Rencontre #ZikMtl jeudi 25 février 2010 à 18h au café Santropol

Nous sommes rendus à la troisième rencontre mensuelles à Montréal #ZikMtl (YulZik #3) qui est un mouvement / un groupe de discussions sur l’industrie musicale et ses enjeux.

Ce n’est pas un Yulbiz, ni un Yulblog, ni un IdentityCamp, …

C’est un ZikMtl (YulZik) et le thème, c’est la MUSIQUE!!!

Sujet du mois

Même si l’industrie de la musique telle qu’on la connaît disparaît, les gens vont continuer à avoir une expérience de la musique. Qu’est-ce que ça implique dans le «2.0»?

Le thème a été initié par Alexandre Enkerli, qui a deux parties à son observation. À la fois restituer la notion de « business » et celle de comprendre la musique dans un contexte plus large.

La première partie, c’est qu’il y a une distinction à faire entre ce que les gens appellent «l’industrie de la musique» et l’argent qui est transigé autour de la musique.
La « music industry » est centrée sur la vente d’enregistrements (peu importe le support). J’ai pas des statistiques récentes mais on a les chiffres pour 2005. À l’époque, la « music industry » faisait entre 30 et 40 milliards en une année.
La page Wikipedia contient des données là-dessus. J’étais allé voir les données originales, à l’époque, mais elles ne sont plus disponibles.

Ça fait beaucoup de sous, mais pas tant que ça non plus. Apple s’est fait 50 milliards l’année dernière. Les « majors » (Sony-BMG, Universal, Warner, EMI) et les indépendants (qui comptaient pour moins de 30%) se partagent ce gateau. Non négligeable, mais évidemment pas représentatif de tout ce qui se passe autour de la musique.
Quoi d’autre? Ah, je sais, les spectacles et le « merchandising ». Oui, c’est déjà quelque-chose. Mais que dire de la musique commerciale, des DJs, des cours de musique, de la musique dans les mariages et les bars, des ventes d’instruments de musique, des magazines sur la musique, des « ringtones », des jeux liés à la musique, des
baladodiffusions musicales, de projets artistiques multimédias, les droits d’auteurs sur des chansons utilisées dans des films, etc.?

Oh, probablement qu’aucun de ces segments ne fait autant d’argent que l’industrie de l’enregistrement. Mais on sait bien que la très grande majorité des musiciens se font surtout de l’argent comme ça plutôt que par la vente d’album. En nombre de musiciens, ceux qui vivent des ventes d’albums sont un nombre très limité. On les entend beaucoup et ils construisent le «rêve de tout musicien», mais ils ne sont pas majoritaires, loin de là. C’est un peu comme si on basait notre évaluation de l’industrie du visuel sur ceux qui vendent des tableaux en galerie. Ok, c’est une exagération, mais vous voyez le principe.

L’idée, ici, c’est pas de voir où se trouve tout l’argent qui a rapport à la musique, mais c’est d’être créatifs dans un nouveau contexte. Faire payer pour l’accès à l’audition de la musique sur divers supports, ça se peut encore, mais c’est pas exactement la seule «industrie de la musique» et c’est pas la seule voie d’avenir.
Pourtant, c’est cette «industrie de la musique» qui a été le plus directement menacée. Si on se concentre trop sur elle, on perd de vue la Musique.

Et c’est la Musique qui fait l’objet de ma deuxième observation.
La Musique existe, qu’il y ait de l’argent à faire ou non. La plupart de ceux avec qui j’ai joué jusqu’à maintenant feraient de la musique même s’ils ne pouvaient pas se faire de l’argent en musique. Certains vivent de la musique, d’autres vivottent de la musique et plusieurs vivent d’autre chose et font de la musique par passion, par besoin,
par nécessité, par désir de s’exprimer, etc. Parmi eux, il y en a qui ont étudié en musique, d’autres qui ont appris par eux-mêmes. Certains sont plus experts que d’autres. Certains sont des vieux pros, d’autres se considèrent comme «amateurs». Nous avons tous joué devant public.

C’est une petite partie de ce que la Musique représente. La performance, c’est important, mais c’est pas tout ce qui se passe en musique.

Par exemple, ceux qui se regroupent au Vices & Versa pour des sessions de musique traditionnelle poursuivent quelque-chose qui existe depuis bien plus longtemps que cette «industrie de la musique» dont on parle tant et qu’Attali a si bien contextualisée. Au V&V, il y a un public, d’une certaine façon, mais ce sont des gens qui jouent surtout pour eux-mêmes, pas nécessairement pour faire carrière. En fait, je peux me tromper à leur sujet, mais le contexte ressemble quand même beaucoup à différentes choses que j’ai observées, à divers endroits.
Un exemple apparemment trop simple de musique qui ne dépend pas de l’industrie, c’est une chorale liée à un groupe communautaire ou religieux. Elle chante peut-être des choses qui ont été enregistrées et ses membres ont peut-être même utilisé des enregistrements pour apprendre à chanter certaines choses. Mais si on éliminait
complètement l’industrie de la musique, la chorale existerait encore.

Un exemple très anodin, mais aussi parlant: le fait de chanter autour d’un feu de camp. La musique unit les gens, qu’elle soit «bonne» ou pas. Oh, bien sûr, il y a à la fois des chansons traditionnelles et de la musique enregistrées. Et les gens essaient de pas trop fausser.
Mais on parle de la valeur de l’expérience, pas de celle d’un produit.
C’est d’ailleurs une grande partie ce qui est vendu lors de nombreux spectacles, l’expérience. Aller à un show de Rock, c’est pas seulement d’entendre l’album diffusé sur des gros haut-parleurs. C’est aussi de partager quelque-chose. Personne chiâle quand c’est la foule qui chante le refrain en disant qu’«on a pas payé pour ça».
De la même façon, ceux qui jouent à Rock Band ou à Guitar Hero veulent pas simplement «écouter la toune». Ils veulent avoir une expérience musicale. « Music needs not be a spectator sport. »

Même si l’industrie de la musique telle qu’on la connaît disparaît, les gens vont continuer à avoir une expérience de la musique.

Qu’est-ce que ça implique dans le «2.0»? Je suis pas complètement certain dans le détail. J’ai pas la réponse ultime. Mais j’essaie de penser de façon plus vaste. La part de la musique dans ce qui se passe
en-ligne, que ça soit l’accompagnement d’un vidéo YouTube, le fait de partager une liste de morceaux préférés, l’improvisation avec une ocarina virtuelle, la composition collaborative, ou l’utilisation d’une identité sonore.

Après, je pense beaucoup aux communautés de pratique. Par exemple, des groupes d’«adeptes» qui contribuent aux carrières de divers musiciens.

Oui, on revient à un modèle carriériste. Mais en s’étant débarrassés de certaines préconceptions, surtout au sujet de la façon de se faire de l’argent. Je sais pas si Kalmunity se fait pas mal de sous (j’ai l’impression que non), mais le simple fait que ça continue d’exister montre qu’il y a d’autres choses, dans la Musique, que le fait de
vendre des albums ou de faire des shows payants.

Quand et où cela se passe t’il?

L’événement se déroule tous les derniers jeudis du mois et le lieu peut changer d’une rencontre à une autre.

Date : Celui-ci se déroulera le Jeudi 25 février 2010 de 18:00 à 21:00
Lieu : Café Santropol – 3990 rue St-Urbain (coin St-Urbain/Duluth) à Montréal

Situé dans un rayon de 15 minutes de marche des stations de métro Sherbrooke et Mont-Royal (ligne orange)

Faîtes-nous des suggestions de lieux où l’on peut au choix soit juste prendre un verre mais aussi manger si l’on a un petit creux!

Qui vient à ce type de rencontre?

On peut y rencontrer des mélomanes, des artistes, des maisons de disque, des spécialistes en marketing musique, … Tout le monde qui s’intéresse à la musique est le bienvenu!

Qu’est ce qu’on y fait?

On parle d’industrie musicale, on partage des points de vue, des nouveaux sites influents, … On choisit un sujet pour la rencontre suivante avant de se quitter ou bien on le trouve par la suite on continuant la discussion par courriel.

Pourquoi ZikMtl / YulZik?

L’idée est venue lorsque, au dernier Podcamp Montréal dont j’ai participé à l’organisation et invité des personnes fortes intéressantes pour un panel de musique 2.0, j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup a dire et que le temps du panel était bien trop court!

Ce type de rencontre vous intéresse?

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Nous vous invitons à utiliser le tag #ZikMtl dans Twitter pour propager la nouvelle!

Bilan de la soirée dans un podcast?

Je vais tenter de faire un podcast de nos soirées. Lors de la dernière rencontre, n’ayant pas prévenu les gens à l’avance, je n’ai pas pu faire le podcast. Vu la longueur / durée, je ne pense pas que je ferais de montage. Je vous propose tout de même une partie audio où était venu le temps pour moi de me présenter.

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À la fois discrète, passionnée et rassembleuse, c'est la fondatrice de ce blogue et de musiQCnumeriQC. Plus d'info sur elle via son site perso ou son Twitter.

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