Hadopi : le téléchargement gratuit ne ruine pas forcément l’artiste au contraire

Action de l'AIMSAInternet est une mine d’information sur la nouvelle loi qui va entrer prochainement en vigueur en France concernant l’HADOPI (Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur l’Internet). Sans cet outil, étant au Québec, je n’en connaitrais pas beaucoup. J’ai donc décidé de vous partager une partie des infos intéressantes que j’ai trouvée sur les blogues que je suis plus ou moins. Certaines personnes sont pour, d’autres sont contre cette loi, voici différents points de vue…

D’après Sylvain Zimmer, fondateur de Jamendo, et beaucoup d’autres personnes (Jacques Attali par exemple qui nous dit pourquoi cette loi est scandaleuse et ridicule) dont je fais partie pensent que la loi HADOPI est une absurdité. Sylvain pense que la solution à la situation actuelle viendra d’Internet, à travers de nouveaux concepts, et non du gouvernement. Il faut encourager les artistes à continuer de composer et créer et proposer aux consommateurs de participer à cette création.

Tandis que le débat sur la loi HADOPI pour une “Riposte Graduée” bat son plein au Parlement, des milliers d’artistes défendent sur Jamendo le téléchargement légal et gratuit. Parce que télécharger sur internet n’est pas toujours synonyme de piratage, Jamendo propose le “Remerciement Gradué”.

L’AIMSA (No Sacem Inside), quant à eux, toujours actif dans ce genre de sujet lancent le P.A.D.I.H.O. (Promouvoir, Anonymat, Diffusion libre, Information objective, Hétérogénéïté, d’internet, Open-source).

Je vous propose d’écouter l’interview que Sylvain Zimmer a donné à SVMlemag.fr

L’exemple flagrant que tout le monde a maintenant certainement entendu parler est l’initiative de Nine Inch Nails – Ghosts I-IV qui a prouvé que gratuit et best-seller (téléchargement gratuit, licence libre et succès commercial) sont bien compatibles. Leur album « Ghosts I-IV » sorti sous licence Creative Commons est en première place de la liste des meilleures ventes 2008 d’Amazon pour les albums au format mp3.

Bien entendu, cette preuve ne parle pas du tout au gouvernement français… À côté de cela, le piratage coule-t-il vraiment le navire culturel comme beaucoup le laissent entendre ? Plus d’un internaute français sur trois téléchargent des contenus protégés, c’est à dire illégalement parfois même sans le savoir. Cela représente 1 milliard d’œuvres piratées en France par an, selon Christine Albanel et les analystes de GFK. Pensez-vous vraiment que ce « pirate » que j’appellerais plutôt « internaute » pour ma part aurait réellement acheté l’œuvre téléchargé ? Toute la nuance est là. Est-ce que lorsque l’on va à la bibliothèque écouter une œuvre, on nous fait payer chaque écoute ? Ça fait partie de la culture !

Entrevue avec Philippe Aigrain auteur du livre internet et création :

Alors que d’après moi, la France est en retard sur ce qui est de trouver une solution qui s’adapterait au marché, Hugo Amsellem, blogueur qui traite de l’actualité musicale lié de près ou de loin aux nouvelles notions et plateformes 2.0 indique dans son billet que la loi création et internet arrive trop tard. Pour moi, il a tout à fait raison. Une fois qu’une manière de consommer est devenue une habitude pour tout le monde, comment voulez-vous que certaines générations arrivent à comprendre le problème ? Philippe Martin, un Blogueur Français qui vit maintenant au Québec, nous raconte l’histoire d’un consommateur loin d’être un voleur, qui a connu le 45 tours, le 33 tours, la cassette, le CD, puis le numérique…

À côté de cela, la loi stipule que si un disque ou un film ne peut pas être téléchargé légalement, l’internaute qui l’aura piraté ne pourra pas être puni par l’Hadopi. Cela restera les professionnels du cinéma et de la musique qui pourront toujours poursuivre ces pirates devant les tribunaux mais la loi n’intervient pas dans ce cas précis. Imaginez par exemple les Beatles, qui boudent toujours le numérique et internet… Le site rue 89 l’explique !

Ashram de Swâmi Petaramesh vous explique dans son billet « Hadopi dans ta face ou l’arroseur arrosé » pourquoi l’ignorance technique de ceux qui votent les lois n’aboutisse finalement à une protection légale en béton pour les téléchargeurs boulimiques.

Du côté politique, vous pouvez lire ici la lettre ouverte de Maxence Demerlé de l’UMP qui indique « Le piratage sur internet tue les artistes ». Le PS quant à lui s’oppose au projet de loi HADOPI.

Le président Français Sarkozy promet l’adoption en mars de cette loi Création et Internet. Il est plutôt pressé… Voici quelques uns de ses propos :

J’ai demandé que la loi Création et Internet soit définitivement votée en mars prochain et je suis certain qu’elle aura un effet très positif sur les comportements.

Le piratage détruit massivement la musique et le cinéma. Je ne laisserai pas piller les droits d’auteurs, parce que derrière les droits d’auteurs, derrière la protection de ces droits, il y a tout le processus de la création.

S’il existe des créateurs qui veulent mettre à disposition, gratuitement, leurs oeuvres sur la Toile, qu’ils le fassent. Je ne vois aucune objection à cela.

Le chanteur irrécupérable (comme il se présente sur son site) Orbor a créé un clip intéressant que je vous invite à lire. Écoutez aussi les paroles, ça en vaut la peine !

D’après Read Wirte Web, un rapport commandé par le gouvernement Hollandais conclu à un impact « très positif » du peer to peer sur l’économie… De plus, le site Musiciens.biz précise que :

Ce texte suscite des oppositions comme celle de la CNIL, du Parlement Européen qui « « invite la Commission et les États membres à éviter de prendre des mesures qui entrent en contradiction avec les libertés civiques et les droits de l’Homme et avec les principes de proportionnalité, d’efficacité et de dissuasion, telles que l’interruption de l’accès à l’Internet. » » entre autres.

Je vous propose de lire le billet HADOPI vu des États (Z)Unis dont voici un exrait :

Personnellement cette loi me laisse totalement perplexe quant à son champ d’action et son efficacité. Je vis en Californie ou la riposte graduée est déjà en place s’accompagnant sans équivoque d’une surveillance du trafic par filtrage. Toutefois il s’avère que la tentation du téléchargement est beaucoup moins forte dans ce contexte, certainement pas en raison de la réponse répressive aux activités illégales mais simplement car les industries ont évolué avec internet.

PC Impact nous apprend que les députés se sont récemment plaints de recevoir trop d’emails anti-Hadopi. Le cabinet de Christine Albanel décrit La Quadrature du Net, qui fait un appel de black out du net Français, de « cinq gus dans un garage qui font des mails à la chaîne ».

La Quadrature du Net prétend porter la voix de centaines de milliers d’internautes, mais nous savons qu’ils ne sont pas représentatifs (…) Il s’agit juste d’un groupe de pression qui s’est emparé de cette cause de manière illégitime et qui fabrique des adresses IP pour envoyer des mails !

Michel blanc, pour sa part, trouve que ce sont les auteurs qui sont volés :

L’artiste Philippe Axel, quant à lui nous liste les différents enjeux multiples d’une loi absurde, d’une France qui sera le premier pays du monde à mettre en place une telle loi qui ne relancera pas la vente de CD et de Dvd, et qui ne lancera pas non plus la vente de fichiers numériques.

J’ai lu sur Presse-Citron que l’entente de YouTube avec la Performing Rights Society (PRS : société de droits d’auteurs anglais, soit l’équivalent de la SACEM britannique) de diffuser les clips musicaux de la plupart des artistes anglais dans un cadre légal, moyennant une rétribution au titre des droits d’auteurs, arrivait à échéance. À cette occasion, la PRS en profita pour exiger une très forte revalorisation des droits, au prétexte que Google (à qui appartient Youtube) a enregistré des bénéfices records en 2008. En riposte (non graduée) – je reprends les termes de l’auteur – Google a coupé tout accès à l’ensemble des vidéos musicales d’artistes britanniques sur YouTube en Angleterre. Un regroupement d’artistes ont créé cette vidéo car ils ont besoin de youtube et veulent être mieux rémunérés sur les diffusions en streaming de leur musique !

Finissons ce billet dans la bonne humeur en humour et en musique avec The HADOPI Song puis le film Brazil revisité par la Quadrature du net :



Ah, au fait, … Il est possible de contourner la loi HADOPI en 27 secondes, le saviez-vous ?

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À la fois discrète, passionnée et rassembleuse, c'est la fondatrice de Zik'n'Blog et de musiQCnumeriQC. Plus d'info sur elle via son site perso ou son Twitter.

2 Commentaires le Hadopi : le téléchargement gratuit ne ruine pas forcément l’artiste au contraire

  1. Le premier pilleur, c’est la SACEM !!! S’il y a bien un organisme anti-créatif, c’est bien la SACEM, qui nourrit réellement que ceux qui ont les moyens, en l’occurrence, les plus grands producteurs. Il n’y a pas plus injuste, plus anti-créatif, plus écœurant que la politique mise en œuvre actuellement par la SACEM, qui s’octroie des marges honteuses, tuant la création des « petits » artistes, ou plutôt les moins médiatisés, ceux qui veulent créer de l’animation à l’échelle locale. S’il y avait une refonte de la politique de la SACEM, les marges retenues seraient peut-être moins importantes, et les prix du disque plus abordables. De même, la promotion en serait privilégiée, en permettant aux petits artistes de pouvoir interpréter plus aisément les œuvres autrement qu’à la fête de la musique. Cette promotion ne serait qu’un facteur supplémentaire favorisant l’intérêt du public aux œuvres originales, et donc, une impulsion aux ventes de disque.
    Et puis, parmi tous les disques piratés, lesquels auraient été réellement acheté ? Il y a tellement de bouses absolument pas artistiques aujourd’hui qu’elles ne méritent vraiment pas plus que d’être piratées…

  2. Marie Josephe Nutellas // 23 février 2012 á 12:43 // Répondre

    Les geeks contre-attaquent à ces polémiques sur l’hadopi :
    Les Rois de la Suede – Ta liberte de voler.
    Pas mal, non ?

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