. Il faut du temps pour changer les représentations du grand public : parlez de mariage gay, beaucoup penseront encore au canular de Coluche et Le Luron. Comment parler d’égalité des droits dans ces conditions ? Il faut donc petit à petit que les gays eux-mêmes parlent de leur vie pour changer les choses.

Malin : Tous les textes de ton album "ange heureux" sont marqués du sceau du romantisme. Ta dernière chanson "Je ne suis pas un homme" semble indiquer un tournant dans ton écriture, puisque tu abordes sur un ton nouveau (humour) un fait de société. Sont-ce les prémices d’un "nouvel" Eric Maïolino ?

Eric : "Non, je n’ai pas changé" comme dirait l’autre. Il y a bien un tournant dans mon écriture mais c’est pour coller encore plus à ce que je suis. Tout s’est joué cet été. Quelques mois après la sortie de mon album, cette image de "chanteur romantique" semblait en effet s’imposer. Pourtant, elle n’était pas préméditée et ne correspondait pas à l’attitude que j’ai dans la vie de tous les jours. Je me suis donc donné comme objectif d’écrire de nouveaux titres soit en abordant de nouveaux thèmes (j’écris en ce moment sur la perte de mémoire) soit sur un ton humoristique.
Pourtant, il faut nuancer un peu. J’avais déjà un ton décalé sur le titre "Ma vertu" qui raconte comment un homme se fait draguer par un autre homme. Mais l’écriture était moins directe. D’autre part, c’est la coïncidence avec la médiatisation des "nouveaux hommes" genre Beckham qui m’a poussé à écrire "Je ne suis pas un homme" dont j’avais déjà l’idée depuis longtemps. Je n’ai absolument pas la prétention d’y analyser un fait de société. Finalement je continue à parler de moi.

Malin : Comment procèdes-tu lorsque tu composes? Ecris-tu d’abord le texte sur lequel vient ensuite se greffer la musique, ou l’inverse ?

Eric : Pendant longtemps, j’ai quasi exclusivement écrit d’abord les textes avant de les mettre en musique. Ce qui fait que j’ai surtout tendance à me considérer comme un auteur. Mais de plus en plus, je commence avec l’idée d’une chanson, quelques mots ou quelques phrases et je cherche une musique qui corresponde à ce thème. Ensuite, j’écris les paroles en respectant au maximum la mélodie. Cette façon de faire me permet d’obtenir des textes plus variés car, sans musique, j’ai tendance à écrire des textes qui ont une forme assez classique.

Malin : A l’écoute de ta musique, on pense immédiatement à Pierre Perret ou David et Jonathan… Revendiques-tu d’autres influences dans le rock underground français ?

Eric : Merci de citer David et Jonathan. Ils ont prouvé que des couples formés de deux hommes pouvaient obtenir un beau succès populaire en chantant leur amour (même si ce n’était qu’un amour de vacances). Je pense aussi à Félix Gray et Didier Barbelivien qui ont beaucoup fait pour la cause homo en reniant leur passé d’hétéros et toutes les filles qu’ils ont aimé avant
Non, pour ceux qui croient que tu parles sérieusement de Pierre Perret (encore que je me demande), voici mes vraies références françaises : celles de mon enfance d’abord, Starmania et Cabrel. A l’adolescence, j’ai craqué pour les couleurs entre gris clair et gris foncé de Goldman avant d’adorer plus récemment Daran, Zazie ou le dernier album de l’Affaire Louis Trio.

Malin : Daran, Zazie, (voire Félix Gray parfois 😉 c’est assez électrique tout ça… On te voit également sur une photo de ton album arborant fièrement une 6 cordes électrique. Aurais-tu des velléités de remiser ta guitare en bois au placard ?

Eric : L’une n’exclut pas l’autre : les guitares acoustique et électrique ne sont pas ennemies. Au contraire, j’aime particulièrement le mélange des deux. Mon premier disque était entièrement à deux guitares acoustiques. C’était Louis Bariohay qui m’accompagnait. Pour mon deuxième album autoproduit, j’ai voulu changer de couleur et tenter un chemin entre l’acoustique et l’électrique. Comme je me sentais moins à l’aise sur la guitare électrique, j’ai donc confié la totalité des guitares à Louis.

Malin : Parle-nous de cet excellent guitariste qu’est Louis Bariohay

Eric : Voilà 15 ans que je le connais. Quand j’ai voulu commencer la guitare à 16 ans dans l’espoir secret de jouer le solo final de Puisque Tu Pars, je me suis rendu dans un magasin de musique d’Antibes où Louis donnait des cours. Il m’a joué le Prélude n°1 d’Heitor Villa-Lobos et je suis tombé immédiatement amoureux de la guitare classique qui ne me quitte désormais plus. Louis m’accompagne toujours d’ailleurs puisque je continue à prendre des cours avec lui, qu’il m’aide à arranger mes chansons et qu’il participe à tous mes disques. Parallèlement, il poursuit sa carrière de guitariste compositeur de jazz avec déjà 7 albums à son actif, des concerts, des festivals comme celui de Nice. Particulièrement inspiré et virtuose dans la musique brésilienne, le flamenco ou le jazz manouche à la Django où il excelle, il a une culture musicale très étendue qui va jusqu’à Led Zeppelin par exemple. C’est cette richesse qui est la caractéristique de sa musique et qui rend ma collaboration avec lui passionnante.

Malin : Quoi ? Villa-Lobos jouait dans Led Zeppelin ? (ou n’aurais-je pas tout compris ?)

Eric : Non effectivement, tu n’as pas tout compris. Je t’explique : Villa-Lobos (1887-2057) est un compositeur brésilien d’Antibes-Juan-Les-Pins dont le premier titre "Puisque Tu Pars" a été écrit en hommage à Louis Bariohay un jour où il était sorti acheter des cigarettes. Il n’a pas joué dans Led Zeppelin mais par contre le chanteur de Led Zep, Django Reinhardt, apparaît sur son titre le plus connu "Escalier pour le Ciel". Ou alors c’était Line Renaud, j’ai un doute 🙂

Malin : Tu sembles très actif sur Internet. Que t’apporte le "ouaibe" ?

Eric : C’est une source d’échange formidable. J’ai créé mon site avec un ami et je le développe seul désormais. Cela m’a d’abord permis d’avoir des retours immédiats sur ma musique dès la sortie de mon album et ça continue avec la mise en ligne des maquettes de mes nouveaux titres. En dehors de la scène, c’est un moyen de contact rapide avec le public et qui abolit la distance : quel bonheur de recevoir des emails d’encouragement du Brésil ou des Etats-Unis ! En plus de cela, je participe à des listes de discussion qui abordent des tas de sujets musicaux et permettent d’échanger des conseils ; je collabore aussi à certains projets par le biais du Net et je découvre de plus en plus de musiciens grâce aux sites de nouveaux talents. J’aide d’ailleurs à en faire connaître certains par le biais de chroniques sur mon blog ou sur ces sites. Bref, rien que du plaisir !

Malin : Quid de la scène ? Te produis-tu souvent ?

Eric : Malheureusement pas assez. Mon prochain concert sera en duo acoustique avec Louis Bariohay. Ce sera le jeudi 21 avril au Bar en Biais à Antibes ; entrée 10 € (voilà pour la pub!). Je jouerai mon répertoire pendant à peu près une heure avant de participer à une scène ouverte où tous les musiciens volontaires sont invités pour des bœufs chanson ou jazz. Mais il existe peu de salles aussi ouvertes à des artistes débutants dans la région ou alors il faut avoir un groupe rock ou reggae et jouer dans les pubs. Et comme mon activité principale n’est pas la musique, je n’ai pas autant de temps qu’il faudrait pour démarcher. Mais je fais le maximum !

Malin : Avant de clore cette interview, je ne peux pas ne pas te poser la question emblématique de Jacques Chancel: Et Dieu dans tout ça ?

Eric : Eh bien, mon cher Jacques, malgré ce que disent les religions, j’ai tendance à penser que si un dieu étudie nos actes, il doit être plutôt content de ce que je fais. Je le crois plus tolérant que beaucoup d’hommes. Mais pour en être sûr, je préfère attendre le plus longtemps possible. Alors je ne te dis pas "à Dieu".

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À la fois discrète, passionnée et rassembleuse, c'est la fondatrice de ce blogue et de musiQCnumeriQC. Plus d'info sur elle via son site perso ou son Twitter.

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