Poney Poney à Cannes : « On essaie plus de faire de la musique 90’s que de la musique 2008 »

Poney Poney

Poney Poney, c’est Antoine, Flo et Sam. Ou si vous préférez Antoine Hilaire, chanteur-guitariste et fondateur du groupe, Florent Lyonnet à la basse et Samuel Nicolas à la batterie. Trois jeunes gens qui semblent plutôt décontractés à une heure de leur concert et qui apprécient le second degré. En tout cas, une chose est sûre, ils font du rock, pas de l’électro. Et Antoine ne supporte plus de voir se multiplier tous ces clones de Franz Ferdinand. Rencontre dans les loges du Palais des Festivals de Cannes avec un jeune trio français en devenir.

Bonsoir Poney Poney. Vous ouvrez dans une heure la dernière soirée du Festival Pantiero, un festival électro. Comment qualifieriez-vous votre musique ?

Antoine : On fait du grunge. Sur scène, vous allez voir que c’est du rock.
Florent :
On ne veut surtout pas tomber, sans que ce soit péjoratif, dans tout ce qui est électro-rock. Même en faisant de la musique format mp3, on essaie plus de faire de la musique 90’s que de la musique 2008.
Antoine : Ce qu’on fait, c’est pas de la musique dansante. On peut se dandiner mais c’est pas de la musique de club. On n’est pas dans la syncope et dans le funk. Notre truc, c’est pas juste de faire le rift de Shaft avec derrière une grosse basse-synthé.

Vous n’êtes pas fan du rock dansant ?

Antoine : A force d’avoir entendu pendant cinq ans des copies de Rapture ou de Franz Ferdinand, ça me sort par les yeux, c’est horrible. Le pire, c’est les retournements de veste des mecs qui se mettent à mettre un pied de batterie sur tous les temps alors qu’en fait ils détestent danser, ils font juste ça par opportunisme.

Quelles sont vos influences ?

Antoine : Panthera, Sepultura et Metallica (rires)
Florent : On est super éclectiques. Moi je peux écouter L’école du Micro D’argent et sauter à Melody Nelson en passant pas Darry Hall. Hier, on écoutait Sefyu comme des malades. Et Sam c’est pareil mais avec un peu moins de rap. Et il y a deux semaines par exemple, on s’est accordés sur une chanson magnifique de Phil Collins sur l’album Face Value qui est mortel.
Antoine : On pensait faire la première partie des Foo Fighters un jour, pas de Simian Mobile Disco.

A ce propos que pensez-vous des groupes qui joueront après vous ce soir ?

Antoine : Midnight Juggernauts, c’est intéressant parce que même s’ils font de la musique dansante, c’est juste des super bonnes chansons. Et c’est pareil pour Goose : ils font juste de la pop, juste de la bonne musique donc ça marche.
Florent : Et leur énergie nous correspond tout à fait.
Antoine : Et Simian Mobile Disco, ils font des bonnes chansons même si c’est pas rock du tout.
Sam : D’ailleurs, ils avaient une formation pop avant de faire ça.
Antoine : C’est vrai. C’est bien dommage que ça n’ait pas marché.

C’est Justice qui clôturait le Festival Pantiero l’an dernier. Xavier de Rosnay est l’un de vos amis. Vous en avez eu des retours ?

Antoine : Ils ont été très contents et ils nous ont dit que ça devrait être mortel ici. Nous on découvre un peu, on n’a pas fait beaucoup de dates de festivals en plein air. Ca reste très rigolo de jouer très très très fort devant plus de gens que d’habitude même si on se demande ce que ça va donner avec du vent et du soleil.

Vous pouvez nous raconter en quelques mots la formation du groupe ?

Antoine : J’ai rencontré Sam à la Fac et Flo grâce à des amis communs. Avec des amis de Fac, j’avais monté un label dans lequel on faisait des compiles amusantes sur lesquelles tout le monde se choisissait un pseudo pour rire. J’ai choisi ce nom débile de Poney Poney à ce moment-là. Quand mon groupe s’est arrêté, j’ai proposé aux garçons de me suivre. On a commencé à l’été 2005 et on a fait nos vrais premiers concerts l’année d’après. On a mis nos chansons sur internet et grâce à ça on a eu pas mal de demandes de dates de concert.

En ce moment vous travaillez sur votre premier album ?

Antoine : Oui. On a fini à 90% la partie enregistrement et la production est en cours. Il y aura différents producteurs comme Xavier de Rosnay de Justice mais aussi SebastiAn et Paul Epworth, un anglais qui a produit l’album de Kate Nash et qu’on a rencontré par Internet. Mais ça va rester très rock. Xavier est fan de rock, comme SebastiAn qui adore aussi le raï par exemple. Ils sont très très forts avec des machines mais ils ne vont pas nous mettre des bips et des blops. Juste des scratchs sur le premier single !

Et côté scène, quels sont vos projets ?

Antoine : Pour l’instant, on a vraiment mis les concerts entre parenthèses. La seule exception pendant l’été, c’est Pantiero. Notre tourneur connaît bien l’équipe ici et il nous a dit que c’était vraiment super bien. Il nous a convaincu de faire une pause pendant l’enregistrement et les vacances. Par contre, à partir de la sortie du maxi en octobre, on repart sur scène avec des concerts un peu plus longs maintenant . On aura l’occasion de jouer plus de 40 minutes et de montrer un peu plus que 8 morceaux.
Florent : Même si ça nous a arrangés pas mal de temps ! (rires)
Antoine : Mais on ne vas pas augmenter le nombre de gens sur scène, on reste à trois.

Alors bon concert à vous trois ce soir !

Poney Poney sur Myspace
Le site du Festival Pantiero

Demain, notre chronique du concert de Poney Poney et de la soirée de clôture du Festival.

Eric_M

En amateur de musique, Eric Maïolino est auteur-compositeur-interprète, joue de la guitare, pratique le théâtre et assiste à des concerts! (toutes ses chroniques ici)

Un commentaire sur “Poney Poney à Cannes : « On essaie plus de faire de la musique 90’s que de la musique 2008 »

Laisser un commentaire