Clarika « Moi en vrai » : Un disque en mieux…

Clarika moi en vraiEn 5 albums et quelques années, Clarika s’est fait un nom. Souvent étiquetée pionnière de la nouvelle scène française, elle vient défendre son dernier album « Moi en mieux » sur scène pour le plus grand bonheur d’un public toujours plus large. L’équipe de Zik’n’Blog s’est invité sur l’une des dates, le temps d’un concert et d’un interview…

« Moi en vrai » c’est le nom de cette tournée qui mènera l’artiste  jusqu’au Palace fin 2010. Un nom en réponse à celui de l’album « Moi en mieux ». Nous faisions partie des « Clarikonvaincus » depuis la sortie du disque, nous attendions donc avec impatience le pendant scénique de l’édifice. Impatience récompensée puisque « Moi en vrai » tient une à une toute ses promesses. L’univers musical sculpté par Clarika et Nyssen prend sur les planches une dimension supplémentaire. Un dialogue entre énergie et poésie visuelle, le tout baigné dans un humour décalé et un éclairage somptueux. Et puisque « this is a man world », l’artiste s’est entouré de quatre garçons multi-instrumentistes. Histoire de faire rimer la finesse des textes avec un plaisir musical coupable. Quatre princes charmants pour une princesse barrée. Voilà donc le programme de « Moi en vrai »… À moins que cela ne soit tout simplement « Le disque en mieux ». Si Clarika passe par chez vous, je crains que le déplacement soit indispensable…

Il y a des jours où tout va mal dans la vie d’un artiste blogueur et puis des jours où on a la chance de rencontrer quelqu’un dont on aime beaucoup les chansons. Quelqu’un qui en plus s’autorise à être sympathique, naturelle, intéressante et jolie. Bref une artiste en mieux. Une fois n’est pas coutume, C’est Clarika qui m’a reçu dans sa loge et sur son canapé à elle, ce à quelques heures d’un concert. Elle nous livre sa vision de la chanson, de la musique… et de ce qu’elle a bien mérité.

Clarika, tu t’es fait un nom en 5 albums. Lorsque tu te retournes pour apprécier ce parcours, cette carrière, qu’est-ce que tu te dis ?
Je ne sais pas si je fais une carrière (rires)… Quoique c’est vrai c’est un métier… c’est du plaisir, mais c’est aussi un métier. Après, tout est venu naturellement, petit à petit. Il y a beaucoup de choses qu’on ne maîtrise pas. Mais je garde tout de même l’idée d’une progression. À chaque album, tu vois, j’ai l’impression de toucher plus de gens. À chaque concert, un nouveau public me découvre et ça ne me dérange pas du tout qu’il me découvre maintenant.

Par quelle porte es-tu entrée dans métier ? Quel est le pourquoi de Clarika ? Une phrase m’a étonné en lisant un interview que tu as donné à Telerama : « Je me suis mis à écrire quand j’ai compris que c’était le meilleur moyen pour monter sur scène. » Tu peux nous en dire plus…
Oui ! Au début, moi je voulais faire du spectacle. Et pour de mauvaise raison peut être, tu vois comme quand tu es jeune et que tu rêves de célébrités (rires). D’ailleurs je ne savais pas si c’était du théâtre, de la chanson ou autre. À cette époque, si un auteur avait débarqué avec des chansons toute faites, je pense que je les aurais chantées.

On te présente souvent comme une pionnière de la nouvelle scène française… Que penses-tu de ce double étiquetage ?
Les journalistes ont besoin d’étiquettes à coller et de mettre les artistes dans des cases. Ça ne me dérange pas plus que ça. Et puis c’est vrai que quand j’ai commencé, il n’y avait pas beaucoup de filles dans la chanson alors que dans les générations d’avant, il y avait des artistes comme Véronique Sanson, Barbara. La plupart du temps c’était même des hommes qui écrivaient pour des femmes. Alors pionnière non, dans les premières, pourquoi pas. Pour l’étiquette « nouvelle scène », c’est très vaste et il y a aussi de très bonnes choses, ça ne me dérange pas non plus.

Tu réalises les défis que les internautes te lancent sur ton blogue… Au passage tu déchires en majorette… Alors est ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ces « défis de Clarika » ? Comment t’es venue l’idée ?
Ah, ce n’est pas moi qui ai eu l’idée. On s’est dit que ça serait pas mal d’essayer de communiquer sur le nouvel album et de jouer autour de son titre « moi en mieux ». Tu sais comme pour faire une sorte de… Buzz. Les gens ont proposés des défis par internet, j’ai quand même choisi ceux qui me plaisaient. Et voilà ! J’en ai réalisé six, le suivant c’était justement de faire de la scène.

Internet justement parlons-en… Ce n’est pas toujours facile pour les artistes d’en parler. Si je te dis téléchargement illégal… Tu me réponds quoi ? Joker ?
Ça ne me dérange pas de dire que je suis contre le téléchargement illégal. Maintenant je suis très consciente qu’il va être difficile de faire machine arrière. Le soucis, c’est que le téléchargement légal et les trucs comme Deezer, ne rapportent rien à l’artiste. Peut être aux maisons de disque, mais pas à nous.
Le problème avec Internet, c’est qu’on donne accès à tout. En même temps, je trouve que c’est formidable. Comme Myspace, on peut écouter, voir si ça plait ou pas. Bien sûr qu’il faut l’utiliser pour découvrir. Mais aujourd’hui on transfère des titres sur un ipod, qu’on écoute juste une fois puis on zappe. Quitte à passer pour une vieille conne, je préfère écouter un album dans son intégralité (rires). Je suis attachée à cette continuité entre les titres, l’idée d’ensemble. Aujourd’hui des artistes publient déjà titre par titre. Et je trouve dommage que le concept « album » disparaisse.

J’ai vu que tu étais bien occupée jusqu’en 2010… et Après ?
Je suis vraiment dans un rythme : je fais un album, puis une tournée. Bien sûr que je pense au sixième album, enfin si les conditions sont réunies pour que je puisse le faire. Après il y a l’inspiration qu’on ne maîtrise pas, même si c’est aussi du travail. De toute façon, si j’ai douze ou quinze bonnes chanson, je les présenterai et je les défendrai par n’importe quel moyen.

Si tu avais une vision, un conseil à transmettre à tout ceux qui sont dans un développement artistique ?
Je n’ai pas vraiment de conseil à donner. Je crois qu’il n’y a pas de règle. Par contre, on m’envoie des choses et j’ai l’impression que souvent les artistes en développement veulent aller trop vite, griller des étapes. Ils se montrent trop, font passer trop vite des démos en maisons de disques alors que les projets ne sont pas aboutis. Il y a quand même dans ce métier l’idée de définir un « univers musical » (je sais, c’est assez commun d’appeler ça comme ça). Ça n’empêche pas de faire des concerts ou autres. Mais, tu vois j’ai toujours pris mon temps et j’ai toujours défendu des chansons dans lesquelles je croyais vraiment.

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