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Les billets d’Eric_M

by Sincever |
Billets d’Eric_M!

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Ross Godfrey de Morcheeba : « La vieille musique est probablement la meilleure »

by Eric_M |

Le 10 juillet dernier, Morcheeba fermait la scène électro d’un Nice Jazz Festival quasi-complet (lire la chronique du concert). Gros succès pour le groupe britannique qui a conclu avec son méga-tube Rome wasn’t built in a day. Né dans la mouvance du trip-hop des années quatre-vingt dix, le groupe a été fondé par les frères Paul Godfrey aux platines et Ross Godfrey à la guitare avec la chanteuse Skye Edwards. Après avoir quitté le groupe pour deux albums, Skye revient pour leur septième disque Blood like limonade. L’occasion de poser quelques questions à Ross Godfrey après leur concert très réussi.

Bonsoir et bravo pour votre concert. C’était une grande scène ce soir même si vous en faites de plus grandes. Vous arrive-t-il de jouer dans des petites salles ?

Dans chaque pays, on joue dans des lieux différents en fonction de notre popularité. On aime jouer dans des petites salles comme des théâtres parce que le son y est très bon. Mais ce soir c’était un gros concert et on apprécié l’euphorie de la foule. S’ils prennent du plaisir, on en prend aussi.

Et faites-vous un concert différent quand vous jouez dans de petites salles ?

Oui et on joue aussi les chansons différemment. Il y a pas mal d’improvisation et l’énergie change. Si tout le monde chante doucement dans le théâtre, on joue très lentement et si tout le monde se lève et saute de partout, on joue très vite.

Comment est né ce septième album ?

Moi frère et moi, on a écrit beaucoup de chansons il y a deux ans. On ne voyait plus Skye et on ne savait pas si elle chanterait sur cet album ou pas. Un jour, je suis tombé sur elle à Londres. Elle est passée devant moi dans la rue et elle m’a dit bonjour. On s’est embrassé et on est allé dans un restaurant. On a vraiment beaucoup bu. Je lui ai dit qu’on adorerait qu’elle chante sur notre prochain album et elle a accepté. Mon frère a jeté les chansons qu’on avait et il a dit : « écrivons-en de nouvelles ». C’était fin 2009 et on a écrit toutes les chansons de l’album assez vite parce qu’on craignait que si on ne le faisait pas tout se suite, ça ne se fasse pas.

Est-ce que cette séparation avec votre chanteuse a été nécessaire à la création de cet album ?

On avait besoin de ce temps de séparation car depuis que j’ai 18 ans nous avons vécu dans un bus à voyager à travers le monde. On a passé dix ans à côté les uns des autres et on a fini par ne plus s’apprécier autant qu’au début. Donc il a fallu qu’on passe du temps chacun de notre côté et quand on s’est retrouvé ça a été très créatif, on a très bien écrit ensemble. Peut-être avait-on besoin de ce temps de séparation pour retrouver la magie.

Vous venez de jouer dans un festival de jazz. Est-ce que le jazz influence votre musique ?

La plus grande influence jazz de Morcheeba, c’est l’espace qu’il y a dans des albums comme In a silent way de Miles Davis. C’est si beau. Parfois avec Morcheeba on essaie d’avoir ces grands espaces comme ça, c’est très minimal. Ma chose préférée dans le jazz c’est probablement la possibilité de créer des ambiances et In a silent way est probablement mon ambiance préférée au monde. On écoute chacun beaucoup de jazz. Skye aime beaucoup Nina Simone ou Ella Fitzgerald. Elle est très influencée par ces anciennes chanteuses. Et quand vous aimez la musique, il faut admettre que la vieille musique est probablement la meilleure.

Comment avez-vous été initié au jazz ?

Mon père est fan de jazz depuis que je suis tout petit. Il écoutait par exemple Charlie Parker et John Coltrane. J’écoute surtout de la musique ancienne, je n’écoute pas trop de musique moderne. Grâce au blues et au jazz, vous pouvez dire comment étaient les gens au cours des 70 dernières années et ils étaient incroyables. Mon artiste préféré est Jimi Hendrix, des chansons comme Machine Guns sonnent come du jazz, c’est très étrange, ça vient d’une autre planète. La musique n’a pas de frontière. Il n’y a pas de guerre entre les genres car on peut transcender tout ça. Un artiste comme Jimi Hendrix peut transcender le blues et le jazz, le rock. Seuls les journalistes essaient de définir la musique, les musiciens pas forcément, ils jouent tout simplement.

Merci beaucoup Ross.

Propos recueillis et traduits par Eric_M

Morcheeba : le site officiel en anglais
Nice Jazz Festival 2011 : au 3e jour, j’ai choisi l’éléctro : ma chronique du concert
Photo par Photoxygen

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Nojazz à Nice : « On fait du jazz mais on fonctionne comme un groupe de rock »

by Eric_M |

Le 10 juillet dernier, le Nice Jazz Festival choisissait de mettre en avant le Nu Jazz et l’électro. Le premier groupe à lancer la soirée était Nojazz (lire la chronique du concert). Le groupe est formé de quatre français, le saxophoniste Philippe Sellam, le DJ Philippe Balatier (ailas Balatman), le trompettiste Sylvain Gontard, le percussionniste Pascal Reva et d’un chanteur anglophone HKB Finn. Après un show haut en énergie, métissé et dansant, trois d’entre eux sont venus répondre avec enthousiasme et gentillesse aux questions de la presse sur leur passé, leur présent et leur futur.

Bonsoir Nojazz. Vous êtes cinq dans le groupe, comment vous êtes-vous rencontrés au départ ?

Philippe Sellam : On était amis mais on ne faisait pas la même musique. Il y en a qui venaient du rock, du jazz, de l’électro et on a eu envie de faire quelque chose ensemble. C’était une époque où l’électro-jazz démarrait, il y a une dizaine d’années et on s’est retrouvé à mélanger tous ces styles, à essayer des choses, on savait pas trop où on allait et l’expérience nous a vraiment plu. C’est un peu du hasard.

Philippe Balatier : Ca été magique dès la première répète. Philippe arrivait avec son background très Charlie Parker et moi avec mes machines. Il a joué du be-bop, j’ai joué de la drum and bass et ça a été une évidence de continuer. Après il a fallu travailler pour faire des morceaux et pas seulement de l’impro mais ça dure depuis dix ans, c’est pas mal.

Philippe Sellam : Depuis, on a été rejoint HKB Finn qui habite Londres. Moi j’habite Paris avec Sylvain et les deux autres sont dans le sud. Donc on se retrouve aux quatre coins de France et d’Europe pour faire nos trucs.

HKB Finn, comment avez-vous rencontré le reste du groupe ?

HKB Finn : Je les ai rencontrés par l’intermédiaire du trompettiste Guillaume Poncelet. On a fait un concert ensemble avec Electro Deluxe et il m’a parlé de son projet avec Nojazz.

Philippe Sellam : Il a participé à un concert qu’on a fait il y a quelques années à la Cigale et on ne l’a plus laissé repartir.

Comment avez-vous choisi le nom de votre groupe ?

Philippe Balatier : Le nom Nojazz est arrivé super vite dès cette fameuse première répète. On a dit à ceux qui venaient du jazz : « vous jouez un peu trop jazz, il faut laisser de la place aux nouvelles technologies. Sinon, faites votre groupe de jazz et nous on s’en va. »

Philippe Sellam : C’est parti d’une blague à vrai dire. Nojazz c’est uniquement pour provoquer, pour s’amuser parce qu’on ne se serait pas appelé Nojazz si on ne voulait pas faire du jazz. Il y a du jazz dedans évidemment. Les puristes nous ont reproché pendant pas mal de temps de faire quelque chose d’un peu décalé et en plus on s’appelait Nojazz. Avec le temps évidemment, les choses sont rentrées dans l’ordre. Le jazz c’est la provocation avant tout. C’est un peu macho au départ de faire une jam : j’arrive et je m’impose. Ca peut déranger mais les gens finissent par accepter.

Comment s’est passé l’enregistrement de votre premier album ?

Philippe Balatier : C’est arrivé super vite. Deux mois après notre première répète, on joue au Sunset. Un mois après, Teo Macero, le producteur de Miles Davis, vient nous voir au Citéa et six mois après on est à New-York pour enregistrer l’album. Il n’y a pas eu de calcul, c’est comme ça que les choses se passent. Il faut voir que Teo Macero a pris Miles et l’a tordu. Maintenant on s’amuse avec des samples, lui il coupait les bandes au ciseau, c’est incroyable. Il  est venu nous voir au Citéa à 23h, lui normalement à 23h il va au lit. Il a été scotché jusqu’à une heure du matin. A 75 ans, il dansait devant nous comme un fou et six mois après on était avec lui à New York. C’était magique.

Qui compose dans le groupe ?

Philippe Sellam : Philippe et moi principalement mais tout le monde met son petit grain de sel, c’est assez collectif. C’est un groupe, Nojazz.

Philippe Balatier : On fait du jazz mais on fonctionne comme un groupe de rock. Avec des individualités et des discussions à n’en plus finir. C’est quand chacun joue son instrument comme il a envie qu’il se passe quelque chose. A partir du moment où on a des gens en face, il n’y a plus du tout de discussion, il n’y personne qui ramène la couverture à soi. On fonctionne comme une entité. Finn par exemple est assez imposant mais il sait rester en retrait jusqu’à ce qu’on lui dise d’y aller. C’est vraiment un cinquième du groupe.

Parmi toutes les rencontres que vous avez faites, laquelle vous revient à l’esprit ?

Philippe Sellam : Il y a eu énormément de rencontres, on a eu beaucoup de chance. Teo Macero c’était une rencontre inoubliable. On a aussi rencontré Maurice White le leader de Earth Wind And Fire, Stevie Wonder, Claude Nougaro. Ce sont des rencontres qui nous ont marqués et qui nous ont fait beaucoup avancer.

Philippe Balatier : Même s’il faut travailler pour qu’on puisse garder une identité et un son à nous. Tous ces artistes qu’on admire étaient prêts à une ouverture. Quand Earth Wind And Fire est arrivé sur scène, on s’est demandé : « Qu’est-ce qu’ils font ? C’est pas du disco, c’est pas de la funk » et pourtant ça groovait. Claude Nougaro aussi, ce qu’il faisait était unique. Il était toujours en demande de nouvelles choses. Avoir collaboré avec lui, c’est évidemment un honneur pour nous. Quand on se retrouve chez lui, qu’on lui fait écouter notre petite maquette et qu’il dit : « Mais ça groove les gars », on a gagné un truc. Et Stevie Wonder, c’est énorme pour nous. Quand on était en studio avec lui, je me suis dit c’est bon, tu peux arrêter la musique.

Comment avez-vous trouvé le public ce soir ?

Philippe Sellam : C’était un public très ouvert, on l’a bien senti, c’était un vrai plaisir, il répondait, il était content. Quand on voit des gens comme ça, on ne peut pas juste donner un petit peu. On est vraiment un groupe de scène. Il y a plein de gens qui font de l’électro en bidouillant des trucs chez eux et c’est très bien mais notre plaisir il est sur scène avant tout.

Philippe Balatier : Faire le In, c’était un peu un pari et pour nous, il est gagné.

Vous avez aussi participé au festival Off.

Philippe Balatier : On a eu l’honneur de faire une Master Class au Conservatoire. Pendant quatre jours, il y avait vingt élèves qui ont repris notre répertoire et on a « Nojazzifié » deux titres de Miles Davis avec eux.

Philippe Sellam : Moi-même, j’ai appris en écoutant des grands maîtres du jazz. On a envie de faire la même chose, de donner notre savoir et notre expérience. Ces jeunes sont tellement positifs, ils ont tellement soif de musique qu’on ne pas refuser de leur donner des choses.

Philippe Balatier : On a été agréablement surpris. La musique d’aujourd’hui est vraiment ouverte. Notre groupe est une preuve d’ouverture aussi. Moi je ne viens pas du tout du jazz, Philippe ça fait vingt ans qu’il fait du jazz. Les élèves, eux, ont un cursus vraiment jazz mais ils étaient complètement ouverts à une approche électro, super curieux tout en ayant une culture vraiment jazzy. Ils ramenaient même des potes le lendemain pour écouter. Emotionnellement c’était super et musicalement, j’avais les poils jusque-là tous les jours.

En dehors de Nojazz, vous avez des projets personnels ?

HKB Finn : J’écris pour le théâtre, je chante dans une chorale classique et j’ai mon propre groupe mais j’adore me produire avec Nojazz principalement parce que je me posais cette question : « à quoi ressemblera le jazz du XXIe siècle ? » et Nojazz est une partie de la réponse.

Philippe Balatier : Je travaille avec un projet flamenco électro, il y a dix danseuses sur scène qui dansent du flamenco sur de la musique électro. C’est une bonne énergie ça aussi. Toutes ces énergies ensemble, ça fait grandir.

Philippe Sellam : On aime bien apprendre des choses. Travailler avec d’autres gens c’est apprendre à s’adapter. Mais c’est surtout Nojazz qui nous accapare.

Quelle est l’actualité du groupe ?

Philippe Balatier : On a enregistré un album live au Sunset en avril. On y a joué quatre jours avec un invité différent chaque soir : Jean-Marie Ecay, Andy Emler, Benoît Sourisse, Mangu qui est un rappeur dominicain et Maraca un flûtiste cubain. On est en train de mixer l’album. Après dix ans, on nous demande vraiment du live parce que ce qu’on fait en live et ce qu’on fait sur l’album c’est pas pareil. Donc pour la première fois, on va sortir un vrai album live.

Et quels sont vos projets ?

Philippe Balatier : On va partir en tournée à la Réunion, Maurice et Madagascar fin septembre.

Philippe Sellam : Si sur place, on rencontre des gens qui nous plaisent et qui ont quelque chose à dire, quelque soit leur origine musicale, on essaiera de les intégrer ne serait-ce que sur un morceau. Faire un jam, c’est la démarche du jazz.

Merci Nojazz !

Nojazz sur Myspace et sur Facebook
HKB Finn : le site
Nice Jazz Festival 2011 : au 3e jour, j’ai choisi l’éléctro : ma chronique du concert

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Carlinhos Brown à Nice : « C’est la France qui m’a découvert »

by Eric_M |

Depuis quelques années, il est l’emblème de la nouvelle scène brésilienne. Carlinhos Brown est né dans l’une des favelas de Salvador de Bahia et, grâce à son sens inné de la musique et à son travail, il est devenu célèbre dans le monde entier. Sa samba modernisée, frottée  au funk, a séduit de Joao Gilberto à Sergio Mendes en passant par Angélique Kidjo et s’entend désormais à Hollywood. Il était le 9 juillet l’invité du Nice Jazz festival : après son fabuleux concert (lire la chronique), il avait hâte de rencontrer la presse pour partager son bonheur, comme il partage désormais son succès avec les enfants de son quartier natal. Une très belle rencontre.

Bonsoir Carlinhos Brown. Le public vous a adoré ce soir. Et vous comment-avez-vous trouvé le public ?

Superbe. C’est un public de plage, un public de soleil. La célébration de la musique c’est un tout, le temps qu’il fait compte aussi. Je me suis donné à fond, j’ai même chanté des chansons que je ne connaissais pas bien. C’est un grand plaisir d’être là. Ce festival est toujours très agréable, Nice est une ville très belle. Quand j’ai su qu’on venait ici, j’ai beaucoup remercié parce de l’autre côté de l’océan on parle beaucoup de la crise en Europe. Ce qui me fait venir en Europe, ça n’est pas de l’argent. Je viens ici parce je suis bien accueilli depuis longtemps. Je pense qu’il y a une crise qui ne va jamais toucher les européens, c’est la crise de l’amour. Toutes les crises passent mais l’amour c’est une continuité chez les gens.

Qu’aimez-vous en particulier dans les festivals ?

Je crois qu’aujourd’hui la musique revient à sa forme primitive. Le public veut de plus en plus retrouver ce qui est inédit. Aujourd’hui la distribution des disques est difficile et même les nouveaux médias ne s’occupent pas de faire connaître la musique qui se fait dans le monde. Les festivals sont importants car ils permettent encore d’apporter la nouveauté au public.

Que représente la France pour vous ?

Je suis très reconnaissant vis-à-vis de la France car ce sont les français qui ont découvert le talent que j’avais pour la musique. Pour la promotion de mon premier disque, ma première tournée en France a été très importante. Avec la culture française, j’ai appris l’opportunité et le développement artistique et aujourd’hui, je suis un artiste mondialement reconnu. Beaucoup de grandes choses se sont passées pour moi en France. J’ai rencontré Johnny Hallyday, Etienne Roda-Gil et même l’écrivain Jorge Amado. Un jour, je déjeunais avec le journaliste Rémi Capa. On m’a servi une salade de chèvre chaud et jusqu’à aujourd’hui ça reste pour moi une des meilleures choses de la cuisine française. J’en ai mangé trois et à la troisième, j’ai vu Jorge Amado. J’ai prévenu Rémi et il m’a dit : (il l’imite) « oui, Jorge Amado habite ici ». Alors je suis allé parler à Jorge Amado. Je lui ai embrassé les mains – il n’a pas aimé – mais résultat, plus de vingt-cinq ans après, sa petite fille Cecilia Amado, qui est réalisatrice, m’a confié toute la bande sonore de son film Capitaines des sables.

Ca n’est pas votre seule collaboration pour le cinéma.

Cette année, j’ai eu la chance de faire des bandes sonores pour Hollywood. Il y a d’abord eu le film d’animation Rio de Carlos Saldanha. J’ai écrit sept chansons et parmi elles un standard qui s’appelle Ararinha. Et il y a quelques semaines, la Fox m’a demandé d’écrire pour l’Oscar.

Est-ce James Brown qui vous a inspiré votre pseudonyme ?

Pendant longtemps j’ai pensé que oui mais depuis j’ai découvert un Henry Box Brown. Il vivait en Virginie aux Etats-Unis. C’était un esclave qui avait acheté la liberté de la femme qu’il aimait. Mais elle a été envoyée dans un autre marché d’esclaves en Caroline du Nord. Pour gagner sa liberté, il a alors quitté la Virginie la tête à l’envers dans un colis postal, une boîte en bois qui contenait un litre d’eau et douze bananes. C’est pour ça qu’on l’appelle Box Brown. C’est lui qui a créé la pensée afro-américaine. Il n’acceptait pas l’Amérique telle qu’elle était, il voulait aussi une Amérique des afro-descendants. Je m’apparente beaucoup à la musicalité de James Brown mais cette histoire de liberté et d’amour me ressemble davantage.

L’amour est-il l’un des thèmes principaux de vos chansons ?

Oui mais pas seulement l’amour d’un homme pour une femme. C’est l’amour d’une façon plus générale. Je n’ai pas été à l’école longtemps, je n’ai pas étudié la littérature donc j’écris plutôt ce que je ressens.

Votre musique est très basée sur les percussions. C’est important pour vous ?

La percussion la plus importante pour moi c’est la mélodie. C’est dans la mélodie que je joue le mieux la percussion. Les rythmes africains font partie de l’inconscient collectif et en étant né dans un pays d’une telle diversité de rythmes, j’ai fini par absorber tout ça.

Comment vivez-vous ce succès qui est le vôtre ?

Moi qui suis sorti d’un milieu démuni, en-dessous du seuil de pauvreté, et qui suis maintenant dans une très bonne situation, il faut que je puisse transmettre ça. Mais mon pays profite très peu de moi pour ça. Je ne vais pas mettre la faute sur le pays, c’est une république naissante qui vient de vieilles dynasties. Etre un dirigeant au Brésil c’est très difficile car on dit tout de suite : « c’est le roi de ceci ou de cela ». Cela dit je suis content d’avoir maintenant une femme à la présidence et j’aime beaucoup ce que Lula a fait avant aussi.

Parlez-nous de votre expérience dans votre communauté de Candeal.

C’est le lieu où je suis né. L’histoire de Candeal est simple : l’endroit est né dans le contexte du trafic d’esclaves au Brésil. Deux sœurs de Côte d’Ivoire ont été prises en tant qu’esclaves. Il se trouve que la troisième sœur était une reine là-bas. Elle s’est inscrite au Brésil en tant que bonne dans une maison pour pouvoir racheter ses deux sœurs. Elle ne les a pas trouvées donc elle a acheté ce quartier qui s’appelle Candeal. De ce que je me rappelle, Candeal se trouvait dans la même situation sociale qu’au XVIIe siècle : sans eau courante, sans réseau d’égouts, sans éducation, avec des moustiques partout. Depuis, j’ai eu l’opportunité de faires des écoles, des maisons, des animations culturelles. Grâce à notre association internationale, nous avons pu mettre gratuitement à l’école 2500 enfants et on travaille avec près de 6000 familles. Ca a commencé il y a déjà trente ans et c’est un succès. Mais il vaut mieux que vous alliez là-bas un jour pour connaître ce projet et voir la réalité de près.

J’espère pouvoir le faire. Merci beaucoup Carlinhos Brown !

Carlinhos Brown : le site officiel en anglais
Nice Jazz Festival 2011 : un 2e jour blues et world au top : ma chronique du concert de Carlinhos Brown
Merci au traducteur présent lors de l’interview!

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Nice Jazz Festival : un 5e jour funky à fond

by Eric_M |

Grosse soirée hier pour la dernière du Nice Jazz Festival. La programmation me semblait moins grand public que la veille avec Seal pourtant il y avait encore plus de monde puisque les 9000 places disponibles ont toutes été vendues. Il faut dire qu’entre les maîtres du jazz d’un côté et ceux du funk de l’autre, le programme était plus que chargé. Encore plus que les autres fois, j’ai dû trancher et j’ai choisi évidemment la scène Masséna où passait mon Keziah Jones adoré. Mais à part lui, vous vous demandez sûrement qui jouait en ce mardi 12 juillet. Voici la réponse.

Le théâtre de Verdure était consacré à trois grands maîtres du jazz. Pour la première fois depuis le début du festival, je n’ai pu en voir aucun. Le trompettiste Roy Hargrove ouvrait le bal. Spécialiste des collaborations, il était même venu à Juan pour un spectacle en compagnie de Mc Solaar. Et vu comment son quintette semblait groover, il aurait eu toute sa place sur la scène funk de Masséna. Le pianiste Ahmad Jamal suivait. Il s’est fait connaître lorsque Miles Davis a repris plusieurs de ses thèmes (pas mal). A 80 ans, il est une référence pour Keith Jarrett (re-pas mal). Seul problème : il jouait en même temps que Keziah Jones! Enfin, Wynton Marsalis concluait la soirée avec le Lincoln Center Jazz Orchestra de la Nouvelle Orléans. Vu sa notoriété, j’avais bien prévu d’assister au début de son concert mais le théâtre de Verdure était littéralement plein à craquer : les gens étaient assis jusque dans l’allée destinée à circuler et debout devant les entrées, je n’ai donc même pas pu apercevoir la scène! Dommage car les quelques minutes écoutées étaient vraiment ultra-swing.

C’est à la scène Masséna que j’ai  passé la quasi-totalité de ma soirée. Le début était très soul. Aloe Blacc a été la vraie révélation du jour. En chapeau noir et veston gris, il chante une soul à la fois moderne et intemporelle. Sa voix concentre toute l’énergie de sa jeunesse et toute l’expérience qu’il a acquise à l’écoute des anciens. Sur scène, bien entouré de ses six musiciens dont deux cuivres, c’est une pile électrique qui chauffe le public à blanc. Il se paie même le luxe de demander à la fosse de laisser une allée libre pour les danseurs volontaires : façon Soultrain, chacun est invité à venir improviser une choré perso. Merci de ce moment, ça m’a permis de m’approcher tout près des barrières. Enfin, les tubes Loving you is killing me et I need a dollar achèvent de mettre le feu. Gros succès! J’ai acheté l’album dans la foulée!

J’étais prêt pour celui que j’attendais depuis le début du festival, Keziah Jones. Je l’avais déjà vu en trio deux fois au festival de Nice (ancienne version). Cette fois, il n’avait pas de nouvel album à présenter et a choisi une tournée solo. Sous l’un des ses nombreux chapeaux, il portait un ensemble orange aux motifs africains. Quelques temps plus tard, il déboutonnera évidemment la chemise. Dès le départ, il nous annonce qu’il va jouer des titres anciens, des titres nouveaux et des titres « empruntés ». Il commence en effet avec deux chansons de son premier album avant de se lancer dans des reprises sans filet, freestyle : c’est bien l’esprit du jazz, précise-t-il. Il nous offre ainsi Ain’t no sunshine créé par Bill Withers ou encore When doves cry  de Prince que je connaissais par Patti Smith. C’était pour moi un très très grand plaisir de l’entendre en solo vu combien j’admire son jeu de guitare qui fait de lui un homme orchestre. (Certains taxeront d’ailleurs cette chronique de non-objective, ils auront raison). C’était aussi un grand plaisir pour lui vu le sourire qui ne l’a pas quitté.

Rejoint par son percussionniste au sixième titre, Keziah Jones joue encore un titre ancien puis des plus récents. Véritable métronome, j’ai trouvé le percussionniste un peu trop discret mais cela a laissé toute sa place à Keziah. Le concert culmine sur une version incroyable de Kpafuka qui lui vaut de casser sa première corde. En un titre, il démontre à quel point il est la fusion incarnée du funk allié aux rythmes africains : le blufunk est vivant! Il calme ensuite le jeu avec deux ballades en Yoruba, sa langue natale au Nigeria. Mais les tubes ne tardent pas : Beautiful Emilie, My kinda girl et l’inévitable Rhythm is love avec les cœurs du public. Le temps de faire tomber la chemise, il revient pour des rappels une cigarette à la bouche. Il se la fait alors façon Hendrix en jouant avec la guitare dans le dos : il commence par faire chanter des impros vocales au public avant dans se lancer dans All along the watchtower immortalisé par le maître. Je suis aux anges, j’ai vu le dieu du blufunk. Vivement la prochaine apparition.

Enfin, il restait à Maceo Parker le soin de clôturer cette nouvelle édition du festival. Connu pour avoir été notamment le saxophoniste de James Brown, Maceo Parker suit sa propre carrière solo depuis vingt ans. Son groupe, pour la plupart de New York City, est évidemment d’une précision absolue, à commencer par le bassiste, véritable machine de guerre à lui tout seul. Notons aussi le tromboniste qui est souvent en duo avec Maceo quand il joue les parties rythmiques. Comme chaque musicien, les deux choristes (homme et femme) auront aussi leur moment d’exposition. Mais c’est Maceo qui chante la plupart des titres. J’ai d’ailleurs été étonné qu’il ne chante plus qu’il ne joue. Les solos de saxo ont même été réservés au début et à la fin du concert. Le spectacle mêle ses propres compositions à des hommages : James Brown bien sûr, Ray Charles (qu’il chante en mettant ses lunettes noires) ou encore Prince qu’il accompagne sur scène depuis dix ans. Les tourneries funky obligent toute la foule à remuer et enfin, juste avant les rappels, il nous présente son frère à la batterie : il le laisse en solo devant quelques milliers de personnes subjuguées. Maceo Parker revient pour un rappel et le succès est total. De mon côté, il m’a manqué un petit quelque chose, soit la voix et la présence scénique d’un James Brown soit la folie d’un groupe comme le Parliament de George Clinton. Mais j’ai beaucoup aimé!

Finalement, ce nouveau festival aura été pour moi un très beau moment. J’ai apprécié le nouveau site, plus accessible notamment pour se garer. Par contre, en venant de Cannes, j’ai eu de longs bouchons sur l’autoroute quatre soirs sur cinq, ce qui m’a parfois fait perdre le début des concerts. Je regrette aussi que les concerts aient été programmés en parallèle et non en décalé mais j’ai finalement accepté de ne voir que la moitié de ce qui était proposé, notamment les soirs où le théâtre de Verdure était réservé au jazz plus classique. Quant aux rencontres de presse, elles avaient bien commencé mais les gros artistes de la fin du festival nous ont un peu boudés. Dommage mais rien ne remplacera le festival 2006 avec les rencontres de Toto, Suzane Vega, Jehro ou encore Popa Chubby. Enfin, grâce à mon tout nouveau téléphone, j’ai pu envoyer mes premiers tweets en direct, c’était sympa. Quant à la programmation, elle a été exceptionnelle notamment le soir blues et world. Je réécouterai sûrement Asa, Carlinhos Brown et Aloe Blacc et j’ai désormais la discographie complète de Keziah Jones!

Liens
Nice Jazz Festival : l’indispensable site officiel avec photos et vidéos
La setlist du concert de Keziah Jones sur mon blog
All along the watchtower par Keziah Jones : l’extrait vidéo de l’émission de Guillaume Durand où le micro était tenu par John McLaughlin, le parrain du festival
Nice Jazz Festival 2009 : Keziah Jones amène le funk du Nigeria à Nice : ma chronique sur Zik’n'blog
Keziah Jones au Nice Jazz Festival 2004 : ma chronique sur mon ancien blog

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Nice Jazz Festival 2011 : au 4e jour, un supplément de soul

by Eric_M |

Hier soir à nouveau, le Nice Jazz Festival a joué la complémentarité entre ses deux scènes : d’un côté la scène jazz, de l’autre la scène soul avec deux grosses stars Macy Gray et Seal. Autant le dire, le festival était plein (9000 spectateurs paraît-il). J’ai de nouveau dû choisir mon bord : j’ai donc penché du côté soul. Mais pour commencer, voici en quelques mots le reste de la programmation de ce lundi 11 juillet.

Le théâtre de Verdure présentait la nouvelle génération du jazz. Je n’ai malheureusement pas pu voir les deux premiers groupes. Le premier était le vainqueur du tremplin « Nice is Jazz », organisé par Ivoire Music dans le cadre du Nice Jazz Festival Off. Il s’agissait de Jérôme Vinson Trio qui s’est fait remarquer par un mélange de compositions et de reprises de pop détournées (Michael Jackson ou Sting par exemple). Longue route à eux. Je n’ai pas pu voir non plus Trombone Shorty et son groupe Orleans Avenue. Pourtant les influences annoncées étaient alléchantes puisque Trombone Shorty joue du Supafunkrock, un mélange rock, funk, jazz, hip-hop et soul! Avec en plus Lenny Kravitz en invité sur le dernier album. J’espère le voir une autre fois.

En dernier, c’était au tour d’Avishai Cohen, un des jeunes jazzmen les plus en vogue. Et, si j’en juge par le quart d’heure auquel j’ai assisté, c’est à juste titre. Ce contrebassiste produit avec son trio un son riche et envoûtant évoquant un orchestre miniature. Tandis que la contrebasse se fait tout à tour caressante ou percussive, le piano la contrebalance par un jeu aérien constamment mélodique, le tout emporté par le swing de la batterie. Très agréable! Le théâtre de Verdure, ravi, était plein et je l’ai quitté au moment où les premiers battements de Seal se faisaient entendre.

Du côté Masséna, la scène était annoncée Sweet Soul. Elle a été soul, elle a été sweet, elle a aussi été sexy et dansante. A commencer par Charles Bradley, un phénomène qui vient de sortir son premier album à 62 ans! Côté soul, Bradley évoque un Otis Redding qui aurait vécu vieux, laissant les années abîmer sa voix. Côté funk, il devient James Brown à la tête d’un orchestre de 7 musiciens (cuivres compris évidemment) qui tourne très très bien. Et même s’il n’a pas le pas de danse du maître, il se lance dans une chorégraphie perso pour donner un « show complet ». Son charisme et sa voix font l’unanimité du public!

Macy Gray était la première grosse star de la soirée. Vous ne voyez pas qui c’est ? Mais, si c’est cette chanteuse américaine « à la voix bizarre » qui chantait I try. Face à la difficulté de se faire un nom, Macy Gray a choisi de prendre  sa carrière en main et nous présente son nouvel album. Ses musiciens, tous en costume, arrivent sur scène en premier puis sa choriste qui annonce son entrée : un boa blanc autour du coup, elle agrippe son micro strappé de strass pour nous faire entendre sa voix si délicieusement éraillée. Mais elle ne se la joue pas star : faisant souvent des petits coucous à la foule, elle communique beaucoup et fait participer les gens. Après avoir présenté ses musiciens, elle nous demande sur Caligula de nous présenter à notre tour tous ensemble (« What’s your name »). Malin. Bravo aussi pour sa clairvoyance quand elle note que Nice recèle les femmes et les hommes les plus beaux et les plus intelligents! Jouée par 7 musiciens qui assurent, des cuivres à l’orgue, la soul est profonde, dansante, sensuelle (« Vous êtes des gens sexy ») et franchement enlevée sur certains morceaux. J’ai juste regretté au final un son plutôt uniforme. Ainsi, Kissed it, la bombe rock du dernier album, rentre dans le moule, de même que Sexual revolution, moins latin et moins explosif que l’original. Gros succès en revanche pour la choriste à la personnalité incroyable qui renverse la foule entière sur Glad you’re here. Les rappels peuvent alors lancer un mix commençant et se terminant par l’imparable I try. Excellent concert même si la subtile Macy aurait pu y inclure plus de tubes. Mais le show devait durer moins d’1h30.

Epuisé par cette expérience de devant de scène (et content de quitter la quinzaine d’ados américains qui se prenaient en photo très bruyamment), j’ai renoncé à avoir Seal sous les yeux. Après une pause, je me suis installé au fond du jardin avec une vue dégagée sur la star. Sexy sans avoir besoin d’en rajouter, Seal sait chanter les chansons d’amour qui font craquer les jeunes filles et s’embrasser les amoureux. Il profite aussi des quelques mots de français qu’il connaît pour ajouter à son charme et promet de revenir l’an prochain en sachant parler couramment. Son dernier album, The commitment, lui permet de revenir au style des ses débuts et il joue dès le troisième morceau le titre Killer qui l’a révélé. On se voit déjà naviguer le long de plages de synthés mais le show en vient rapidement à son album crooner, le bien-nommé Soul. It’s A Man’s Man’s Man’s World, Here I am, Knock On Wood : l’orchestre de huit musiciens et choristes envoie du bois et tout le public est à l’unisson. Mais Seal veut nous faire transpirer! Il nous cherche un peu en nous comparant aux parisiens qu’il a trouvés un peu blasés il y a quelques jours. Du coup, on bouge dans tous les sens. Une dernière valse sur Kiss from a rose et il est temps de devenir Crazy. La foule exulte. A Paris, Seal avait enchaîné sur un morceau qui bougeait mais il nous explique vouloir  jouer une chanson d’amour pour une amie spéciale présente dans le public. On lui amène alors une guitare pour Secret et il nous quitte. Le public croit à un rappel mais il n’y en aura pas. Dommage après un si bon concert.

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Nice Jazz Festival 2011 : au 3e jour, j’ai choisi l’éléctro

by Eric_M |

Hier soir à Nice, c’était le grand écart entre les deux scènes. D’un côté, au théâtre de Verdure, le jazz acoustique primait (piano, clarinette) grâce à de grands interprètes français comme Martial Solal ou Michel Portal. De l’autre, l’électro s’emparait de la scène Masséna avec notamment les très bons concerts de Nojazz et de Morcheeba. Comme je vous l’avais annoncé, il fallait que je fasse des impasses : j’ai donc misé sur l’électro. Mais je reste fidèle à la tradition et je vous donne le détail de ce dimanche 10 juillet.

« Jazz made in France » au Théâtre de Verdure. J’ai pu jeter une oreille à la toute fin du concert de Dominique Fillon qui ouvrait la soirée. Au piano, accompagné de trois musiciens, il présentait son deuxième album Americas. C’est surtout l’Amérique du sud que j’ai entendue puisque je suis arrivé en pleins rythmes latins très dansants. Plus tard, en conférence de presse, il a expliqué avoir été influencé par le jeu coloré de Michel Petrucciani mais surtout par celui de guitaristes de rock et de blues. C’est en effet à la guitare qu’il compose pour pouvoir créer des mélodies fortes sur un minimum d’harmonie. Une carrière à suivre.

Martial Solal et Stefano Bollani proposaient ensuite un face à face musical. Le maître français et le jeune italien jouaient à quatre mains sur deux pianos tête bêche. Une grande virtuosité mais un répertoire peut-être réservé aux connaisseurs de jazz pour le peu que j’en ai entendu. Enfin, Michel Portal le grand clarinettiste (et saxophoniste) clôturait la soirée en compagnie de quatre musiciens dont, aux claviers, Bojan Z que j’avais vu lors du festival 2006 avec son propre trio. Une musique riche et inspirée malheureusement perturbée par le son puissant de Morcheeba qui était décidément incontournable.

C’est en effet la scène Masséna qui a attiré hier soir le maximum de monde. Le thème « Nu Jazz & Electro » a même fait souffler un coup de jeune sur le festival. Le coup d’envoi a été donné par Nojazz. Collectif français né de la rencontre entre des musiciens électro et jazz, Nojazz apparaît tout d’abord comme une bande d’extraterrestres : dans des tenues extravagantes entre voyageur inter-spatial et fan de foot, ils présentent leur musique venue d’ailleurs souvent planante mais toujours dansante. Prenez un DJ, un percussionniste, un saxophoniste et un trompettiste et ajoutez-y le chanteur black HKB Finn qui a grandi en Jamaïque : vous obtenez un mélange qui puise ses racines dans le jazz autant que dans la drum and bass, le funk, le rock ou les musiques latines. Les nappes et les rythmes synthétiques donnent une dimension supplémentaire aux sons plus ou moins transformés des instruments acoustiques, principalement les cuivres qui sont la marque de fabrique du groupe. Malgré l’horaire difficile de 19h30, Nojazz a fait monter la pression progressivement jusqu’à emporter totalement l’adhésion du public des jardins. Du coup, on n’a pas aimé du tout être privé du rappel promis faute de temps. Dommage.

Nils Petter Molvaer est norvégien : tel qu’on s’y attend, ce trompettiste joue en trio une musique très particulière. Comme il me l’a dit après le concert, il veut à tout prix éviter les clichés les plus évidents. Avec l’aide de l’électronique ou en soufflant par exemple à l’envers dans sa trompette, il cherche « différentes couleurs de sons impossibles à obtenir acoustiquement ». Il m’a expliqué qu’il a commencé à jouer de manière classique dans différentes harmonies avant de sentir qu’il n’aurait pas le niveau pour être musicien classique. Attiré par l’improvisation et la musique ambient des années 80, il s’est alors lancé dans une nouvelle voie. Très expérimentale, sa musique m’a semblé, du peu que j’en ai entendu, réservée aux amateurs de sensations nouvelles.

Morcheeba était clairement le groupe le plus attendu de la soirée. Le nouvel album des britanniques a en effet créé l’événement avec le retour de la chanteuse historique, Skye Edwards, qui était partie depuis 2003. Dès les premiers morceaux, le groupe balance le méga-tube de cette année-là, Otherwise : l’adéquation entre la voix de la chanteuse et le son du groupe suspend le temps dans la nuit niçoise. Skye, placée face à un ventilateur, joue des longs pans de la robe qu’elle a, dit-elle, fabriquée elle-même, comme une Marilyn noire habillée de rouge. Pourtant, loin de jouer les stars, elle ponctue chacune de ses interventions de cascades de rires d’une grande fraîcheur s’amusant par exemple, du bar qui porte son nom au Brésil, des quelques mots de français qu’elle connaît (les mecs et les meufs) ou encore de ceux qui, dans le public, fument des produits illicites. Autour d’elle les cinq musiciens créent un groove mid-tempo de soul subtile habillé par les scratchs et les ambiances planantes du DJ. Le guitariste Ross Godfrey, l’un des deux frères du trio fondateur, prend lui aussi la parole de temps en temps pour présenter certains morceaux comme leur reprise de Woody Guthrie ou pour s’excuser plusieurs fois d’un problème de réglage de batterie qui donnait lieu à quelques bangs. Avec sincérité et magnétisme, de titres introspectifs en morceaux plus enlevés, Morcheeba réussit à capter l’auditoire jusqu’au rappel où tout culmine : Be yourself est enchaîné au Just dance de Lady Gaga puis le début de I can see clearly now de Jimmy Cliff débouche sur l’autre méga-tube de 2003 Rome wasn’t built in a day. Pari gagné pour l’électro!

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Nojazz à Nice : « On fait du jazz mais on fonctionne comme un groupe de rock » : mon interview
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Nice Jazz Festival 2011 : un 2e jour blues et world au top

by Eric_M |

Excellente soirée hier au Nice Jazz Festival. La fréquentation semblait nettement moindre pourtant la programmation était juste parfaite : trois excellents concerts sur la scène blues et trois concerts exceptionnels sur la scène world. Une soirée rare qui confirmait la déclaration de Jean-Jacques Milteau : « Les musiques noires sont ce qui sont arrivées de mieux à la musique au XXème siècle. » La preuve par l’exemple avec le détail de ce samedi 9 juillet.

Le Théâtre de Verdure était dédié au blues hier soir. L’ouverture reposait sur les épaules du plus jeune groupe du festival. Homemade Blues Band est un trio américain de trois frères et soeur : l’aîné, Ryan Perry à la guitare et au chant, a 19 ans, son frère Kyle à la basse a 16 ans et la petite sœur Taya à la batterie a seulement 12 ans! Il faut la voir assurer comme une pro avec une grosse fleur plantée dans sa coupe afro. Les deux frères ont assuré grave aussi, bien accompagnés par leur harmoniciste. Le jeu est classique et carré mais c’est du bon!

C’est Jean-Jacques Milteau, l’harmoniciste français le plus connu, qui leur a succédé. Il était entouré de son groupe de quatre musiciens dont Manu Galvin à la guitare qui l’accompagne depuis plusieurs années. Et pour les voix, il a fait appel à Ron Smyth et Michael Robinson avec qui il a enregistré son dernier disque (Soul conversation) et le prochain qui sortira en octobre. Après avoir accompagné tous les chanteurs français, Milteau s’est désormais tourné vers les musiques noires dont le blues. Il emmène ainsi son public dans un voyage en Louisiane où les voix très complémentaires des deux chanteurs lui permettent même de nous offrir un gospel. Entre composition et reprises (comme Higher and higher), il commence soft avant lancer la machine à plein régime. Et le public embarque avec lui.

Joe Louis Walker clôturait la soirée. Son blues électrique, bourré de guitares et d’énergie m’a rappelé celui de l’excellent Lucky Peterson. Accompagné d’un groupe de quatre musiciens dont un guitariste qui alternait le chant avec lui,  Walker est le blues comme on l’aime : voix rocailleuse et jeu incisif. Il a paraît-il été rejoint par Jean-Jacques Milteau pour un boeuf de fin de concert. Mais à ce moment-là, j’étais déjà dans le public de l’autre scène …

Sur la scène Masséna, la soirée était world. Dès le début, la barre était mise très haute par Anthony Joseph. Son Spasm Band de cinq musiciens (dont un saxophone) possède une force rythmique imparable : impossible de ne pas danser! Les influences multiples composent une sorte de funk mondial qui puise aussi bien dans l’Afrique que dans l’Amérique noire en passant par la Caraïbe dont Anthony Joseph, né en Angleterre, nous apprend qu’il est issu. Avec son chant parlé (le fameux spoken word) et ses déhanchements qui semblent le faire léviter sur scène, il capte le public et ne le lâche plus : l’osmose totale. Grosse révélation!

Il fallait du très bon pour poursuivre. Bonne pioche : c’est Asa qui avait été choisie! Après le gros succès de son premier album, Asa présente ses nouveaux titres sur scène avec sept musiciens (dont cuivres et choriste). Le son est riche, puissant, nickel. Avec ou sans guitare, Asa virevolte sur scène comme une petite fée à robe blanche. Elle charme le public en incluant des mots ou des passages entiers en français dans ses chansons, jusqu’à nous chanter « des bisous » que le public lui rend évidemment au centuple. D’origine nigériane, Asa a en effet démarré sa carrière en France. Après le concert, j’ai pu lui demander pourquoi c’est en France qu’elle avait choisi de venir : « Honnêtement, c’est le destin. Je n’avais jamais pensé venir en France un jour. Mais certaines choses sont inévitables. Je suis née ici puis j’ai grandi à Lagos au Nigéria et c’est l’appel de la musique qui m’a ramenée en France. » Un appel qui a été entendu par le public aussi. Merci Asa!

Après de si bons concerts, qui allait être à la hauteur? Carlinhos Brown! Le brésilien le plus en vue (il a écrit la bande originale du film d’animation Rio) est la générosité incarnée. Pour lui, la percussion est la base de la musique. Il donne avec son groupe de dix musiciens une musique qui possède une force archaïque capable de plonger au plus profond de nous. Il renouvelle la samba grâce à l’héritage des musiques noires de l’autre Amérique, le funk en particulier. Comme un hypnotiseur, il plonge ses yeux dans ceux du public, n’arrêtant pas de le faire participer (chanter, taper en rythme ou même se déplacer de gauche à droite). Il communique dans un portugais agrémenté de mots français, qui pourrait bien renfermer quelques formules magiques. Peu à peu, il se rapproche des barrières le séparant des spectateurs, puis les franchit pour chanter au milieu du public en essayant de rassurer les gros bras de la sécurité. Puis à son retour sur scène, c’est une fan aux couleurs brésiliennes qui réussit à monter pour danser à côté de lui. Il la laisse faire évidemment et toute le monde danse à l’unisson. Il nous laisse épuisés et ravis d’une soirée aussi réussie. Notamment, les chanceux de la presse qui ont pu comme moi le rencontrer ensuite : avec une totale gentillesse et une infinie générosité, il s’est livré à une interview qui sera en ligne ici bientôt!

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Carlinhos Brown à Nice : « C’est la France qui m’a découvert » : l’interview

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Nice Jazz Festival 2011 : un 1er jour très jazz

by Eric_M |

Me voici de retour au Nice Jazz Festival après une pause d’un an. Cette année, le Festival descend des hauteurs de Cimiez pour se tenir en plein centre, à deux pas de la mer, là où, paraît-il il avait été créé. Le challenge était difficile mais j’ai trouvé ce nouveau site très réussi : bien aéré, très accessible, implanté dans un très beau décor et assez clos pour que l’on ne remarque pas que l’on est entouré de deux routes. Seul un bruit de fond sur les morceaux les plus doux peuvent le trahir. Surtout, j’ai parfaitement retrouvé l’esprit du festival à Cimiez et sans que les sons des deux scènes ne se chevauchent. Mais passons à la musique de ce 8 juillet.

Au théâtre de Verdure, l’une des deux scènes, le Nice Jazz Orchestra était présent toute la soirée. Seul tout d’abord, avec notamment des relectures de standards comme Caravane. Il a ensuite accompagné la chanteuse italienne Roberta Gambarini. Totalement charmante, elle possède une voix magnifique à la fois puissante et claire, à l’aise dans les graves comme dans les plus aigus. Elle excelle dans les ballades (Round midnight) mais je l’ai trouvée moins convaincante dans le scat. Néanmoins une très belle découverte.

Enfin, Michel Legrand, presque 80 ans, était très attendu. Dirigeant le NJO depuis son piano, il a montré une virtuosité et un sens musical toujours intacts. La voix malheureusement  n’est plus vraiment là. Il en joue, comme par dérision, alors qu’une belle mélancolie aurait pu naître de plus de sobriété. Créateur de standards internationaux, il a fini par une longue version des Moulins de mon cœur, où la partie chantée au piano, presque expédiée, a cédé la place à une version orchestrale parfaite. Et le public lui a fait un triomphe.

Sur la grande scène, la scène Masséna, le fil conducteur de la soirée était Miles Davis, par ailleurs évoqué aussi par Michel Legrand. Cinquante ans après la sortie de son album Kind of blue, un collectif de jeunes musiciens français avait pour objectif de le revisiter en intégralité. La qualité des interprètes était au rendez-vous mais l’horaire (19h30) et le lieu (une scène face aux jardins où le public arrivait encore) n’ont pas créé la meilleure ambiance pour l’écoute.

Suivait Mike Stern, guitariste américain virtuose de jazz fusion qui a joué avec Miles Davis. Il venait présenter son répertoire, notamment son nouvel album, en compagnie de Didier Lockwood, le fameux violoniste français. Alors que je connaissais surtout sa carrière swing, j’ai trouvé qu’il se fondait parfaitement dans l’univers de Stern, grâce à ses sons de violon électrique et la variété de son jeu. D’ailleurs, il  se déclarait plus tard au service du guitariste, vantant la rigueur des musiciens américains. Quant à Stern, il rayonnait sur scène, ravi des interventions des musiciens, à l’écoute du public, avec une énergie et un sourire qui faisaient plaisir à voir.

Enfin, un autre guitariste de Miles Davis concluait la soirée. L’anglais John McLaughlin est venu parrainer le festival depuis Monaco où il habite. Il était accompagné de son groupe The 4th dimension : clavier, batteur et l’excellent bassiste aux gants noirs Etienne Mbapé. Belle osmose du groupe et grande créativité mais, comme chez Mike Stern, un répertoire assez pointu voire difficile sur la longueur. Mais le concert a culminé lorsqu’à la fin, il a invité Stern, Lockwood et leur batteur pour un bœuf d’un quart d’heure très réussi d’où le public est ressorti comme Stern, avec un grand sourire.

Au final, la programmation de cette soirée m’a laissé une double impression : d’un côté une grande qualité musicale, de l’autre comme une frustration. Pour commencer, j’apprécie plus le jazz vocal qu’instrumental, je n’étais donc pas gâté. Ensuite, le programme le plus grand public était celui de la scène la plus petite, le théâtre de Verdure (2200 places tout de même). C’était nécessaire car c’était la seule avec des places assises mais elle a rapidement été bondée. Surtout, il m’a semblé que les programmateurs avaient vu trop grand (trois concerts sur chacune des deux scènes) pour si peu de temps (19h30 – minuit). Lors du festival 2009, sur deux scènes aussi, le choix avait été fait de seulement deux grands concerts sur la grande scène. Cela laissait le temps d’aller assister à ceux de l’autre scène. Hier, j’ai eu l’impression de passer mon temps à picorer. D’ailleurs je n’ai pas assisté à un seul rappel et je me demande s’il y en a eu, vu le timing si serré. Pour les prochains soirs, je vais devoir faire comme pour le Bac : des impasses!

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Nice Jazz Festival : tout tout tout, vous trouverez tout sur le site officiel, des noms des musiciens que je n’ai pas cités aux reportages vidéos de chaque soirée en passant par toutes les animations entourant le festival In. Le festival a été repris en main par la mairie cette année et elle en est très fière!
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Le Nice Jazz Festival nouveau à déguster dans un mois

by Eric_M |

Comme pour un grand vin, les spécialistes essaient de prévoir chaque année si la nouvelle livraison du Nice Jazz Festival sera un grand crû. Pour cela, il faut commencer par en étudier la composition, c’est-à-dire le programme. Or, cette année encore, il est riche en couleurs. Constituant le corps de ce festival, les musiciens de jazz (et de blues) seront aussi bien français (Didier Lockwood, Michel Legrand, Martial Solal, Jean-Jacques Milteau …) qu’internationaux (Maceo Parker, Wynton Marsalis, Roy Hargrove, John Mac Laughlin …). Mais les saveurs supplémentaires viendront en grande partie des musiques colorées données par les jeunes pousses comme par les artistes et showmen les plus confirmés : Asa, Morcheeba, Carlinhos Brown, Maceo Parker, Keziah Jones ou même Seal ! Le jazz va à nouveau se confronter à la world, au funk, à la soul ou même à l’électro et c’est tant mieux!

Mais pour terminer l’analyse de la cuvée 2011, il faut parler du terroir. En effet, le NJF a quitté ses terres d’origine puisqu’il descend du site antique de Cimiez pour planter ses racines au cœur de la ville. Il sera ainsi concentré sur cinq jours et deux scènes : le théâtre de Verdure et la scène Massena. Adieu les oliviers, place aux promenades arborées à deux pas du tramway et des parkings. Le contenu du prochain Nice Jazz Festival est plus qu’alléchant. Reste à en découvrir le contenant : mais après tout, qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse.

Nice Jazz Festival
08 – 12 juillet 2011
Programmation, billetterie et infos pratiques sur le site officiel

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Nilda Fernandez emmène Cannes dans un grand voyage

by Eric_M |

Il y a un an, le Palais des Festivals de Cannes avait proposé à Nilda Fernandez d’être accompagné pour un soir par l’Orchestre Régional de Cannes. Ce concert a ouvert hier soir la saison du Palais et le résultat a été magique.

Tandis que l’orchestre symphonique finissait de s’accorder, il est arrivé, la chevelure ouverte à tous les vents mais en chemise blanche, cravate et veste longue. La tenant par la main, il a accompagné Nathalie Marin jusqu’à son pupitre où elle a commencé à conduire l’orchestre. Puis Nilda Fernandez s’est installé contre le piano et le voyage a commencé. C’est sa voix si caractéristique qui a ouvert la route, avec ses aigus si étonnants et sa sincérité si touchante. Dans un premier temps, il nous a permis de faire de courtes escales sur ses titres nouveaux ou anciens : plaisir de la découverte, émotion de goûter ces quelques madeleines, réminiscences d’une vingtaine d’année en arrière, comme lors de cette invitation à Venise. De port en port, de portées en portées, la langue navigue entre le français et l’espagnol tandis que l’orchestre se fait tout à tour douceur ou salsa. C’est en effet à Cuba, où il travaillait avec un cirque, que Nilda Fernandez a rencontré Nathalie Marin qui a établi avec Gilles Coquart la feuille de route des arrangements de la soirée.

Puis il était temps d’accueillir quelques passagers supplémentaires. Déjà à bord au début du spectacle, le percussionniste Marco Fadda est venu de Gênes où Nilda a enregistré son dernier album qui aborde aussi bien les Plages de l’Atlantique que les falaises de la mer Baltique. Ils sont rejoints par Serge Lopez, impeccable à la guitare flamenca, pour un retour de Nilda vers ses racines, pendant les semaines saintes en Espagne. Puis c’est au tour du grand violoniste Laurent Korcia. En soliste sur le sublime Mes yeux dans ton regard, il participe à l’un des plus beaux moments de grâce du spectacle où les modulations harmoniques de l’orchestre suffisent à donner des frissons. Et pour prolonger l’instant, il interprète ensuite superbement La méditation de Thaïs de Massenet.

Mais Nilda voyage aussi en solitaire. Expliquant, qu’il fait souvent des concerts en guitare solo, il demande la permission de jouer deux titres à la guitare électrique. Moment d’émotion immédiatement suivi par les premières notes de Madrid Madrid. La magie opère. L’arrangement est sublime : la guitare de Nilda est peu à peu rejointe par un piano discret, puis par l’accordéon du fantasque Alejandro Barcelona (qui n’est pas « rance » comme le dit la chanson). Enfin, l’orchestre entre en sourdine et, crescendo, culmine dans un final magnifique. Le temps est venu d’une dernière étape, en terre québécoise : « Innu Nimaku » disent les indiens là-bas, « Innu Nimaku » chante le public à Cannes, transporté. La soirée était déjà parfaite mais Nilda l’a voulue extraordinaire. Alors ce sera deux heures de spectacle, avec un final qui commence par ses Fiançailles où l’on se dit qu’il peut être … un aigle – la grande classe. Et qui finit, après un deuxième rappel, par un bis d’Innu Nimaku avec une salle debout et ravie. Musicalement, émotionnellement et humainement, le voyage était magnifique.

Les Concerts de Septembre continuent jusqu’à dimanche au Palais des Festivals de Cannes avec Jean-Louis Murat, Christophe, Laurent Garnier, Etienne de Crecy, Nina Hagen et les Blues Brothers
Nilda Fernandez, le site officiel
Cédric O’heix a assuré une bonne première partie : passé, paraît-il, par la case Nouvelle Star, il incarne d’une voix chaude des chansons rock au tempo lent portées par des guitares western et des cuivres latins

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